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2i8 LES IRRIGATIONS.
nous décrirons ceux ôti l'arrosage a reçu les plus grands développements dans la basse vallée du Pô : le Crémonais, le Pavesan, la Lomellîne et le Lodigian.
Crémonais (i). — La province de Crémone est limitée au nord par TOglio qui la sépare de la province de Brescia ; au sud, par le Pô et TAdda qui la divisent des provinces de Parme, de Plaisance et de Milan; à l'est, par le district de Casalmaggiore, et à Touest par celui de Crema. De forme pentagonale, elle comprend un sol constitué par les alluvions du Serio, du Pô, de TAdda et de rOglio : roches siliceuses, argileuses et calcaires, recouvertes par le limon des couches végétales.
Sans parler des trois fleuves qui le bordent, le Crémonais est traversé par de vastes cours d'eau naturels et artificiels qui s'y déversent. Deux grands canaux {navigli)^ Civico et Pallavicino, empruntant leurs eaux à TOglio, par mille ramifications rattachées à des réseaux de différents niveaux, concourent à l'arrosage de tout le territoire. Des digues énormes, véritables bastions remontant aux siècles passés, servent à contenir les crues des fleuves qui atteignent jusqu'à 6 mètres au-dessus de l'étiage.
Sous le rapport météorologique, la température annuelle, établie comme moyenne de 34 années d'observations, est de i2*',6; le maximum étant de + 25, 3o degrés, et le minimum de — i5 degrés. Le mois de janvier est le plus froid, et le mois de juillet le plus chaud de Tannée; mais il y a des écarts dans toutes les saisons.
La chute d'eau pluviale est de o",83o annuellement ; elle se répartit entre 5i jours pluvieux; le nombre moyen de jours sereins est de i56, et le reste comprend les jours couverts ou brumeux. Le vent d'ouest est le plus fré-
(i) Marenghi, Monografia, Inchiesta agraria^ etc., 1882.
quent et persistant, et l'automne, sous son influence, se signale par des pluies lentes et continues.
Les trois zones agricoles du Crémonais correspondent aux arrosages qui y sont pratiqués.
La première zone, la plus étendue, confinant à la province de Crema, et s'étendant de Crémone à TOglio, vers Grumone, a pour culture dominante le pré, et pratique rirrigation sur 50,045 hectares.
La seconde, située à Test de la première et s'étendant sur 33, 1 89 hect. jusqu'à Casalmaggiore, n'est arrosée qu'en partie; la culture des céréales domine celle des prairies. La troisième ne pratique pas l'irrigation; c'est la Regona, développée le long du Pô; elle comprend 8, 1 27 hectares.
L'ensemble du territoire crémonais embrasse ainsi 91,361 hectares.
Pavesan (i). — L'arrondissement de Pavie a la forme d\in triangle dont Tangle obtus est au nord-est , et la face opposée, sur plus de 5o kilomètres, s'appuie sur les fleuves Tessin et Pô. La surface comprend 91,000 hectares, avec une pente de 20 mètres dans le sens longitudinal, et de 3 mètres dans le sens transversal ; ce qui la dispose admirablement pour l'irrigation.
Comme dans la Lomelline, le sol de l'arrondissement de Pavie appartient à la formation du pliocène. Les alluvions y dominent, variant de caractères, selon que les roches détritiques sont venues des Alpes ou des Apennins.
La température moyenne de 10 années (1872-82) est de i2'',9, oscillant entre + 25*, 8 et — 14^1. La différence entre les deux extrêmes de froid en janvier et de chaJeur en juillet, est en moyenne de 24^,5.
il) Saglio, Monogrjjia. Inchiesta afçraria, etc., 1882.
La chute d*eau pluviale annuelle est en moyenne de o",73o; le maximum de pluietombe en automne; o",232. Le mois le plus sec est février. Les vents dominants sont, enhiver, celui du sud-ouest ; au printemps, celui de Test; en été et en automne, celui du nord-est.
Dans l'arrondissement de Pavie, comprenant les territoires de Gava Manara et deSannazzaro, 72, 5oo hectares jouissent de l'irrigation, sur lesquels 68,000 hectares environ par les canaux, et le reste par les eaux de sources. On évalue à 72 mètres cubes le volume d'eau d un débit «ontinu.
