PHYSIOLOGIE PEU CONNUE DU CERVEAU
sure comme on en reçoit mille dans l'enfance et qui n'ont jamais de suite ('). »
Enfin, comment affirmer si aisément des conséciuences pathologiques, dans un organe, dont, en dépit de savantes, patientes et ingénieuses recherches, en dépit même de découvertes bien précieuses, la ph3^siologie nous est encore mal connue ?
Cuvier a pu dire avec raison :
« Démocrite, Anaxagoras, disséquaient déjà le cerveau, il y a près de trois mille ans; Haller, Vicq-d'Azyr, et vingt anatomistes encore vivants l'ont dissécjué de nos jours; mais, chose admirable! il n'en est aucun qui n'ait laissé des découvertes à faire à ses successeurs. »
Les successeurs les ont-ils toutes réalisées ?
Hier, à la veille de 1888, en pleine Académie, dans son magnifique éloge de Bouillaud, M. le docteur Bergeron, secrétaire perpétuel, s'écriait : « Ne peut-on pas dire que, malgré les beaux travaux de l'Ecole de la Salpêtrière, les paroles de Cuvier sont restées aujourd'hui et resteront longtemps encore absolument vraies (-) ? »
C'est à ceux qui, médecins, avocats, magistrats, se piquent d'être des esprits scientifiques, positifs,
(1) Casper, Médecine légale, T, p. 311.
(2) J. Bergeron, Éloge de M. BoniUaml , prononce dans la séance annuelle de l'Académie, le 1 3 décembre 1887.
Riant. Les Irresponsables. 12
exacts, à juger si, après cela, ils croient faire encore œuvre de vrais savants en voulant, dans tous les cas, établir, par des analogies forcées et des exagérations parfois ridicules, une irresponsabilité banale, à laquelle tout le monde a le droit de prétendre, pour la moindre maladie ou la plus légère blessure.
N'est-ce pas compromettre la science que de lui faire perdre toute mesure ?