‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 39 sur 115 · DÉSIR ET VOLONTÉ, INSTINCT ET RAISON · texte numérisé non relu

DÉSIR ET VOLONTÉ, INSTINCT ET RAISON

un but donné, quand ce pou-voir agit avec une i apparente liberté; que le désir est l'évidente im- ! pulsion du besoin, résultant d'un certain état de l'organisme, et qui nous pousse à accomplir un lacte déterminé, d'où résultera une impression ; agréable ; qu'en un mot, le désir, c'est l'impulsion 1 manifeste ment irraisonnée dans son essence ; la volonté, c'est l'impulsion délibérée.

Il nous est impossible de concevoir cette délibération, sans qu'elle entraîne et le libre-arbitre et i la responsabilité.

Et que devient, après cela, la thèse que l'homme, idans ses actes, dans ses passions, n'agit que i comme un agrégat passif d'organes soumis à l'in- Ifluence fatale des climats, des races, de l'hérédité ?

Non seulement il y a ici une thèse sans preuves à l'appui et des affirmations qui se contredisent «ntre elles ; mais la confusion est absolue entre le (désir et la volonté, l'instinct qui nous sollicite et la 1 raison qui veille, juge et doit nous conduire.

Pour rétablir la vérité, faisons intervenir un Fphilosophe, puis un médecin, qui, ni l'un ni l'autre, me sont suspects de parti pris.

82 IRRESPONSABr.ES POUR CAUSE PATHOLOGIQUE

« Le désir est un élan aveugle qui, sans aucune délibération de votre part, et sans l'intervention de votre volonté, s'élève ou tombe, s'accroît ou diminue. On ne désire pas et on ne cesse pas de désirer à volonté.

« La volonté combat souvent le désir, comme souvent elle y cède ; elle n'est donc pas le désir. On ne se reproche pas les sensations que les objets envoient ni même les désirs que ces sensations engendrent ; mais on se reproche le consentement de°la volonté à ces désirs et les actes qui en sont la suite, car ces actes sont en notre pouvoir.

(( Le désir est si peu la volonté, que souvent il l'abolit, et arrache à l'homme des actes ou plutôt •des mouvements qu'il ne s'impute pas, parce qu'ils ne sont pas volontaires. C'est même le refuge de bien des accusés ; ils rejettent leurs fautes sur la violence du désir et de la passion qui ne les a pas laissés maîtres d'eux-mêmes.

« Si le désir était le fondement de la volonté, plus le désir serait fort, plus nous serions libres. Évidemment, c'est le contraire qui est vrai. A mesure que la violence du désir augmente, la domination de l'homme sur lui-même diminue, et a mesute que le désir s'affaiblit et que la passion s'éteint, l'homme rentre en possession de lui-même.

« Nous ne sommes pas sans influence sur nos désirs. En éloignant certains objets, ou même seu-

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