Lomelline (i). — Cet arrondissement^ qui a pour chef-lieu Mortara, faisait jadis partie de la province de Pavie; il couvre 122,245 hectares, bornés au sud parle Pô, à l'est par le Tessin, à Touest par le Pô et la Sesia qui le séparent des provinces d'Alexandrie, de Montferrat et de Verceil, et au nord par une ligne conventionnelle de démarcation avec le Novarais.
Deux cours d'eau issus des montagnes le parcourent du nord au midi, l'Agogna et le Terdoppio; ce dernier aide, avec le Tessin, la Sesia et TArbogna, à alimenter les canaux qui sillonnent tout le territoire.
Le sol d'alluvion pliocénique est plutôt léger et meuble, mais frais; plutôt siliceux qu'argileux, et de niveau. La déclivité de la Lomelline, marquée du nord au sud, varie, en effet, entre 0,90 et i pour 100 jusqu'aux rives du Pô.
Les conditions climatériques sont les mêmes que dans Tarrondissement de Pavie. Il pleut 42 jours par an, au printemps par les vents d'est, et principalement en automne, quand les cours d'eau débordent et inondent les basses terres. La chute d'eau moyenne par pluie est de
(i) Pollini, Monografia. Inchiesta agraria^ etc.
o"',oo9; "ï^is par les orages que les vents d'ouest amènent en été, cette moyenne est surpassée. Les vents du nord, vers la fin de février, causent la gelée blanche.
Lodigian (i). — L'arrondissement de Lodi a la forme d'une demi-lune dont l'arc convexe, du nord au sud-est, est tracé par le cours sinueux de l'Adda, entre Conegliano et lembouchure du fleuve, dans le Pô. Les limites sud et sud-ouest, qui le séparent de la province de Plaisance, sont fixées par le Pô, entre les confluents de l'Adda et du Lambro; enfin, à l'ouest, le Lambro le divise de l'arrondissement de Pavie jusqu'à Malegnano, puis la frontière du Milanais, jusqu'à Conegliano.
L'Adda, le Pô, la Muzza, le Lambro, le Sillero, et d'autres cours d'eau moins importants baignent le territoire, approvisionnent les canaux d'irrigation, et complètent par des colateurs de grande portée son régime.
Comme dans la plus grande partie de la plaine lombarde, le sol, formé de terrains de transport ou d'alluvions anciennes, comprend des graviers siliceux-calcaires, ou bien siliceux-calcaires-argileux, avec carbonate de chaux et alumine, qui constituent la couche arable. Celle-ci a une épaisseur, sur la rive gauche de l'Adda , qui varie pour les terres fortes argileuses entre 0^,45 et I mètre; pour les terres siliceuses, calcaires ou alumineuses, entre o™,25 et o™,45. Le sous-sol consiste en sables agglutinés par de l'argile ferrugineuse et en argile verdâtre.
La température moyenne annuelle de 1 3°,5 i centigrades offre un maximum mensuel de 22^,75 et un mini- \ mumde4%45, pour la période décennale 1868-78. La
\ moyenne barométrique est de o"',7544, variant entre o",763o et o",7428. La chute annuelle d'eau pluviale est
(i) Belljnzona, Memoria, Inchiesta agraria^ etc.
en moyenne de o",859 ; elle correspond à 89 jours pluvieux. Le reste de Tannée est partagé entre 149 jours sereins et 127 jours couverts.
Comme pour les arrondissements de Mortara (Lomelline) et de Pavie, l'agriculture dans le Lodigian dépend de rirrigation, qui fixe le caractère dominant de ses récoltes : dans la zone principale, la surface des terres non arrosées est insignifiante.
Tandis que le Crémonais présente comme culture type le lin , la Lomelline et le Pavesan assignent le premier rang à la culture des rizières alternes, et le Lodigian, comme une partie du Milanais, placé entre la zone des marcites et celle du riz, aux prairies alternes de trèfle blanc qui est la sole la plus importante de Tassolement.
Cette division n'est pas tellement rigoureuse que Ton ne trouve aussi des marcites dans les arrondissements de Mortara, de Pavie et de Lodî, et de même, des prairies et des céréales alternant avec le riz, dans la Lomelline et le Pavesan.
Dans le Lodigian, après trois ou quatre années de prairie, l'assolement comporte le lin, le maïs, le froment et parfois même le riz, avant le retour à la prairie; mais dans le Crémonais, le lin est la culture principale, à laquelle se joint celle du maïs, du mûrier, et depuis quelques années, de la prairie.
b. Espagne. — Située entre le 36' et le 40* degré de latitude, la péninsule ibérique est rattachée au continent européen par les Pyrénées qui la séparent de la France sur une longueur de 55o kilomètres environ. Le reste est baigné par la mer; à l'ouest et au sud-ouest, en y comprenant le Portugal, par Tocéan Atlantique; à l'est et au sud-est, par la Méditerranée, Le détroit de Gibraltar la divise de l'Afrique.
