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O.OI

Froment sur parties de terre fumées.

L'application de Ligoure indique nettement ce que Ton pourrait retirer dans beaucoup de districts, pour les prairies et les cultures arrosables, des eaux d'égouttement, chargées de limon plus ou moins riche.

Atténuation des crues. — Parmi les moyens que Polonceau (i) a proposés et défendus avec beaucoup de compétence et de fermeté, dans le but de diminuer le volume des crues et de rendre plus facile et moins dispendieux le maintien des grandes eaux, le premier s'applique à tous les terrains en pente prononcée, qui dominent et bordent les gorges, les vallons des montagnes et les parties supérieures des vallées. C'est celui qui « consiste à creuser sur toutes les pentes, des fossés horizontaux, larges et profonds, fermés à leurs extrémités, pour recevoir et retenir les eaux pluviales à leur point de départ, et les empêcher de descendre rapidement sur ces pentes, comme elles le font dans l'état naturel. Les eaux retenues dans ces fossés étages les uns au-dessus des autres, à des distances qui seront déterminées pour chaque localité, ne pourront descendre aux vallons que très lentement, après s'être infiltrées dans le sol; elles n'arriveront donc aux grandes vallées que fort longtemps après la chute des pluies. Les fossés pourront avoir généralement i m. de largeur moyenne sur om,5o de profondeur, et contiendront par conséquent un demi-mètre cube d'eau par mètre courant. » La figure 336 indique le profil de l'un de ces fossés.

Outre que ces fossés diminuent la vitesse de descente des eaux au passage de chaque gradin; qu'ils maintiennent l'humidité nécessaire sur les terrains arides; qu'ils les enrichissent par les vases et les limons, autrement perdus pour eux; et qu'ils contri-

(i) Loc. cit., p. 15.

buent à augmenter le produit des sources, ils peuvent être établis dans tous les terrains, quelle que soit la nature de leur culture, même quand ils sont en labour, en empêchant les eaux d'entraîner les terres que la charrue a mobilisées.

L'exécution de ces fossés consiste en terrassements simples et faciles à exécuter; elle n'exige aucun travail d'art, parce que lorsqu'en les creusant on rencontre un obstacle quelconque, ruisseau, chemin, ou rocher, on n'a qu'à les interrompre, pour les reprendre du côté opposé.

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Fie. 336.

Profil du fossé Polonckau pour capter les eaux de surface.

Dans le calcul que Polonceau a présenté des dépenses auxquelles entraînerait l'application de son système de rigoles dans le bassin de la Saône, compris entre la chaîne du Jura et celle des Vosges, il évalue à 2 millions d'hectares les terrains en pente prononcée sur lesquels on pourrait l'établir. En supposant les rigoles espacées de 66ra,66 au maximum, pour une surface de 100 hectares, il y aura i5 rigoles de 1,000 mètres chacune, offrant ensemble i5,ooo mètres de longueur, soit à raison d'un demi-mètre cube d'eau par mètre courant, 7,5oo mètres cubes , et comme dans 2 millions d'hectares, il y a 20,000 fois 100 hectares, la surface totale des terrains en pente du bassin pourra, au moyen

des rigoles, retenir i5o millions de mètres cubes. Sur base du prix le plus élevé de 20 centimes par mètre courant de rigoles, la dépense s'élèverait au maximum à 3o francs par hectare pour retenir yS mètres cubes de chaque crue.

Bois et forêts. — Dans les montagnes des Cévennes plantées de châtaigniers, les fossés de niveau sont utilisés depuis longtemps pour recevoir les eaux météoriques et les diriger vers les ravins. Les valats, comme on appelle ces tranchées, creusés de distance en distance, écoulent les eaux, qui à droite, qui à gauche, sur les croupes des montagnes, sans leur laisser creuser des sillons profonds, jusque dans les ravins où elles sont retenues par des rascass as, ou pierrées formant barrage. Dans ces sortes de réservoirs primitifs, les eaux déposent la terre qu'elles charrient et servent à l'arrosage des étages boisés ou en prairie. Il suffit, pour que le système fonctionne, d'entretenir les valats nettoyés (1). Celui des guadague, usité en Toscane, dont nous avons fait mention en traitant du limonage, remplit le même but.

Les résultats constatés pendant plusieurs années par Chevandier, dans les vastes forêts de Cirey (Vosges), dont 700 hectares faisaient partie de son exploitation agricole, ont démontré, dans des circonstances identiques de sol et de climat, l'influence des eaux sur la végétation des diverses essences, sapins, chênes et hêtres. Ainsi, pour des sapins d'un âge variant entre 80 et 100 ans, l'accroissement moyen annuel en bois sec, a été :

kii.

Dans les terrains fangeux de 1 .80

Dans les terrains secs de 3 .40

(1) Chaptal, Menu de la Soc, centr. d'agriculture, sur la manière de fertiliser les Cévennes.

5i>8 LES IRRIGATIONS.

Dans les terrains humectés par les eaux pluviales de 8. 20

Dans les terrains arrosés par les eaux courantes de 1 1 . 60

Les observations faites sur les chênes et les hêtres ont confirmé celles constatées pour les sapins.

D'après ces données, Chevandier a appliqué et décrit (1) une méthode peu coûteuse pour utiliser les eaux pluviales en forêt, en s'opposant à leur écoulement sur les pentes rapides. Elle consiste à établir des séries de larges fossés sans issue, qui arrosent par infiltration les surfaces boisées. Ces fossés tracés à niveau parfait partagent les versants en zones de 12 à i5 mètres de largeur. Au prix de o fr. 07 par mètre courant, ils représentent une dépense moyenne de 40 francs par hectare, largement compensée par l'accroissement du bois. Toute l'eau qui s'écoule de Tune des zones dans les fossés qui drainent, profite à la zone suivante, de manière à répartir uniformément l'humidité sur les versants.

Les forêts renfermant souvent des sources, ou des ruisseaux utilisables pour l'irrigation, on peut toujours, à l'aide de rigoles horizontales, ou en pente très douce, mais alors tracées en écharpe, recueillir leurs eaux ainsi que celles des pluies, pour les faire infiltrer sur les parties plus rapides, généralement moins boisées, et qui en ont le plus besoin. On parvient de la sorte, non seulement à assainir les forêts, à préparer les reboisements, mais encore à améliorer le régime des eaux, des vallées inférieures.

C'est surtout pour retenir les eaux et les empêcher de laver le terrain, dans le cas de semis et de jeunes

(1) Recherches sur l'influence de Veau, etc.; Annales forestières, t. III, pp. 490 et 705.

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plants auxquels il faut conserver l'humidité suffisante, que l'aménagement des eaux pluviales par des fossés horizontaux, larges, profonds et en gradins, ou par des réservoirs dans les gorges, ou les plis du terrain, donne des résultats satisfaisants.

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