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2o8 LES IRRIGATIONS.
comparaison des autres saisons. Autrement, la quantité moyenne par jour de pluie n'est à Milan et à Gênes, par exemple, quede lo millimètres, tandis qu'elle atteint, sous la même latitude à peu près, 1 3 millimètres à Toulon et 3i millimètres à Trieste.
c. Climats de la France. — Pour la France spécialement, Martins a établi, d'après les quantités relatives de pluie suivant les saisons, cinq climats, distingués dans le tableau XXV sous des noms qui rappellent les bassins des fleuves et les bords de la Méditerranée.
Les pluies qui régnent spécialement en été dans les climats séquanien et vosgien, régnent en octobre et en mai dans les climats méditerranéen et girondin. Ces deux derniers, à été sec, offrent les régions vinicoles et d'arrosage les plus importantes. Dans le Bordelais, la saison la plus sèche devient le printemps; mais l'été reste néanmoins plus sec que l'hiver et l'automne. Le climat rhodanien, se place d'une manière intermédiaire : l'hiver y est moins sec que Tété, mais l'été est moins humide que le printemps et l'automne. Il y pleut plus, d'ailleurs, que dans les autres régions; toutefois il comprend la troisième région vinicole, dans laquelle l'arrosage est appelé à prendre de plus grands développements.
d. Nombre et intervalles des jours pluvieux. — Le nombre des jours entre lesquels se distribue la pluie est un facteur important du climat agricole et des irrigations. Un climat n'est pas sec parce qu'il tombe fréquemment une petite quantité de pluie, mais bien parce que les intervalles entre les pluies sont plus ou moins longs.
La latitude, en dehors de la région méditerranéenne, influe sur le nombre de jours de pluie, qui va en diminuant du nord au sud.
L'intervalle des jours pluvieux fait qu'on désigne comme un climat nébuleux celui où le retour àt^
pluies a lieu tous les trois ou quatre jours, et comme un climat serein, celui où le retour s opère tous les sept ou huit jours. Dans le premier cas, 1 evaporation du sol est relativement faible, faute de soleil; dans le second, elle est très forte.
D'après les observations du comte de Gasparin, ces intervalles deviennent plus grands dans la direction N.-S., et le groupement du nombre de jours pluvieux diminue dans la même direction. Ainsi, tandis qu'à Catane, en Sicile, on constate en moyenne 1,7 jour de pluie, suivi de 10,8 jours de sécheresse; à Orange (Vaucluse) 1,7 jour de pluie est suivi seulement de 4,7 jours de sécheresse. Les intervalles sont de 4,7 jours au mois de mars, à Catane; et de 3 jours, à Orange, au mois d'avril, quand dans les deux localités la végétation se développe et les arrosages commencent.
De toutes manières, les journées sereines ont une importance réelle pour l'irrigation, surtout dans le Midi. Il est de règle, en Lombardie notamment, de choisir quand on le peut pour l'arrosage des diverses cultures, des jours sereins et chauds, plutôt que des jours couverts. De même, les vents du midi favorisent, et ceux du nord contrarient, les bons effets des irrigations.
L'observation a déjà été signalée de date ancienne, que le régime des pluies exerce la plus grande influence sur la végétation herbacée d'une contrée ; en d'autres termes, plus elles sont fréquentes et abondantes, plus aussi est intense la pousse des graminées sauvages ou cultivées, à condition que la température soit favorable. A cet égard, ajoute le D"^ Stebler, un coup d'oeil sur la carte pluviale de l'Europe montre que la région des Alpes, si riche en prairies et en pâturages , est fort bien arrosée atmosphériquement (i). Mais c'est là aussi une question
{i)L« Mélangées de graines fourragères^ 1887.
de qualité de sol : il ne serait pas difficile de démontrer que le calcaire joue un rôle non moins grand que la pluie, dans la supériorité productive de la région indiquée.