‹ Les irrigations (volume 3)Chapitre 85 sur 128 · ÉTANG-RÉSERVOIR (PIÉ- MONT · texte numérisé non relu

ÉTANG-RÉSERVOIR (PIÉ- MONT

de deux montants verticaux encastrés par le bas, dans la maçonnerie des murs de soutènement qui entourent la bonde, d'un chapeau et de moises. C'est dans des entailles pratiquées dans les moises que glisse librement la tige mobile. Le sommet de la tige étant terminé par une vis en fer qui traverse le chapeau, et la vis portant deux écrous, Tun au-dessus, et l'autre au-dessous du

FiG. 52. — Étang-réservoir (système Pareto) ; digue et prise d'eau. Coupe et plan.

chapeau, on fait servir le premier écrou à ouvrir, et le second à fermer la bonde , en réglant à volonté l'écoulement suivant les exigences de l'irrigation. La manœuvre des écrous s'opère à l'aide d'une clef. Un petit pont fixe (fig. 62) permet d'accéder du sommet de la digue, à l'endroit du coffrage où la bonde se manœuvre.

Quoique Pareto trouve son modèle de bonde préférable à tous les autres et d'un prix plus réduit, et qu'il critique la disposition italienne, à cause de la manœuvre difficile du bloc dont on a le poids à soulever, en plus de celui correspondant à la colonne d'eau du réservoir,

et à cause du coût du puits en briques, etc., il est certain qu'on peut avantageusement se passer aujourd'hui de ces systèmes très primitifs. Soit que Ton recoure à une vanne placée à la tête d'amont de Taqueduc, et que Ton manœuvre de Textrémité d'un appontement léger; soit

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Guidage et bonde Pareto.

que Ton emploie des tuyaux de fonte traversant la digue, engagés du côté de l'eau dans une tête en maçonnerie et fermés par des vannes en métal, glissant dans une rainure, on réalise des dispositions plus convenables pour la manœuvre fréquente des eaux d'arrosage , sans avoir à vaincre de trop fortes résistances.

Quand les réservoirs sont munis de deux bondes, l'une

au point le plus bas pour la vidange, et Tautre, plus élevée, pour le service des irrigations, il faut que chacune ait son canal de fuite et, pour faire perdre à Teau son excès de vitesse, que chaque canal soit précédé de petits bassins, ou d*empierrements sur une assez grande longueur, afin d'éviter les affouillements du pied de la digue.

Capacité. — Sur le point de savoir s'il vaut mieux construire un vaste réservoir très profond, ou plusieurs réservoirs offrant ensemble la même capacité que le réservoir unique, Pareto fait remarquer qu'un seul, quoique étendu, occupe moins de terrain et probablement perd moins d'eau, mais la construction est plus coûteuse et plus difficile ; d'ailleurs, il se trouve plus éloigné des terres à arroser et le canal d'amenée devenant plus long, est exposé à une déperdition d'eau plus grande; enfin, la digue étant plus haute, les accidents peuvent être plus fréquents, causer de plus sérieux dommages et amener d'un coup le chômage de toute irrigation , même quand il ne s'agit que de réparations (i).

L'emplacement de réservoirs ordinaires, offrant une profondeur d'eau jusqu'à la bonde, de 2 à 5 mètres, est plus facile à trouver dans une gorge, ou dans un pli de terrain que celui d'un grand réservoir de plus de 5 mètres de profondeur.

Siphons. — Le siphon peut avantageusement remplacer les bondes pour la vidange des étangs et des réservoirs, en même temps qu'il peut servir à l'emmagasinement des eaux, quand on dispose, dans de bonnes conditions, de tuyaux de fonte ou de tôle bitumée. Du reste, les siphons peuvent être établis en bois ou en ciment.

(1) Pareto. loc, cit., t. II. p. 375.

Pour la vidange des étangs, des appareils commodes sont établis qui permettent d'amorcer sans pompe, sans clapet, sans aucune pièce mobile, sujette à dérangement ou à engorgement. La courte branche du siphon plonge dans Tétang; la partie horizontale qui fait communiquer les deux branches est engagée dans la digue au niveau que leau doit atteindre et non pas dépasser, c'est-àdire à la hauteur du déversoir ou du trop-plein; la grande branche a son extrémité inférieure d'environ o",3o plus bas que l'extrémité de l'autre branche , mais elle est entourée d'un récipient de o",o5 ou o™,o6 de profondeur, au-dessus du fond duquel elle est maintenue, à une distance de o",o2 ou o",o3. C'est de ce récipient que l'eau s*écoule pour l'irrigation, ou pour la vidange.

Le jeu de l'appareil est facile à comprendre (i). Lorsque le niveau de l'eau dans le réservoir s'élève à la hauteur de la paroi inférieure de la branche horizontale du siphon, Teau commence à couler et remplit bientôt le petit récipient, de façon à intercepter la communication de l'orifice de la grande branche avec l'air extérieur. Dès lors, l'air qui est dans le siphon et qui est entraîné par la chute de l'eau ne peut plus être remplacé; peu à peu le siphon se remplit complètement d'eau, quoique le niveau de l'étang ne s'élève encore qu'au tiers du diamètre de la partie horizontale; l'amorçage du siphon est effectué. Le réservoir se vide jusqu'au niveau de l'extrémité de la branche intérieure.

