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I. — EAUX NATURELLES

a. Eaux de pluie et de neige. — L'eau de pluie, qui résulte d'une sorte de distillation naturelle, est la

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plus pure et la plus douce des eaux quand on la recueille en rase campagne, dans des récipients propres ; elle ne laisse par Tévaporation qu'un très faible résidu.

C'est rarement à cet état que l'agriculture l'emploie ; les eaux pluviales se recueillant pour Tirrigation sur des surfaces plus ou moins vastes, la terre étant couverte d'une végétation adventice, de mousses ou de tourbes, ou bien de cultures ayant reçu des engrais. Les réservoirs dans lesquels arrivent les eaux troubles, bien qu'ils soient périodiquement curés, ajoutent par leurs dépôts, des matières à celles que les pluies ont dissoutes dans leur parcours.

Quoi qu'il en soit, Tétude des eaux météoriques au point de vue des éléments qu elles renferment est essentielle, car ces eaux alimentent aussi bien les irrigations de certaines contrées que les sources, les fleuves et les nappes souterraines.

Les recherches qui ont mis hors de doute la présence de Tacide nitrique dans ces eaux remontent au célèbre chimiste suédois, Bergman, dont Condorcet et Vicq-d'Azyr ont fait l'éloge. Qjntinuées jusqu'à ce jour sur les eaux obtenues dans de nombreuses localités, à toutes les altitudes et dans toutes les saisons, elles permettent de conclure que les nitrates et l'ammoniaque dissous par l'eau de pluie peuvent apporter de l'azote aux végétaux. Des analyses suivies pendant six mois, en 1 852, par Boussingault, ont établi que les eaux météoriques, obtenues à une grande distance des lieux habités, tenaient en moyenne 0,79 milligram. d'ammoniaque par litre. Pendant l'été et l'automne de i856, ce savant a examiné en outre 90 échantillons de la pluie tombée au Liebfrauenberg, en Alsace, et il lui a été possible dans 76 de ces échantillons de doser les nitrates, en constatant qu'au milieu des champs ou dans la proximité des forêts éten-

dues, l'eau météorique renferme bien moins d'acide nitrique que d'ammoniaque (i).

La proportion d*ammoniaque et d'acide nitrique varie suivant les saisons. Bineau a constaté à Lyon les différences suivantes :

Àminoni«qac. Acide nitrique.

gr. gr.

Hiver o.oi63 o.ooo3

Printemps 0.0121 o.ooio

Eté o.oo3i 0.0020

Automne 0.0040 0.0040

Les quantités d'ammoniaque augnientent dans les villes , tandis que celles d'acide nitrique diminuent, ou ne s'y accumulent que par les temps orageux.

L'azote combiné, à Tétat d'ammoniaque et d'acide nitrique, tel que l'ont fourni les pluies, la grêle, la neige, les brouillards, la rosée, etc., à Rothamsted, pendant les trois années i853, i855 et i856, a été déterminé par Way, et par MM. Lawes et Gilbert. Les résultats sont reproduits dans le tableau XXVI II.

Tableau XXVIII. — Dosage d'a\ote combiné dans les eaux météoriques à Rothamsted,

Azote combiné des eaux mét(^riquc8.

Azote

à l'hectare et par

an.

Moyenne

Ammoniaque

Acide nitrique

Total

kll.

G. 35 indétermine'.

kil.

kll.

Ul.

(1) Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1857.

Les nombreux dosages exécutés depuis, sur les eaux météoriques de Rothamsted, par le professeur Frankland(i), sont venues confirmer les résultats du tableau précédent ; les nombres trouvés sont toutefois plus faibles.

Il ressort de l'ensemble des recherches faites également sur le continent, depuis Boussingault, que l'on ne saurait admettre, d'après Gilbert (2), plus de 9 à 11 kilogrammes d'azote combiné, comme provenance des eaux météoriques recueillies en pleine campagne, dans l'ouest de TEurope. Il y a lieu pourtant de remarquer que, pour un même volume, les autres eaux renferment beaucoup plus d'ammoniaque que la pluie, et qu'il se dépose plus d'ammoniaque atmosphérique, à égalité de surface, dans les pores d'un sol naturel que dans le soi uni et plus ou moins imperméable d'une jauge d'expérience.

Frankland a établi comparativement la composition des eaux pluviales recueillies à Rothamsted en 1869, 1870 et 1872, c'est-à-dire à 40 kilomètres de Londres, dans une jauge placée au milieu d'un champ en culture, à o",6o au-dessus du sol et à i3o mètres au-dessus du niveau de la mer, et celle des eaux recueillies de 1 870 à 1873 dans divers réservoirs de fermes et d'habitations à la campagne et en ville. Voici le résultat moyen de 82 analyses, dont 70 sur les eaux prises à Rothamsted :

Uothjtniatod. Lomlit^'o dirtncs.

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