VI. — IRRESPONSABILITÉ POUR CAUSE DE LÉSION DES CENTRES NERVEUX
T. Faits indiscutables. — Abus des exemples qui prouvent trop, il. An.ilogies forcées; exagérations équivalant à la négation de toute responsabilité.
Les maladies, les accidents, qui ont pu, soit laffecter directement le cerveau ou l'axe cérébro- -spinal, soit retentir indirectement sur l'organe ou •sur la fonction, fournissent encore un nombre ^considérable de faits invoqués en faveur de la thèse i.de l'irresponsabilité.
Il est des cas où l'évidence est facile à établir, ;parce que la maladie ou la lésion est récente, ; parce qu'elle a laissé des traces, parce que la gravité (des faits explique les troubles de l'état mental, : soit qu'ils puissent être constatés encore, soit qu'ils aient tenu une place importante dans l'histoire de U'accusé.
Les faits sont-ils indiscutables, les conséquences appréciables? La question n'est plus que de savoir dans quelle mesure on est fondé à en déduire l'irresponsabilité.
Mais il n'en a pas toujours été ainsi, et, en dehors de ces hypothèses relativement simples, il n'y a pas de questions plus délicates et d'une solution plus épineuse, que celles auxquelles on est conduit. Y a-t-il une lésion? On en est réduit le plus souvent aux conjectures. Une lésion ancienne est invoquée; pendant combien de temps peut-elle être sérieusement considérée comme exerçant une influence sur la responsabilité ? Il faut remonter souvent à bien des années en arrière, et suivre, dans ses moindres détails, la vie du malade pour y découvrir les traces d'une altération organique ou fonctionnelle, à laquelle on n'avait attribué aucune importance, avant le jour où ceux qui y voient une planche de salut ont intérêt à découvrir, à surfaire, à dénaturer, ou à expliquer les faits. Le médecin-expert trouve là une tâche des plus difficiles, pour sa conscience, pour son honneur, pour sa sagacité, pour sa science. Tribunal et jury sont en présence d'un problème bien plus difficile encore : comment s'expliquer, admettre ou repousser ce retentissement à longue portée du physique sur le moral? Et dans le doute, — où il est toujours facile, en un pareil sujet, d'amener l'esprit des juges, — la