SL R QUOI REPOSENT LES THÉORIES
bâillement du paletot. Il s'absorbe de plus en plus dans cette contemplation, ses pupilles se dilatent, sa figure prend une expression singulière dans laquelle il est facile de lire un sentiment d'angoisse, la respiration s'accélère, le pouls est rapide, la face devient rouge, injectée par place.
« Après avoir, à diverses reprises, incliné sa tête et son corps vers M. X..., il fait lentement un pas en avant ; puis, après une sorte d'hésitation, d'un mouvement brusque, il enlève la chaîne et la montre, et quitte la salle en courant. Je le retrouve, l'instant d'après, aux prises avec un infirmier qui l'avait suivi. Il était dans un état d'égarement complet. Je lui soufflai sur les yeux, et immédiatement, il se remettait en rapport avec nous. Je lui demande ce qu'il vient de faire. — « Rien, je ne sais. » — Je retirai de sa poche la montre qu'il y avait mise, en lui disant qu'il venait de la prendre à M. X.... Il s'écrie : « Je ne suis point un voleur » et il se met à sangloter... »
Un pareil fait n'est pas de nature à faciliter la solution de la question de la responsabilité. Comme l'auteur de cette curieuse observation, les savants, les observateurs sérieux n'y verront qu'une exception, un fait sans précédent, et qui n'aura probablement jamais d'analogue. Pour les autres, il servira de base à des théories singulièrement nouvelles et hardies en matière de responsabilité
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morale et pénale. Cependant on peut tout soutenir, sinon que cette dernière manière de voir représente la science.
Sous l'influence de l'hypnotisme réel , peut-il rester place pour la liberté morale, pour la responsabilité ? Sans doute il y a des degrés, sans doute il y a des circonstances qui peuvent laisser à l'hypnotisé le plus inconscient la culpabilité de s'être prêté à une influence qui a détruit son librearbitre. Mais, dans l'immense majorité des cas, estil possible de nier que l'hypnotisme, que la suggestion, portent une atteinte profonde à la liberté morale, et par conséquent à la responsabilité de celui qui y a été soumis accidentellement ou volontairement ?
Faut-il aller aussi loin que ceux qui ne voient dans l'hypnotisé qu'un véritable automate «s mécanisme vivant, obéissant aux impulsions qu'il reçoit du dehors » ?
On voit la conséquence d'une pareille doctrine.
« Si de tels phénomènes étaient réels, disait L. Figuier, un criminel ou un malfaiteur quel-