‹ Les Irlandais en Amérique avant Colomb [microforme]Chapitre 11 sur 13 · Laët, Notae ad dissertationem Hugonis Grotii, p · texte numérisé non relu

Laët, Notae ad dissertationem Hugonis Grotii, p

À. Ulloa, Mémoires philosophiques sur La découverte de l'Amérique, traduction de Villebrune, t. [1, p. 484, 485.

5. Robertson, The history of America, édit. 1777. t. I, p. 487.

6. Torrès Caïcedo, cité par Jose Perez (Revue américaine, ® série, p. 168).

7. John Filson, Histoire de Kentucke, nouvelle colonie a l'ouest de la Virginie (Traduction Parraud).

8. Lefebvre de Villebrune, Mémoires à la suite de la traduction des Mémoires philosophiques d'Ulloa, t. 11, p. 484.

surpris dans la Caroline par un parti de sauvages qui s’apprêtaient à le tuer, lorsqu'il se recommanda à Dieu tout haut dans sa langue. Aussitôt les sauvages, étonnés qu'il parlât comme eux, le délièrent et le conduisirent dans leur village, à quelques jours de marche, « fl y vit une peuplade toute galloise, où se conservait encore la tradition du passage de Madoc. On le conduisit ensuite à l’oratoire, où on lui mit en main un rouleau de peau dans lequel était soigneusement conservé un manuscrit de la Bible en langue galloise. Beatty revint à Londres, et publia cet événement dans un petit ouvrage intitulé Journal of two months. On cite encore l'aventure d’un certain Sutton! qui eut également l'occasion de connaitre cette peuplade sauvage; velle de Morgan Jones?, qui, fait prisonnier par les Doegs et Tuscaroras de Virginie, en 1685, fut épargné par eux parce qu'il parlait leur langue, « Ils nous traitèrent avec affabilité pendant quatre mois, racontait ce Morgan, je parlai avec eux de nombreuses choses en langue bretonne, et je leur fis trois prêches par semaine. Ils se faisaient un plaisir de me communiquer leurs affaires les plus dificultueuses, et quand nous les quittâmes, ils agirent à notre égard avec beaucoup de civilité. » Il ne faudrait certes pas ajouter une confiance trop 1bsolue à ces témoignages, dont quelques-uns ont été peut-être inventés après coup et dont l’ori-

ine est à tout le moins suspecte; au moins démontrent-ils que la tradition du voyage de Madoc ne s’est jamais perdue, même en Amérique.

Aussi bien ce n’est ni dans le Yucatan, ni en Virginie ouen Caroline, ni dans Le Kentucky ou la Nouvelle-Grenade qu'il nous faut chercher l'emplacement de la colonie galloise conduite par Madoc : c’est en Irland it Mikla. Les Irlandais etles Gallois sont en effet de même race. Ils ont toujours eu des relations suivies, Ainsi que le prouvent les légendes païennes et chrétiennes dont nous avons donné l'analyse, les Gallois croyaient, aussi bien que les Irlandais, à l'existence d’iles et de continents au delà de l'Atlantique. Malgré les précautions prises par les Irlandais pour cacher leurs découvertes maritimes, il est impossible que de vagues rumeurs ne les aient pas fait connaître, surtout par leurs voisins les Gallois. Lorsque Madoc forma le projet d’émigrer, ce n’est pas au hasard qu'il s'aventurait sur l'océan. Il connaissait l'existence de l’Irland it Mikla, et c’est de propos délibéré qu’il se dirigeait sur cette terre, où il était à l'avance assuré de trouver des frères d'origine, et par conséquent un bon accueil.

Il ne nous reste plus qu'à déterminer l'emplacement de cette Irland it Mikla, de ce champ d'asile du moyen âge, où se réfugièrent successivementles Irlandais chassés de leurs possessions maritimes par les Northmans, et les Gallois en quête d'aventures.

La plupart des savants se sont contentés de reproduire une assertion de Rafn, qui placait l'Irland it Mikla dans la partie méridionale des États-Unis. Rafn se fondait sur une vague tradition des Indiens Savanahs, d'après laquelle la Floride aurait été autrefois habitée par des hommes de race blanche, en possession d'outils de fer. Il alléguait encore de prétendues analogies de langage et des traces persistantes de christianisme en Floride ; mais Beauvois: a dé-

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