LE SOMMEIL NERVEUX ARTIFICIEL
en défiance, afin de se mettre à l'abri contre toute supercherie et de déjouer les tentatives de simulation. A des cas de cette nature, il ne saurait apporter une trop grande attention. »
Mais les cas de sommeil nerveux spontané tendent à devenir bien moins fréquents que ceux de somnambulisme artificiellement provoqué ; chaque jour, en effet, ajoute aux nombreux procédés propres à produire cet état d'inconscience : compression des globes oculaires, occlusion des paupières, regard fixé sur un objet brillant, placé à 15 ou 20 centimètres au-dessus des yeux, ou vers un objet imaginaire, application des pôles d'un courant galvanique faible sur les régions temporales ou les bosses occipitales externes, action d'un barreau aimanté sur les régions. On le voit, ce ne sont pas les moyens qui font défaut. Quant aux personnes aptes à être plongées dans le sommeil magnéticjue par l'un ou l'autre de ces procédés, on les trouve aussi, en nombre toujours croissant, parmi les sujets nerveux hystériques, ou hystéroépileptiques, dont on augmente encore la susceptibilité, soit en poussant l'une ou l'autre des expériences ci-dessus indiquées jusqu'à la fatigue, soit en répétant plusieurs fois sur eux ces tentatives.
On comprend que la réalisation si facile de l'état anormal de somnambulisme artificiel fournisse souvent à la médecine légale de très difficiles problèmes. En revanche, rien de plus curieux que la démonstration du somnambulisme spontané, comme cause d'actes délictueux, mais inconscients, par le somnambulisme provoqué ou l'hypnotisme. . Un jeune homme, inculpé d'outrage à la pudeur, avait été condamné à trois mois d'emprisonnement. En appel, le médecin-expert, qui savait que ce jeune homme avait eu de fréquents accès de somnambulisme, affirma qu'il ne s'agissait que d'actes automatiques, inconscients, chez un somnambule spontané.
L'avocat général disait à l'expert : « Vous, médecin, vous nous dites que cet homme n'est pas responsable ; mais vous nous avez dit aussi qu'à côté des troubles nerveux et cérébraux, il y avait chez lui des périodes d'état normal. S'il est vrai qu'il passe tour à tour par des périodes de condition première ou normale, et par des périodes de condition seconde ou pathologique, prouvez-nous