‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 14 sur 115 · UNE MERCURIALE INJUSTE · texte numérisé non relu

UNE MERCURIALE INJUSTE

était ouverte pour les médecins-experts. Le livre de Marc ('), paru quinze ans après, arriva à son heure.

La médecine légale sut-elle rester dans la mesure V

Qu'elle ait fait, dans certains cas, pour ne pas ■ dire plus, la part un peu trop large; qu'il ne lui déplût pas d'entrer en lutte avec l'accusation; qu'elle inclinât, par instinct, par philanthropie, vers les solutions indulgentes, jusqu'à l'excès, et qu'elle ne vit plus que des malades chez les prévenus à propos desquels elle était consultée, on pouvait peut-être le lui reprocher ; mais ne devait-on pas

s'v attendre ?

Le moyen pour la science de n'être pas cpelque peu éprise du privilège si nouveau dont elle était investie ! Il y a si peu de temps que la science médicale a la parole au prétoire; on ne la lui accorde au début qu'avec tant de réserves, disons de répugnances et de dédain, à un rang si effacé, et en lui reprochant si rudement son intrusion !

La magistrature n'avait supporté qu'avec une impatience trop marquée l'arrivée de la science dans le sanctuaire réservé de la justice. Ce ne fut pas sans aigreur qu'elle invectiva le nouveau pouvoir, faisant flèche de toute exagération, de toutes les hardiesses et de toutes les illusions — on en rele-

(i) Marc, De la folie considérée dans ses rapports avec les questions médicoli'gaks, Paris, 1840.

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