‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 75 sur 115 · Y A-T-IL UN TEMPÉRAMENT CRIMINEL · texte numérisé non relu

Y A-T-IL UN TEMPÉRAMENT CRIMINEL

Mais sur quoi s'appuient ces prétentions à l'irresponsabilité fondée sur le tempérament? Y a-t-il donc un tempérament criminel ? A quels signes le reconnaître ?

En général, dit Casper, « les traits ont quelque chose de dur, d'implacable ou de faux. Le regard, oblique ou fixe, jette un éclat sinistre et glacial ; souvent la figure est plombée, blême ; les cheveux, bas implantés, tombent en mèches sur le visage ; les yeux sont enfoncés dans leurs orbites, les sourcils froncés par des plis verticaux. L'insensibilité surtout se trahit par l'impassibilité de la contenance, l'ignorance du remords, la fatalité avouée de l'exécution, la froide indifférence ou le cynisme sauvage des réponses. On aperçoit là, notoirement, éducation ù part, l'influence irrésistible du tempérament. »

Si c'est là le type, la statistique criminelle démontre qu'il ne faut pas compter le rencontrer toujours. Il y a des exceptions si nombreuses! On voit des criminels, et des plus dangereux, à l'aspect agréable ou rassurant ! Les annales judiciaires de ces dernières années fournissent trop d'exemples de ce genre, pour qu'il soit possible de se fier aux apparences ou de compter sur les types convenus, qui ne sont que des types théoriques.

Pour exonérer les prévenus, du chef du tempérament ou de l'instinct, il faudrait démontrer l'existence et la fatalité des instincts mauvais.

C'est une vieille théorie que celle qui trouve dans les dispositions natives la justification du crime :

« Certains auteurs ont osé fabriquer une théorie aussi absurde que dangereuse, d'après laquelle il existerait des instincts pervers. Il faut alors adopter la théorie de la fatalité : si un criminel a commis un vol, un assassinat, il avait l'instinct pervers du vol, de l'assassinat; il n'est pas coupable, car il était tout simplement prédestiné à ce genre d'occupation par le dérangement physique de son cerveau ; c'est ainsi que l'on a fait la kleptomanie, la pyromanie, Vérotomanie, la monomanie homicide, etc. ; on pourrait ainsi tranformer le Code en une liste d'instincts maladifs ('). »

Mais l'école matérialiste tient pour ces théories cent fois réfutées.

Le docteur Letourneau affirme que « l'étude des tempéraments montre, là comme partout, les lois de l'organisation régentant les fonctions et réglant la durée et la violence des passions (^) ».

Périsse la société plutôt qu'un système !

(1) Casper, Médecine légale, t. I, p. 386.

(2) Letourneau, Physiologi* des passions, ch. iv.

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