Trois systèmes de montagnes la partagent de l'ouest à Vest, auxquels se rattachent les groupes ou sierras asturiens et cantabriques, au nord, qui dépendent des Pyrénées; la Cordillère carpeto-vetonique, dirigée entre les deux Castilles, au centre; et la Sierra Morena qui s'étend au sud du royaume de Valence jusqu*aux limites de l'Andalousie et du Portugal. Certains pics de ces chaînes dépassent 3,ooo mètres d'altitude.
De ces montagnes s'écoulent les grands fleuves et les rivières qui ont formé par leurs roches détritiques les vallées et les plaines de FÈbre, du Douro, du Tage, du Guadiana et du Guadalquivir. La plupart de ces cours d'eau, torrents dévastateurs une partie de Tannée, sont desséchés pendant Tété. Ils ne jouissent pas, comme dans l'Italie du Nord, de ces admirables lacs, servant de réservoirs où les eaux se réunissent, déposent leur limon et I abandonnent leurs courants torrentiels , servant ainsi de
r^ulateurs à l'irrigation.
I Ce qui forme au contraire un des traits distinctifs des
cours d'eau espagnols, est l'extrême variété de leur régi- / me. En hiver et au printemps , lorsque la plupart des cul-
tures ne réclament pas d'irrigation , ils roulent des vo* Jumes d'eaux considérables, dont le limon pourrait servir à fertiliser de vastes espaces sans valeur, ou à peu près incultes, mais qui reste inutilisé.
Le vaste plateau central servant de partage aux eaux entre l'Océan et la Méditerranée, légèrement incliné vers l'ouest, a une altitude moyenne de 700 mètres dans la partie de la Castille qui avoisine la province de Léon, et de 600 mètres dans la Castille méridionale et TEstramadure. Beaucoup plus étendu et plus élevé que les plateaux de i'Auvergne, de la Bavière et de la Souabe, celui de l'Espagne est scindé vers le milieu par des terrains âpres, dont l'aridité est à peine discontinue depuis les monts
Maestrazzo, voisins de la Méditerranée, jusqu'à la Sierra de Estrella, en Portugal. Les contreforts des Pyrénées du côté ibérique ne sont guère plus riants d'ailleurs que ceux de cette longue Cordillère sur laquelle se déchaînent les vents d'est et d'ouest, créant des variations de température beaucoup plus brusques qu'au centre de la France ou du continent allemand, et où la neige succède sans transition à un soleil d'Afrique.
Excepté dans la partie septentrionale, l'eau n'abonde aucune part, les pluies étant rares. Les montagnes les plus élevées, telles que les Pyrénées, la Sierra Nevada, fournissent peu d'eau. Les rivières coulent dans des lits profonds et étroits, et leurs eaux sont le plus souvent maigres. Pour un volume d'eau que fournit le Guadalquivir en été, par kilomètre, la Tamise et la Seine en fournissent deux; le Rhin, trois; le Rhône, six; le Pô, dix fois plus.
Quoique coupée en certains endroits par des campagnes très fertiles, la steppe, véritable steppe que Ton retrouve dans le nord-est de l'Europe , règne le long de l'Èbre, depuis les environs de Tudela jusque vers Alcaniz; le long du Douro, au centre de la terre des Campos; le long du Tage, depuis Arganda, voisin de Madrid, jusque vers Albacète; le long du Segura qui contourne les côtes d'Alicante et de Carthagène pour finir à Aimeria; le long du Guadalquivir dont le bassin offre une série de plaines désolées, il est vrai, moins étendues.
