‹ Les Irido-Cyclites lépreusesChapitre 5 sur 26 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Les ouvrages classiques ne réservent pas de chapitre spécial à l’étude des iritis lépreuses. Ce point de pathologie ne se trouve pas traité dans son ensemble.

Dans les articles cliniques que nous avons consultés nous avons rencontré une multiplicité de formes décrites et de grandes différences de classifications selon les auteurs. Non seulement les rubriques varient, mais les tableaux symptomatiques sont divers. À propos d’un même signe, dans une même forme clinique, les opinions divergent. Pour citer un exemple entre beaucoup d’autres, alors que l’iritis lépreuse ne s’accompagne jamais de dépôts de descemétite selon Wood (The British Journal of Ophtalmology, janvier 1925), on lit sous la signa- ture de Lagrange et Valude dans le tome IV de l'Encyclopédie d’Ophtalmologie : l'iris peut être atteint sous forme d’iritis séreuse avec kératite pointillée.

Nous serons donc obligés en plus d’une circonstance de rapporter des avis contradictoires sans tenter de les concilier.

La première partie de ce chapitre est consacrée à la sémiologie proprement dite des iritis lépreuses, la seconde étant réservée à la description des différentes formes cliniques.

SÉMIOLOGIE DES IRITIS LÉPREUSES

La sémiologie des iritis lépreuses est faite d’un certain nombre de signes fonctionnels et de signes physiques.

Signes fonctionnels.

On décrit dans les signes fonctionnels la douleur, la photophobie et le larmoiement, la baisse de l’acuité visuelle.

Dans la plupart des iritis banales, le symptôme douleur est un symptôme de premier plan. Elle affecte le type névralgique. Ses irradiations sont nombreuses ; parmi celles-ci, on constate avec un maximum de fréquence les irradiation occipitales et les irradiations frontales. Elle possède des exacerbations nocturnes, alors que pendant la journée, elle est plus atténuée. Elle est spontanée, mais la pression l’exagère, pression digitale ou pression musculaire, cette dernière réalisée par la mise en jeu des muscles de l’œil dans les différents mouvements de cet organe. Les efforts d’accomodation deviennent insupportables en raison des phénomènes douloureux qu'ils déclanchent.

Dans les iritis lépreuses, la douleur ne se retrouve pas avec la même constance, « Le type d’inflammation irienne qu’on observe le plus fréquemment

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est celui qui se fait sur le mode subaigu ». Dans un premier groupe de cas, un certain nombre d’auteurs s’accordent pour mettre en évidence l’absence de douleur ou tout au moins son peu d’acuité. Beaucoup de lépreux porteurs de lésions iriennes avancées n’ont jamais souffert de leurs yeux. C’est ce que confirment Cuénot et Remlinger quand ils disent que ces iritis évoluent sans douleur, Gabrié- Hidès quand il parle d’iritis silencieuse. Si les douleurs se produisent « ces phénomènes sont néanmoins toujours plus atténués dans le cas d’une iriüs lépreuse » (Morax).

Dans un autre groupe de Cas, nous trouvons mention d’algies violentes, « de douleurs assez vives, plus violentes que dans l’iritis syphilitique, à type névralgique, localisées dans la région orbitaire » (Raïzis). Jeanselme note au passage dans le livre de « la Lèpre » des poussées douloureuses et des douleurs ciliaires, et signale avec Morax des phénomènes réactionnels assez intenses. L’iritis, pour Bègue, évolue au milieu des plus vives douleurs et donne lieu parfois à des signes d’irritation oculaire très violents.

Ces deux groupes de faits semblent opposer au premier abord des opinions différentes, Maïs après l'étude minutieuse des travaux publiés à propos de la lèpre, on arrive à se convaincre qu’il existe des iritis évoluant au milieu de phénomènes douloureux intenses alors que d’autres sont indolentes ou peu douloureuses. Nous retrouverons cette distinction en décrivant les formes cliniques.

Sous le rapport de la photophobie et du larmoie-

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