‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 69 sur 115 · I.A GÉNÉALOGIE DES CRIMINELS · texte numérisé non relu

I.A GÉNÉALOGIE DES CRIMINELS

influence de l'hérédité, pour ne pas lui faire une Jarge part.

Est-ce à dire qu'il faille aller aussi loin que quelques auteurs modernes prétendent le faire ? Est-ce à dire que l'on doive prendre les chiffres bruts de la statistique pour une démonstration qui n'exige pas de réserves, et pour la base d'une généralisation sur mesure ?

Pour prétendre conclure, ne faudrait-il pas être mieux renseigné c[u'on ne l'est encore sur l'hérédité criminelle ?

Il a cparante ans que P. Lucas demandait que, dans les établissements pénitentiaires, on dressât « un tableau statistique de la généalogie morale des condamnés, destiné à offrir chaque année, par rang de sexe et d'âge, et par classe, genre et espèce de crime, le chiffre des détenus dont les ascendants ou les descendants ont subi ou subissent des condamnations (') ».

Dans sa psychologie naturelle, Despine proposait aussi que l'on fît, dans l'intérêt de la science, des recherches sur les ascendants des criminels, en remontant à deux ou trois générations au moins (-).

On a commencé ce travail ; mais on n'observe

(1) P. Lucas, Traite philosophique et physiologique de rhêrcditc naturelle, t. I", p. 525, Paris, J.-B. Baillière et fils.

(2) T. II, p. 983.

174 iHRESPONSABr.ES porii causl: physiologique

qu'avec le temps une influence qui porte sur plusieurs générations.

Et pourtant, ce n'est ni avec réserve ni avec mesure, d'une part, ni, de l'autre, avec une connaissance suffisante des faits, que l'on a invoqué l'hérédité.

Pour Spencer, deux grandes influences agissent sur la vie, la sensation, Ja pensée, la moralité : ce sont celles de l'hérédité et des milieux. Il semble que tout soit là.

Mais admettre ces deux influences, c'est déjà limiter le champ de chacune d'elles, c'est reconnaître que les milieux peuvent agir et agissent souvent en sens contraire de la disposition héréditaire, ce qui démontre qu'elle n'est point fatale.

La doctrine nous semble encore trop affirmative, quand elle dit :

« La pathologie des vices innés est directement liée à l'hérédité morbide, par vice alcoolique ou par aliénation mentale, ou par épilepsie, ou par état névropathique en général chez le père ou la mère. L'âge précoce ou tardif de ces derniers, à l'époque de la procréation, peut également léguer aux enfants des dispositions qui intéressent tout spécialement l'émotivité, et ouvrent la A'oie à de spéciales tendances criminelles.

« Ces vices de l'hérédité se manifestent, dans l'ordre psychique, par des signes d'arrêt ou de

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