I.E PRINCIPE DE LA RESPONSABILITE
vait déjà ! — contenues dans les rapports médicolégaux des experts en matière criminelle.
L'hostilité durait encore, — est-il besoin de le dire ? — c[uand Troplong écrivait :
« La médecine légale affiche depuis quelque temps la prétention d'imposer ses oracles à la jurisprudence. Il faut l'avouer, ce que j'ai vu et entendu de certains médecins dans ma carrière dépasse toute croyance. Il n'y a pas un homme que l'on ne pourrait déclarer monomane en les écoutant. Si Pascal n'était pas mort, il devrait prendre garde à lui, car je connais maint docteur qui le tient pour halluciné ; Socrate est bien heureux d'être venu si tôt ; il a péri du moins avec la réputation du plus sage des hommes, tandis Cju'on pourrait bien trouver dans plus d'un savant écrit médical, qu'il était à peu près monomane avec son démon familier. Enfin, faut-il le dire ? combien n'ai-je pas vu de consultations qui rappellent, trait pour trait, les scènes de notre divin Molière ! Un mouvement nerveux dans le visage, un tic familier, une manière de parler, un geste, les choses, en un mot, les plus simples et les plus naturelles étaient tournées en diagnostic et en pronostic, comme la sputation fréquente de M. de Pourceaugnac. Et l'on voudrait que nous autres juges, qui tenons dans nos mains la liberté et la capacité civile des personnes, nous , fissions dépendre de si frivoles symptômes ces
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grandes questions où sont engagés l'honneur des familles, la succession des biens et les droits les - plus chers de l'homme ! Je pense que la médecine légale n'a ajouté aucun progrès sérieux aux doctrines reçues dans la jurisprudence, et qu'elle ne doit en rien la modifier. »
La mercuriale était dure; elle était injuste. La médecine légale a été bien vengée des sarcasmes d'un éminent jurisconsulte par l'accueil qu'a fait une magistrature mieux informée et plus libérale aux découvertes et aux services indiscutables d'une science représentée hier par des professeurs comme Pinel, Orfila, Devergie, Tardieu, aujourd'hui par l'éminent professeur Brouardel. par une pléiade de savants aliénistes, les Baillarger, les Blanche, les Falret, les Foville, les Lélut, les Marc, les Motet, les Garnier, etc.. qui, tous, font tant d'honneur à la science et à l'École française, et sur les traces desquels marchent les docteurs Vibert, Descoust, Socquet et tant d'autres.