TRAITEMENT DES IRITIS LÉPREUSES ET DE LEURS COMPLICATIONS
Le traitement des iritis lépreuses est bien décevant. Sans doute existe-t-il un traitement général de la lèpre, mais ses résultats sont inconstants sinon illusoires dans la sphère oculaire. Le seul traitement qui soulage les malades est encore le traitement symptomatique.
Médication générale.
Le nombre des médications prônées tour à tour prouve leur inefficacité, tout au moins pour ce qui est du domaine oculaire.
Nous n’en énumérerons que les principales.
Parmi les produits chaulmoogriques, l'huile de chaulmoogra (qui est d’ailleurs formellement contre-indiquée dans les cas d’anémie, de tuberculose, d’albuminurie) se donne d’après Montel à des doses variables selon les stades évolutifs de la lèpre.
On utilise les fortes doses à une période où les bacilles n’ont pas encore pullulé, les doses plus faibles (dans le but d’éviter les réactions) durant la deuxième période de Muir, où les bacilles se sont multipliés, enfin des doses de nouveau très importantes pendant la troisième période de Muir. +
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Ce produit s’administre par voie sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse.
Par saponification des huiles de chaulmoogra, par distillation des éthers inférieurs, on obtient des éthers qui sont neutres, incolores, et peu odorants. Santonastaso les emploie systématiquement chez les lépreux sous le nom d’antiléprol (Bayer).
Les éthers s’injectent par voie intramusculaire, en allant progressivement de un demi centimètre cube à six centimètres cubes au rythme d’une injection par semaine. La série comprend de 14 à 16 injections. Des périodes de 4 à 7 semaines de repos sont laissées au malade entre chaque série.
Les savons sont préparés avec les acides gras : ce sont des hydnocarpates de soude. Ils se donnent en injection intraveineuse sous forme de solutions à 2 %, additionnées d’acide phénique à 0,5 % selon la formule de Rogers.
Alexis et Menaut préparent des élixirs à base de kraobate de soude neutre. Noël Bernard admiuistre un savon total chaulmoogrique neutre sous forme de comprimés.
Outre ces produits dérivés de l'huile de chaulmoogra, on emploie dans la thérapeutique générale l’arsenic, le bleu de méthylène (1), l’iodure de potassium. Mais ces corps n’ont eu jusqu'ici en ophtalmologie qu’une utilisation très limitée.
Les oculistes se servent plus volontiers du mercure (cyanure et bi-iodure) en séries de 12 à 15 injections de un à deux centigrammes.
(1) Quelques auteurs attribuent les échecs du bleu de méthylène à l'insuffisance des doses employées.