CHAPITRE V CULTURE
Les quelques Iris à rhizomes (section Pogoniris) qui furent primitivement cultivés pour leurs seules parties souterraines prirent de bonne heure une place prépondérante dans les décorations florales.
Aux espèces déjà cultivées dans les jardins, vinrent se joindre de nombreuses variétés obtenues par croisements et semis. Bientôt furent constituées de riches et belles collections qui restèrent pendant longtemps les plus importantes et les plus estimées parmi les plantes cultivées à cette époque. La Quintinie, célèbre agronome qui vivait au X VIT: siècle, en cultivait déjà plus de 200 variétés dans les jardins du palais de Versailles. Depuis ce temps ces belles collections d’Iris, tenues alors avec si grand soin. ont disparu pour faire place à d’autres collections plus nouvelles et plus à la mode mais souvent moins méritantes.
Cependant, depuis quelques années, la culture des Iris paraît reprendre de nouveau un peu d'extension, surtout en France où elle avait été particulièrement négligée. C’est avec plaisir qu'on en constate la réapparition dans les jardins et qu'on en voit de nouvelles collections se former. Nous espérons que dans quelques
années ces intéressantes plantes seront aussi en faveur qu'elles l’étaient aux siècles passés.
Les Zris bulbeux ne sont pas aussi anciennement connus que ceux à rhizomes des sections Pogoniris et Apogon; on peut même dire que, comparativement, ils sont de date assez récente dans les jardins. Les Anglais, les Hollandais et les Belges, toujours en quête de nouvelles introductions, ont bientôt compris le parti avantageux qu'ils pouvaient tirer des Iris bulbeux, ils les ont travaillés et sont parvenus à en former des collections aussi nombreuses que celles des Tulipes et des Jacinthes. |
C'est aussi à ces honorables horticulteurs ‘ et au botaniste genevois Boissier? que nous sommes redevables de la riche et belle section des Iris oncocyelus. Ce sont eux, en majeure partie, qui l'ont récemment in-
troduite et propagée dans les jardins. Dans ces derniè-
res années ce sont les botanistes anglais Baker et plus spécialement Foster qui ont travaillé le plus sérieusement ce groupe et c’est au professeur Sir M. Foster, de Cambridge, que l’horticulture doit la description de tous les oncocyclus publiés depuis la mort de Bois- Sier’.
Toutes les plantes que comprend le genre Iris sont ornementales, tant par la forme élégante de leurs fleurs
* Plus spécialement à la maison van Tubergen, de Haarlem, qui en a fait une spécialité et entretient à ses frais un voyageur en Orient dans le but d'obtenir des plantes nouvelles.
* Voir Flora Orientalis, vol. V, p. 130 et suivantes et Hortus Boisserianus, p. 379 et suivantes. (H. C.)
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