Quand on veut empêcher que l'étang ne se vide,on enlève le récipient dans lequel plonge l'extrémité de la branche extérieure; le siphon n'agit alors que comme déversoir. Comme le débit d'une partie de l'eau de l'étang continue encore à se produire après que le siphon cesse de jeter à

(i) Raudot, Journ. agricprat., 4« série, t. Il, 1854.

flot, Raudot a imaginé de percer à o"*,o5 environ de l'extrémité de la branche intérieure un trou de o",o3 par lequel Tair s*introduit lorsque le niveau de l'eau descend à sa hauteur; il ne s'écoule plus alors aucune goutte d'eau par le siphon, jusqu'à ce que Tétang soit plein de nouveau. On trouvera au chapitre des machines élévatoires quelques données sur le débit des siphons.

Déversoirs, — Les digues d'étang doivent être munies de déversoirs que l'on construit en bois, en briques ou en pierres. On les place généralement , comme il vient d'être montré, à l'extrémité de la digue, de façon à établir le canal de décharge à flanc de coteau , et autant que possible sans chute. La largeur des déversoirs doit être telle que la tranche d'eau qu'ils débitent ne dépasse jamais o™, i5 à o",2o et n'acquière pas assez de vitesse pour dégrader les ouvrages; quelques mètres de largeur suffisent pour les réservoirs moyens. Lorsque la disposition des lieux oblige à établir le canal de décharge à une certaine hauteur en contre-bas du déversoir, il y a lieu de diviser cette hauteur en plusieurs chutes, séparées par de petits bassins, dans lesquels l'eau amortit sa vitesse. L'eau des déversoirs sert parfois aux arrosages d'hiver (r). Parfois aussi on établit, deux déversoirs pour faciliter l'envoi des eaux, soit dans le canal d'amenée venant de la bonde ou de la vanne, soit dans le canal de colature qui emmène les eaux ayant servi à l'irrigation. De même lorsqu'on arrose les deux versants d'une vallée et que deux canaux partent de la bonde , on établit deux déversoirs, l'un à droite, et l'autre à gauche du réservoir. Cette disposition se recommande si l'eau que reçoit le réservoir est en trop grande quantité pour être facilement débitée par un seul déversoir.

(0 Pareto, loc. ai., livre III, !'• partie, p. 390.

Nous donnons (fig. 54) en plan et en coupe, l'installation d'un déversoir en maçonnerie de briques, avec pont de service en bois , sur la crête de la digue. Pareto recommande des clayonnages, ou plus simplement encore des gazons, au lieu de maçonnerie, en insistant sur ce que la hauteur des seuils qui doivent être, pour le moins

Fig. 54. — ]^tang-r£servoir; plan et coupe ou déversoir en maçonnerie et du pont de service.

à o",6o ou 0^,70 plus bas que le couronnement de la digue, soit soigneusement fixée; ce qu'il conseille de faire à Taide de plusieurs piquets reliés par deux longrines formant moise et une rangée de palplanches.

Q.uand Tétang est alimenté par un canal dérivé d'une rivière, le déversoir a peu d'importance, puisqu'il suffit, letang rempli, de baisser les vannes de prise d'eau, et le déversoir ne sert plus qu'à l'écoulement de l'excédent dû à l'eau pluviale; mais lorsqu'il est alimenté par un ruisseau, le déversoir devient indispensable, et pour peu que le

ruisseau charrie du limon ou du sable, taut*il en outre protéger Tétang contre renvasement par un fossé de ceinture dans lequel on peut diriger au besoin, par la double vanne placée à la queue de Tétang, les eaux trop troubles. *. Étangs-réservoirs (Piémont). — Malgré un grand nombre de petits lacs, dont nous avons déjà fait mention, le Piémont a été amené, pour les besoins de rirrigation, à construire dans plusieurs localités des réservoirs artificiels plus ou moins vastes, parmi lesquels il y a lieu de citer les suivants, en regard de leur superficie, de leur profondeur et de l'étendue des terres arrosées (i), dans les provinces d'Albe et de Turin :

RéMrrolw. SurfM*. ^'°"^«" Étendue de» terwi

hoot. m.

Ternavasio 40 5. 00 60 hectares de prairies.

Oiivieri 6 3. 00 7 hectares de prairies.

Colombero 4 3 . 5o plus de 1 3 hectares de prairies.

Gallina 4 i . 3o plus de 8 hectares de prairies.

Palermo 5 3. 00 comprend 2 réservoirs arrosant 9 hect.

Pratolero 4 2.00 8 à 10 hectares.

Mourgian 2 2.3o 5à6 hectares.

Pralormo • 10.00 200 hectares de cultures diverses.

Les réservoirs de plus petites dimensions reçoivent outre les eaux pluviales et de sources, les écoulements des fosses à fumier, des eaux domestiques, de lavage d'écuries, etc», qui ajoutent des substances fertilisantes, utilisables pour les prairies.

c. Étangs-réservoirs (France). — En France, la plupart des étangs ne servent pas aux irrigations, et quand par exception on les emploie, c'est d'une manière spéciale ou incomplète, a. Une des principales causes qui empêchent, suivant Pareto, de construire des réservoirs pour les irrigations, autres que des étangs, c'est To-

(i) Vignotti, d'après Pareto, Journ. agric, prat., i863.

piiîion généralement admise qu'il faudrait les faire très vastes pour irriguer seulement une petite surface. » Cette opinion peut aller de pair avec celle « qu'il faut « avoir des terrains situés près des cours d'eau et pou- « voir y pratiquer des dérivations, pour faire des irri- « gâtions. » Or, on peut se procurer une grande partie de leurs avantages pour une foule de terrains éloignés des courants permanents, et même se passer d'eux, quand on éprouve des obstacles pour en dériver les eaux, en employant les eaux pluviales et les réservoirs (1).

Quoi qu'il en soit, les applications des eaux des étangsréservoirs, telles qu'elles se rencontrent en Piémont, ne se sont répandues en France que chez un nombre très limité de propriétaires et d'agriculteurs.

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