‹ Les iris dans les jardinsChapitre 90 sur 111 · IRIS DES MARAIS · texte numérisé non relu

IRIS DES MARAIS

Si beaucoup d'Iris sont des plantes de rochers, propres à résister aux plus fortes sécheresses, il en est toute une catégorie qui est représentée par des plantes aquatiques, amphibies ou paludéennes. Les beaux Iris jaunes de nos eaux tranquilles et dé nos marécages vous sont connus à tous, ainsi que le délicat Iris bleu de Sibérie qu’on cueille sur les bords du lac de Joux et dans bon nombre de prés marécageux de la Suisse aussi bien qu’en Sibérie,

Au Japon, l’on constitue avec l’Iris lævigata ou Kæmpferi, dont les horticulteurs de ce pays civilisé plus de mille ans avant le nôtre, possèdent des collections merveilleuses et des tableaux qui hantent longtemps l'imagination de ceux qui les ont vus. J'en ai admiré les photographies et les journaux anglais en publient fréquemment des vues. J’ai dit ailleurs comment on les imite en Angleterre, mais ce dont je n'ai pas parlé, c'est des jardins sur radeaux, si répandus dans tout l'Empire du Levant.

J'ai voulu reproduire chez moi, à Floraire, le système de ces jardins flottants, de ces radeaux fleuris, tels qu’on les voit au Japon et cela avec d'autant plus de raison que j'avais indiqué le système autrefois dans un journal français dont un abonné m'a écrit pour me faire savoir qu’il avait eu un plein succès. J’ai donc fait faire un radeau qui, chargé de terre, n’enfonçait

qu'aux trois quarts dans l’eau. J’y ai planté une douzaine de variétés d'Iris lævigata et ce fut un succès complet. Dans les mois de maï et de juin mon radeau fleuri a été superbe, bien que les plantes fussent très jeunes et aient souffert de la transplantation faite fin avril seulement, Elles sont rapidement devenues vigoureuses et infiniment mieux portantes que celles de leurs congénères que nous cultivons dans la terre sèche, car la plante est ubiquiste et peut également vivre en pleine terre.

Le type de l'Iris lævigata est à fleurs HEAR grandes, à limbe étalé horizontalement et de couleur

violet foncé brillant et rougeâtre, aux labelles ornés à

la gorge d'un macule jaune orangé très vif.

Il en existe des variétés à fleurs très larges, mesurant 25 centimètres de diamètre, les umes au périanthe blanc pur: les autres bleu violacé, d’autres violet etblanc, blanc et jaune, jaune et bleu, violet et lilas pourpre, etc., etc.; il en est aussi un bon nombre dont les étendards. au lieu d'être dressés comme c’est le cas chez les Iris, sont étalés comme les externes, ce qui donne à la fleur l’aspect d’une corolle double.

La série des Iris paludéens et presque aquatiques est assez nombreuse. Outre les Iris lævigata et sibirica et le pseudo-Acorus, il y à toute une catégorie d'espèces nord-américaines et sibériennes dont le type peut être choisi dans l’Zris Guldenstædiana, plante assez élevée, à fleurs d'un jaune clair avec des macules orangées, qui est répandu dans les jardins sous un assez grand nombre de noms. Les Z*spuria, sogdiana, Dænensis,

desertorum, aurea, Monnieri, rentrent dans cette section.

L'Amérique du Nord nous fournit, dans cette catésorie, trois [ris spéciaux dont deux, en tous cas, sont très typiques ; je veux parler des Z. virginica et versicolor assez voisins l’un de l’autre et qui se distinguent surtout par la couleur de leurs fleurs (d’un violet rougeâtre chez le dernier, bleues chez le premier), et fulva, de couleur positivement brune qui ne deviennent très belles que si on les cultive dans un marécage et qu'on peut également élever en radeaux.

La série des Iris hydrophiles pourrait être allongée. C’est ainsi que nous cultivons à Floraire l’Zris acoroides (voir p. 27) et plusieurs variétés d'I. sibirica qui vont admirablement dans le marécage, de même que le type, cela va sans dire, et que l'Z. longipetala et sa variété missouriensis qui peuvent être également cultivés dans un sol humide.

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