‹ Les Irlandais en Amérique avant Colomb [microforme]Chapitre 7 sur 13 · Giraldus Cambrensis, Topographia Hiberniae · texte numérisé non relu

Giraldus Cambrensis, Topographia Hiberniae

7. Les aventures de Cormac ont été racontées par Andamnan, l’auteur de la Vie de saint Columba. Voir l'édition W. Reewes, Dublin, 1857, pp. 160-170.

8. Curry, Lectures on the ancient manuscript materials of ancient irish history, Dublin, 1878.

désertes, les autres habitées, Un jour, la brise leur apporta des mélodies connues, le sianan ou chant funèbre des femmes d'Irlande, Ils abordèrent aussitôt et furent accueillis avec empressement par des femmes qui leur adressèrent la parole en irlandais et les conduisirent à leur chef, C'étaient en effet des exilés irlandais, de la tribu des Fer Rois, qui avaient autrefois massacré leur chef et avaient été abandonnés au caprice des flots, Après avoir séjourné quelque temps dans l'ile, Snedghus et Mac-Riaghla retournérent sans accident à Jonat, Ils avaient rapporté de leur voyage une feuille d’arbre, extraordinaire par ses dimensions, que l’on conserva précieusement d’abord à lona, puis à Tirconnel. On la connaissait? sous le nom de Cuilefaidh de saint Columba. En 1390, lorsque Donnoch et Gilla Isa Mac-Firbis compilèrent dans le Leabhar Chinde Lecain V'Eochtra clerech Choluim cille où Aventures des clercs de saint Columba, cette feuille existait encore, Elle avait été transportée à Cennanas ou Kells, dans le Meath. Or, où trouve-t-on ces feuilles « aussi larges que la peau d'un bœuf », sinon dans les régions tropicales”? N'est-ce donc pas que les Irlandais avec leurs simples curiachs se sont aventurés jusque-là?

Nous ne pourrons que mentionner les aventures de quelques Papae dans l'océan du nord-ouest et le commencement de la navigation de deux moines de l’ordre de Saint-Colomba dans la mer du Nord, car les manuscrits qui les contiennent sont encore inédits et à peu près inaccessibles, sauf à quelques gaëlistes.

C'est avec la même réserve que nous parlerons des voyages entrepris par d’autres Papae dans l'Atlantique. Ces voyages sont pourtant certains. Les Orcades et les Shetland furent d’abord reconnues et occupées par eux. Cette occupation fut même si bien acceptée par les insulaires, qu'ils prirent le nom et adoptèrent le costume de ceux qui venaient les initier à la civilisation, Au ix° siècle de notre ère, lorsque le roi de Norvège Harald Harfagr envahit ces archipels, il en extermina tous les habitants et les remplaça par des païens de Norvège. Le nom des Papae se conserva néanmoins aux Orcades. On le retrouve dans les îles Papawertra et Papostronsa, et dans plusieurs localités de Paplay. De même, aux Shetland on signale les trois îles de Papastone, Papalittle, Papa et le domaine de Papil*.

Des Orcades et des Shetland, les Papae passèrent facilement aux Feroë, Voici comment l’un d'eux, Dicuilt, qui composa en 825 un curieux traité de

1. Beauvois (Grande terre de l'ouest, p. 78) mentionne ces voyages d’après le The Book of the Malconries, manuscrit encore inédit, et d'après la Vie de saint Columba, compilée par Magrus O'Donnel et publiée par extrait dans T'riadis thaumalurgae seu divorum Patrici, Columbae et Brigidae actu, par Jean Colgan (Louvain, 1647), p. 446.

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