Heureusement, comme contraste avec ces régions desséchées, malgré les fleuves qui les baignent, l'Espagne peut vanter des contrées privilégiées; celles du versant cantabrique où le climat et la végétation se rapprochent de ceux de la France, favorables aux prairies et à l'élève du bétail. Il n'est guère question de prairies en Espagne, que dans cette région asturienne, où l'irrigation ne joue
LES IRRIGATIONS. 22b
aucun rôle, contrairement à ce que T Italie du Nord a si merveilleusement réalisé. Viennent ensuite les magnifiques terres du versant de la Méditerranée et de la vallée du Guadalquivir oCi prospèrent les irrigations, avec les délicieux vergers de Valence et de Murcic; la Vega de Grenade arrosée par les eaux du Xenil et de ses affluents, avec ses céréales, ses récoltes dérobées, ses vignes et ses oliviers; mais nulle part des prairies permanentes. Même dans le plateau central, on peut citer quelques campagnes d'une grande fertilité, comme la terre de Barros, la Sagra de Tolède et la région des Campes qui s étend sur sept provinces, mais dont la fécondité est due principalement à une nappe d'eau située à une faible profondeur (i).
Pour qui entre en Espagne par Bayonne, se dirigeant sur Cadix, du nord au sud, les plaines plus ou moins arides offrent un caractère d'autant plus âpre que leur altitude les expose à un climat vraiment boréal ; entre Valladolid et Avila, le granit commence à percer les puissants dépôts de sable dont sont revêtues les plaines; puis, de ses agglomérations bizarres, il hérisse toute la contrée qu'il transforme en un désert pierreux. En descendant dans la plaine de Madrid, laissant de côté loasis de TEscurial et ses forêts, on retrouve de nouveau les dépôts de sables granitiques assez bien cultivés, comme presque toutes les plaines diluviennes de l'Espagne.
Plus loin, la contrée devient plus accidentée, le calcaire siliceux apparaît; on est dans la vallée du Tage, et bientôt à Tolède, aux climats excessifs ; mais l'olivier, malgré l'altitude de 789 mètres, commence à végéter. Les granits et les gneiss ayant disparu sous les sa-
(i) Saavedra Menezes, Fomento de Espafia^ juillet i865»
blés et les marnes, la plaine, de Tolède à Alcazar, est en culture; elle produit surtout beaucoup de céréales; çà et là, du vin et de Thuile.
La Manche, immortalisée par Cervantes, déploie encore plus avant sa plaine déboisée, couverte de blocs en calcaires blancs et crayeux; c'est la steppe jusqu'à Manzanares, où la vigne et Tolivier reprennent dans le sol rocailleux, teint en rouge et en jaune ocreux, qui convient aux raisins. Le fameux vin de Val de Peîias vient delà.
La Sierra Morena avec ses calcaires stratifiés, ses marnes schisteuses à couches redressées et ses schistes micacés, hardiment groupés et boisés, sépare la Manche de la vallée du Guadalquivir. Dès lors, on quitte les froids plateaux de la Castille pour aborder l'Andalousie au soi sablonneux et marneux.
Entre Cordoue avec ses montagnes arrondies, assez nues et sans caractère, qui ferment l'horizon, et la belle Séville, la vaste plaine perd bientôt sa parure d'oliviers, et son aridité n'est plus rompue que par des touffes de palmiers nains. Aux approches de Séville, la végétation africaine apparaît avec les orangers, les palmiers, les agaves, les opuntias, etc.
De Séville à Cadix, la distance est parcourue dans une plaine le plus souvent unie, riche en calcaires grisâtres et en conglomérats, au milieu desquels croissent les célèbres vignes de Xeres de la Frontera. Enfin, le littoral jusqu'à Cadix, occupé par les marécages et les lagunes salées que laissent les eaux de l'Océan, fait face à l'Afrique.
Tchihatcheff, qui décrit cette route (i), constate le changement de température aussi brusque que frappant qui attend le voyageur en arrivant dans le bassin du Gua-
(I) Espagne, Algérie et Tunisie^ 1880, p. 21.
dalquivir : « Quand, venant de Madrid ou de Tolède, on a franchi la Sierra Morena, quelques heures suffisent pour faire éprouver les climats les plus variés; ainsi jusqu'à la Sierra, climat septentrional ; à Cordoue, la température est celle de Florence; à Séville, celle de Naples ou de Palerme. En été, le thermomètre monte à Séville jusqu'à 40 degrés à Tombre. Du 12 au 20 octobre, la moyenne est de 20 degrés à Tombre et de 87 degrés au soleil. »
De lautre côté de Cadix, sur la Méditerranée, Malaga offre le plus remarquable climat, également favorable à la culture des orangers et de la vigne dont les produits doux et secs ont acquis une légitime célébrité. La plaine, à calcaires marneux rouges, entresemés de galets, porte les riches vignobles, les taillis d'orangers et d'oliviers, avec les dattiers de l'Afrique, jusqu'au pied du massif montagneux de la Ronda où s'arrête la Sierra Nevada. Protégée du côté du nord par ces montagnes, exposée en plein aux vents qui soufflent du Maroc, du côté du sud, Malaga offre une température moyenne exceptionnelle, 14^1, pour l'hiver, qui surpasse celle de Tunis et d'Alger et égale celle du Caire ; mais elle correspond à une moyenne inférieure pour l'été.
