Eaux des formations tertiaires
j. Eaux du groupe éocène. — Les sources des terrains tertiaires en Angleterre, grès, crag, graviers, etc., offrent des eaux de composition très variables , par suite de la faible épaisseur des couches où elles se réunissent. Le résidu solide varie entre 28,72 cent-millièmes dans la source de Ravenfield (Doncaster), et 25,24 ^^^^ celle de Townend du même district, toutes deux fournies par le gravier. La matière organique y est souvent en grande proportion. La moyenne de dix analyses d'eaux des divers comtés (Ipswich, Bedford, Doncaster) donne en cent-millièmes :
SouTvcR. Pulta foréi.
Résidu fixe 61. 32 78,09
Carbone organique 0.086 0.093
Azote organique 0.019 0.028
Ammoniaque » o . 048
Azote (nitrates et nitrites) 0.354" 0.068
Azote total combiné 0*374 o.i35
Chlore 2.76 i5.02
Les eaux de ces terrains, comme celles* du lias, sont exceptionnellement dures, par suite des sulfates de chaux et de magnésie qu'elles renferment en dissolution,
(ï) Documents relatifs aux eaux de Paris , 1859, 2» mém., p. 60.
Les puits profonds qui traversent l'argile de Londres pour atteindre la craie, devenue plus compacte, moins absorbante et d'une action oxydante moins énergique, fournissent des eaux qui empruntent aux couches tertiaires inférieures une forte proportion de matières fixes, notamment du chlorure de sodium et du bicarbonate de soude. Le résidu fixe comprenant ces composés salins atteint 74 gr. 69 par litre dans Teau du puits de Braintree (Essex) foncé à une profondeur de i3o mètres. La matière organique est faiblement représentée dans ces eaux dont la composition. moyenne pour onze puits est donnée ci-dessus.
Dans le bassin de la Seine, le calcaire crayeux, recouvert assez généralement par des dépôts réguliers, peu épais, de sables et grès, de marnes, d'argiles, de lignites, de calcaires, de graviers, etc., renferme à la base de ces dépôts, des nappes et des sources nombreuses que ron rencontre par des forages à des profondeurs variables.
Dans la projection des coupes de sondages exécutés dans la vallée de la Marne, qu'ont donnée MM. Degousée et Laurent (i), on constate que les couches aquifèresdes terrains tertiaires comprenant le groupe du calcaire grossier et celui des argiles plastiques qui repose sur la craie, sont à un niveau variable, par rapport au fonçage dans la craie proprement dite. En voici quelques exemples :
PR0F0NDEUB8
attointc* Puita forés. des luppM. du» la enie.
Reuil 42 à 60 83,33
Meaux , 5o à 63 93.00
Trilburdon 5o à 64.30 »
Lagny 65 à 88 125.00
Vaire 38 à 55 «
(0 Guide du sondeur , a édit., 1861, atlas, planche 43.
Le premier niveau aquifère se trouve dans les marnes et calcaires lacustres supérieurs; le second, dans les sables et grès supérieurs dont le type de formation est celui de Fontainebleau, Palaiseau, etc. Ces eaux sont rarement ascendantes, parce qu'elles n ont pas de bassin hydrographique d'une étendue suffisante; on les voit sortir du flanc des collines sous forme de sources, et on les rencontre dans les puits dont on perce les couches qui les contiennent. Un troisième niveau se remarque dans le terrain lacustre inférieur, au-dessous des marnes et calcaires meulières et. des gypses , qui renferment également des eaux souvent ascendantes, et parfois jaillissantes à plusieurs mètres au-dessus du niveau de la Marne et de la Seine. Les groupes du calcaire grossier contiennent un quatrième niveau; enfin, les sables inférieurs des argiles plastiques fournissent un cinquième niveau dont les jets sont les plus fréquents et les plus importants de tout le bassin tertiaire, à cause des réservoirs plus étendus qui conservent Teau.
La plupart des eaux des terrains tertiaires se signalent par la proportion de sulfate de chaux enlevé aux couches gypseuses qui sont intercalées entre les bancs de calcaire grossier et les marnes vertes de l'étage éocène. Le tableau XLVIII, oîi figurent les analyses des eaux courantes et des eaux de sources appartenant à cet étage, indique, sauf pour le Sourdon et la Dhuis qui ne sont pas gypsifères, des résidus plus ou moins abondants, chargés de carbonate et de sulfate de chaux, et le plus souvent de matières organiques. Les analyses se rapportent : n*** I au Sourdon, l'une des sources du Cubry? qui marque de 20 à 21 degrés hydrotimétriques, et n° 2 à la Dhuis, un des affluents du Surmelin (Marne) , qui mesure 23 degrés à Thydroti mètre.
Ces deux eaux captées pour le service de la ville de
33o LES IRRIGATIONS.
Paris depuis i863, sortent du calcaire siliceux éocène; la première analyse est extraitedu travail de Belgrand (i) ; la seconde a été exécutée par Mangon.
N**' 3 à lo; analyses de Boutron et Henry (2) ; le n* 3 se réfère à la source d'Arcueil qui provient des territoires de Rungis, l'Hay et Cachan ; cette eau, puisée à l'Observatoire, laisse déposer du point de son origine, dans les marnes et calcaires lacustres, jusqu'à celui de sa distribution, un sédiment de carbonate de chaux très abondant, qui n'est tenu en dissolution qu*à la faveur d'un excès de gaz acide carbonique.
N*4; eau de la Bièvre, recueillie à Amblainvilliers, au sortir des marnes vertes et des couches gypseuses , avant qu'elle n'ait reçu les eaux extrêmement calcaires des sources artésiennes du moulin de THay.
N"" 5 ; eau des sources de Belleville, crues, et de mauvaise qualité, alimentées par les couches de marnes argileuses et calcaires, recouvrant des bancs de gypse.
N*» 6; eaudel'Ourcq, puisée à Mareuil, fournit un résidu d'évaporation bien moins considérable que celui de ses affluents n*^* 7 à 10, qui comprennentle CÏignon, venant des environs de Château-Thierry; la Thérouenne, prenant Jiaissance au nord d'Oisery; les sources de Crégy, qui émergent du coteau gypseux de Crégy, près de Meaux; et la Beuvronne, qui s'écoule dans les environs de Vinantes.
Comme celles de Belleville (Paris) , les eaux de Crégy offrent des exemples d'eaux séléniteuses, calcaires, dures, incrustantes, que Ton rencontre fréquemment dans les nappes des puits superficiels du bassin gypseux de Paris. L'intervention des matières organiques, par rapport aux sulfates, a pour effet de transformer une partie de ces sels
(i) Documents relatifs aux eaux de Paris, 1861, p. 160 et 420. (2) Analyses chimiq. des eaux qui alimentent Paris, 1848.
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