PATHOGÉNIE
L’inflammation irienne ou irido-ciliaire peut être une manifestation solitaire dans un globe oculaire apparemment sain. L’iritis est dite alors du type primitif. Dans ce cas, la thèse de l’embolie vasculaire a été soutenue.
Mais l’iritis peut-être secondaire à des lésions de l’œil. Ces dernières se trouvent soit dans la calotte cornéo-sclérale, soit dans les membranes profondes.
Qu'ils soient primitifs ou secondaires, les accidents iriens de la lèpre oculaire trouvent leur explication quant à leur origine dans deux théories différentes qui ont chacune leurs partisans convaincus : la théorie exogène, la théorie endogène.
Iritis primitives.
Les embolies microbiennes charriées par les vaisseaux sanguins peuvent se fixer dans l'iris et constituer l’atteinte isolée de cet organe. Cette opinion s’appuie sur deux ordres de constations les unes histo-pathologiques, les autres cliniques.
Parmi les preuves histo-pathologiques, les travaux de Doutrelepont et Velters doivent être retenus; ces auteurs découvrirent des bacilles de Han-
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sen dans les vaisseaux sanguins périphériques. Les preuves cliniques sont déduites de l’examen de nombreux malades chez qui on ne constate qu’une iritis isolée (autant que les procédés modernes d'exploration peuvent permetire d’affirmer que l'iris est seul lésé). D’après Fernandez les iritis primitives se rencontrent souvent alors que les iritis 0 secondaires sont rares. Agnello a vu pendant deux ans une irilis solitaire qui, après ce laps de temps s’est accompagnée d’un nodule lépreux de la cor- Ce. née. Chaïillous a pu signaler la présence d’une iritis seule manifestation lépreuse, cette affection L: n'ayant d’ailleurs fait sa preuve que quelques an-
À nées après la découverte des lésions spécifiques de en la membrane irienne avant lPapparition d’un no- 1 D dule lépreux sur le limbe cornéen. Ce nodule à | 4 son tour envahit le corps ciliaire et la racine de | à l'iris. ;
L'existence de l’iritis primitive semble donc indéniable.
Iritis secondaires.
Ne L’iritis apparait à la suite de lésions soit de la E cornée ou du limbe, soit après l’éclosion de lépro- 3 mes sur les membranes profondes. On admet que Ée. l'affection irienne est le résultat d’un envahisse- “3 ment microbien parti du léprome oculaire initial. Les auteurs ne décrivent pas en détail le mécanis- 5 me de progression du processus lépreux. L’inflammation se propage-t-elle à l'iris en empruntant la =. voie sanguine ou lymphatique ? Le léprome extra-
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irien envoie-t-il des ramifications de son tissu pathologique vers la membrane irienne ?
Lorsqu'on est en face de lésions complexes du globe, on est en droit de se demander si la lésion irienne est la conséquence d’une infection d’origine exogène ou endogène, si le passage du bacille de Hansen s’est effectué au travers des régions superficielles ou par les couches profondes du giobe.
Giotoktu admet un apport exogène des germes à liris. L’infection se ferait par le sac conjonctival. Pour Poncet de Cluny la cornée est le siège de prédilection des tubercules lépreux : ceux-ci partis du limbe gagnent le centre de cette membrane. De la cornée, les microbes passent dans l'angle irido-cornéen et le canal de Fontana, atteignent ensuite l'iris. C’est à ce moment que l'iris est bourré de bacilles lépreux. Les membranes profondes et le vitré demeurent indemnes.
En résumé, « l'infection lépreuse envahit l’œil de l'extérieur vers la profondeur ... » La voie de transmission n’est pas le sang, mais bien le tissu conjonctif et les nombreuses cellules migratrices qui le traversent, en d’autres termes, les voies lymphatiques de l’œil ». (Poncet)
La même opinion est soutenue par Babès.
Mais elle est vivement combattue par Lagrange et Valude. « L’organe visuel, écrivent ces auteurs, n’est probablement jamais atteint de lèpre par une infection exogène ».
Pour prouver le point de départ profond des germes microbiens, il faut d’une part constater des lésions iriennes avec intégrité du limbe et de la cornée. Ou bien lorsque le limbe et la cornée sont
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atteints, leurs lésions doivent être moins évoluées que celles de l'iris. D’autre part, la constation de lésions profondes doit précéder celle d’altérations iriennes.
De nombreux faits anatomiques et cliniques viennent étayer cette thèse. Maucione trouve lors de l’examen histologique de deux globes, en plus de lésions de l'iris et des procès ciliaires, une large infiltration de la choroïde dans un cas, et dans l’autre, outre des lésions choroïdiennes la présence de bacilles de Hansen dans la rétine.
« Je puis d’après mes préparations, dit Francke, me ranger à l'avis de Morax et Jeanselme qui admettent un développement endogène. Je n’ai, moi non plus, pas trouvé de bacilles dans les couches superficielles de la conjonctive et de la cornée, alors que l’angle de la chambre antérieure, l'iris et le corps ciliaire sont englobés dans un riche tissu de granulations qui s'étend en arrière jusqu’au corps vitré qu’il pénètre par places. »
Parmi les faits cliniques il faut citer deux rapports de Trantas qui constate la précession des lésions du fond d’œil sur celle de l'iris.
Enfin, certains auteurs sont partisans d’une théorie écclectique, et l’on peut, avec Santonastaso reconnaître selon les cas soit une origine exogène, soit une origine endogène. L'origine exogène est surtout rencontrée dans la lèpre nerveuse, ce qui ne revient pas à dire que l’iritis de la lèpre maculoanesthésique est toujours le résultat d’un apport superficiel de germes.
Une origine à la fois endogène et exogène peut même être admise, ainsi lorsque des lésions du
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limbe et de lPiris s associent à des modifications
choroïdiennes et ritiniennes d’égale intensité. Ces
deux origines dans bien des occasions coexistent ;
néanmoins l’une des éventualités prend souvent le pas sur l’autre.
2e TES