‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 27 sur 128 · II. - LES CLIMATS · texte numérisé non relu

II. - LES CLIMATS

a. Saisons. — Les circonstances atmosphériques rendent les arrosages nécessaires dans toutes les saisons, ou dans une saison seulement; mais dans ce but ne sont-ils pas pratiqués de la même manière partout, ni aux mêmes époques , ou aux mêmes heures de la Journée. L'irrigation se règle, en effet, dans les divers pays, d'après les conditions climatériques qui sont souveraines.

Pour ne citer qu'un exemple, choisi en Lombardie,et destiné à montrer l'influence des saisons sur le mode d'arrosage : en hiver, quand les prés se couvrent de givre ou de gelée blanche, il est d'usage d'y faire couler lentement une napped'eau continue. Les graminées qui constituent en grande partie la flore de ces prés, résistent à ce traitement que justifie la température des eaux et du sol plus élevée que celle de Tair ambiant. Au printemps, on arrose parfois pour hâter la germination, mais alors on donne très peu d'eau afin d'empêcher l'abaissement subit de la température, et on se garde bien d'arroser le soir, à cause de la fraîcheur des nuits. Au cœur de Tété, c'est au contraire le soir, ou pendant la nuit, que Ton répand les eaux qui se sont échauffées dans la journée; on obvie ainsi à une trop grande évaporation et au soulèvement en croûte du sol superficiel. Enfin, en automne, on n'ob-

tient la troisième et la quatrième coupe des foins qu'à Taide de copieux et fréquents arrosages faits de jour et de nuit (i).

La pratique des irrigations ne varie pas seulement avec les saisons, pour un même pays, mais elle se distingue d*un territoire à l'autre, suivant la prédominance des vents, des pluies, la température, Taltitude, Torientation, etc.

fr. Pluies et vents. — De toutes les circonstances climatériques, la pluie est la plus importante, tant à cause de la hauteur d'eau que le sol reçoit naturellement dans Tannée, que de sa fréquence plus ou moins grande, laissant des intervalles de sécheresse, de ciel sans nuages, ou de soleil, pour Tévaporation .

La pluie naissant du mélange de deux masses d'air de températures différentes, il arrive que lorsqu'elles se meuvent rapidement dans des directions contraires, entraînées par les vents, leur contact occasionne une précipitation d'autant plus abondante que les températures sont très opposées. Les chaînes de montagnes au pied desquelles sont situées les plaines brûlantes, comme il y en a dans le midi de la France, en Italie, etc., font, vis-à-vis des masses d'air humide qui les approchent, l'office de réfrigérant; les nuages éclatent en pluies plus ou moins torrentielles, ou en grêle, selon ledécroissement plus ou moins rapide de la température (2).

Des trois sources qui amènent Teau dans le sol : les météores aqueux, l'égouttement des terres d'un niveau supérieur, et la capillarité qui fait monter à la surface Teau des couches souterraines, la pluie est celle qui pourvoit le plus complètement à l'humidité qu'exige la végétation.

(1) Vignotti, Journ. agric. prat., i863, t. II.

(2) M. Somerville, De la connexion des sciences physiques^ iSSy, p. 275.

Dans certains pays secs, l'eau étant rare, on s'est préoccupé de l'emploi pour l'irrigation d'un volume d' eau équivalant seulement à celui que fournirait la pluie. Il est certain que pour chaque récolte on se rapprocherait plus du volume d'eau d'arrosage nécessaire, si l'on connaissait la quantité d'eau pluviale qui tombe dans l'année; on arriverait à un degré d'exactitude plus grand encore en tenant compte de la quantité d'eau qui se perd.

Par la comparaison des rendements des diverses récoltes dans les pays sans irrigation, soumis au régime des pluies, avec ceux des mêmes récoltes dans les pays arrosés, il serait encore possible de déterminer le volume d'eau strictement nécessaire au développement des principales plantes cultivées, sans avoir égard aux variations de l'action des eaux et des méthodes d'arrosage (i). Cette comparaison n'a pas été faite.

L'étude du régime des pluies nous entraînerait à étudier la climatologie des diverses contrées du globe, mais elle serait hors de place dans ce livre; il n'en est pas moins intéressant de signaler quelques observations météorologiques dont l'agriculteur doit connaître pour la pratiquedes irrigations.

Gasparina estimé que, pour l'ensemble de l'Europe, la moyenne des pluies annuelles représente une couche de 75o millimètres d'eau par mètre carré; les pluies se répartissant comme épaisseur de la couche d'etiu, entre les saisons, de la manière suivante :

Hiver o'"i62

Printemps o'"i64

Lté o"' 1 99

Automne o™225

(i) 0*Meara, Mém. sur l'irrig. des pays neufs ; Bull, min.agric, i885.

La latitude, l'altitude et la situation des localités modifient beaucoup cette moyenne, comme quantité totale et comme répartition entre les saisons.

Moins la latitude est élevée, plus les pluies sont abondantes, surtout dans la période de végétation, de mai à septembre, quand on les compare à la chute annuelle totale. Le tableau XXIV montre d'un coup d'oeil les écarts dus à la latitude.

Tableau XXIV. — Température et pluies de mai à septembre.

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