LE BON SENS REVENDIQUÉ
iqui est un leurre, une apparence, ce serait plutôt lia matière. La matière n'est pas Vêtre des choses, oelle n'est qu'une manifestation ; elle n'est ce qu'elle fparaît que par rapport à nous; changez notre .tappareil sensible, elle ne paraîtra plus la même. Wous voyez bleu, moi rouge, un autre vert, ainsi de ssuite, cela est relatif. Les causes en tout nous l'échappent. Nous ne connaissons que des effets et (ides phénomènes résultant des actions et des rréactions...
« Le naturalisme pur supprime la liberté et la nmorale; mais la critique naturelle dit : « Si nous «K dépendons de la terre et du corps, nous nous ic sentons cependant responsables de nos actions, n de nos écrits, de nos pensées; donc nous nous ic sentons hbres, malgré tout et quand même, K Quoique opprimée sous des monceaux de fatatc lités innombrables, cette liberté, cela suffit, peut H se faire jour quelquefois; elle combat incessam- K ment, et elle n'est pas toujours vaincue. Quoic|ue i; enchaînés à la matière, comme jadis les serfs à u la glèbe, nous élevons nos regards et nos cœurs ic vers un idéal de justice, et nous sentons qu'il t; n'est pas impossible, non seulement d'en voir iî distinctement, mais d'en réaliser, par nos efforts
sincères, quelque chose ici-bas.., » C'est ce qui aait la gloire, la grandeur de l'homme. C'est qu'il a nn lui une force propre, une activité, une énergie,
une âme enfin. C'est par là qu'il sort de l'état physiologique et fatal; c'est par là qu'il fait voir qu'il est un être libre (*). »
Nul ne songe à nier l'influence du milieu physiq ue ou social. Mais ce que l'on conteste énergiquement, parce que cela va contre les faits, l'observation et le bon sens, c'est l'importance exagérée attribuée à cette influence, et le caractère fatal qu'on veut lui donner, en dépit de l'évidence du contraire.
L'homme n'est pas moins en état de lutter contre les influences morales mauvaises du milieu social où il est placé, que contre le climat dont il ne subit, qu'autant qu'il y consent, la caractéristique ou les effets malsains.
Mais, après avoir matérialisé la littérature, les sciences biologiques, il n'est pas étrange qu'on veuille aussi matérialiser la justice et le droit.
Théories malsaines pour ceux qui s'en autorisent, énervantes pour le droit! C'est avec de pareils paradoxes qu'au grand détriment du bon sens et des saines notions de vérité et de justice, on voit le facteur social, qu'il soit considéré comme cause exclusive, au moins prééminente, ou comme cause adjuvante dans la production de la criminalité, invoqué comme une influence devant diminuer ou exclure la responsabilité.
(r) Desclianel, Physiologie des écrivains et des artistes, p. 356.