Aussi bien par sa configuration géographique, baignée qu'elle est sur une étendue considérable décotes par deux mers différentes, que par sa constitution géognostique et hydrographique, l'Espagne, plus encore que l'Italie, est soumise aux climats singulièrement variés. Les conditions atmosphériques sous le rapport de la température, des vents, des pluies, de l'humidité, offrent une diversité extrême.
Les températures oscillent entre -f- 4^° et — i5^, c'est-à-dîre, avec une différence effective de 60 degrés ; la sécheresse offre des écarts non moins particuliers, car
pour une couche pluviométriqueannuelIedeo",387, Tévaporation, dans les provinces de Murcie et de Malaga, enlève dans la saison d'été une tranche d'eau de 2"',048, s«it un excédent de i"*,66i.
Humide et relativement tempéré dans la zone canta brique que borde le golfe de Gascogne, le climat reste également doux et tempéré dans la Galicie occidentale, sous l'action des vents de l'Océan.
Dans le plateau central qu'occupent les deux Castilles, le climat est rude, vraiment continental ; les hivers sont rigoureux, les étés brûlants ; les pluies d'automne abondantes, mais déjà 1 evaporation dépasse de quatre à cinq fois le volume d'eau qui tombe sous forme de pluie. Ainsi il s'évapore i",5o d'eau par année, tandis que la pluie moyenne annuelle varie de o",25o à Salamanque (Vieille-Castille) à o»,382 à Ciudad-Real (Nouvelle-CastiUe).
Le versant oriental, que limite la Méditerranée, jouit d'un climat plus chaud; sec, à peu de distance du littoral, mais doux et tempéré. Les températures moyennes indiquent pour les différentes saisons :
Btfcclono. Mnrci*.
Hiver 9*8 1 1«6
Printemps 14*6 i6'*2
Été 2 3"4 24*9
Automne ly^S 19*1
Moyenne annuelle 1 ô^S 1 7*'8
Maximum 32°3 4o"3
Minimum — 3''2 o"i
Tandis que la pluie moyenne varie entre o"*,334 à Murcie et 0^^,607 à Barcelone, le nombre de jours de pluie correspondant est de 44 et yS. L'évaporation à Murcie est de 2^,047, supérieure de sept fois à l'eau pluviale.
Le versant méridional, sur la Méditerranée, est soumis au climat de la canne à sucre et des plantes tropicales. Les observations relevées à Malaga indiquent, pour les saisons et pour Tannée, les températures moyennes suivantes :
Hiver i4''o
Printemps 1 7*7
Été 26'»3
Automne. 2o"3
Moyenne annuelle 1 9*3
Maximum 41 "o
Minimum +2*5
La pluie moyenne est de o™,533 dont o",i88 tombe en hiver et o°,020 seulement en été. Le nombre de jours pluvieux dans Tannée est de 5o.
L'inégale répartition des pluies, jointe à la disproportion énorme entre la couche d'eau pluviale et Tévaporation, commande impérieusement Tirrigation et lui assigne une valeur inappréciable, dans des provinces telles que celles de Valence, de Murcie, de Malaga, où le rapport comme valeur entre les terres d'égale qualité, arrosées et non arrosées, est celui de 3 à i.
Sauf dans la zone cantabrique et dans le bassin supérieur des rivières, la plupart des terres et des cultures, sous une atmosphère sèche, sereine et transparente, et un soleil ardent, seraient calcinées si elles n'étaient irriguées. Aussi Teau prend-elle une valeur si grande « qu'il y a intérêt à Télever de 3o et même de 40 mètres de profondeur, comme dans les coteaux des grès ferrugineux d'Aleria et de Carcagente (Valence), pour la culture des orangers, dont Thectare se paye jusqu'à 3o,ooo francs (i). »
(il A. Laurado, Irrigations en Espagne; Journ. d'Agriculture^ 1877.
yio LES IRRIGATIONS.
Les dernières statistiques ne font toutefois figurer que i,i5i,ooo hectares de terres arrosées, en regard de 28 millions de terres arables; les terres arrosées comprenant (i) :