T. IH
s'étendant sur 36. 000 arpents (i) furent répartis, sous 'Hadrainistration du préteur Verres, entre 32 propriétaires, au lieu de 83, de sorte que les exploitations de 430 arpents furent portées à 1 100. De même, le territoire A/w^/cen^e avait été divisé entre loi propriétaires, au lieu de 188; et celui de Erbitense entre 120, au lieu de 257.
La Grande-Grèce. — Les Ioniens colonisèrent encore les provinces actuelles de la Fouille, de Bari, d'Otranteet desCalabres,qui formaient la Grande-Grèce. L'agriculture y était des plus florissantes; les tables d'Héraclée nous ont laissé un souvenir durable, remontant à Tan 3oo avant J.-C., des deux systèmes de culture alors usités : l'emphytéose et le fermage. On célébrait la fertilité du sol pour les céréales, comparable à celle des champs Léontins de la Sicile, de Garada en Syrie, et de Bysacium en Afrique. Les vins et les huiles y faisaient Tobjet d'exportations considérables par les ports de Tarente et de Sybaris. Comme en Sicile , cette production intensive des bonnes terres de la Grande- Grèce était due aux prairies et aux pâturages que l'abondance des eaux permettait d'enrichir.
D'après Strabon, la contrée de Tarente n'était pas très aquifère; mais le Galesus était bordé de magnifiques prairies , où paissaient les fameuses brebis pellitœ dont parle Virgile, à l'occasion des prés de Mantoue. Ce nom leur venait, dit Varron (2) de ce qu'on les enveloppait de peaux, comme dansl'Attique, afin de conserver la finesse de la laine et de la rendre plus facile à tondre, à laver et à teindre. Columelle (3) traite longuement des soins
(() L'arpent était la surface que deux bœufs pouvaient labourer en un jour.
(2) D(? agricuUura. lib. II, 2.
0) De re rustica, lib. VII, 4.
de nourriture et d'entretien qu'exigent les brebis grecques, dites de Tarente, et du prix plus élevé de leurs toisons. Horace chante les mêmes troupeaux en ces termes (i):
« De ces lieux fortunés si le destin m'exile, « Champs où régna Phalante, et toi, chère aux troupeaux, « Rive du Galesus, votre séjour tranquille a M'offrira du moins le repos (2). »
Pline mentionne que Tentretien des prairies arrosées était une des occupations les plus suivies des Tarantins dont les troupeaux fournissaient de la laine non moins estimée que celle de Milète, et des béliers pour l'amélioration des autres races. Enfin, Athenius reconnaît que, grâce seulement à la fortune et à l'industrie de ses habitants, Sybaris dut de pouvoir creuser des canaux pour l'irrigation des terres. Les eaux venaient des rivières Gratis et Sybaris, descendant des monts Lucaius (3); et celles d'Héraclée, des deux cours d'eau navigables, Siri et Aciri. Toute la plaine en herbages, de Conia,où se trouvait Héraclée, était arrosée par les eaux du Sirus, Sinus, ou Semnus (4).
Dans une des tables d'Héraclée, relatives au bail de la ferme de Bacchus, le règlement des irrigations est indiqué comme il suit :
« Il est défendu de pratiquer des prises d'eau dans les
(I) « t'ndc si Parcœ prohibent iniqua*
■ Dulce pellitis ovibusGalesi « Flumen et regnata petam Laconi « Rura Phalante. • [Odes^ Ht. II, iv).
(3) Traduction de De Wailly; Tarente dut son développement à la colonie de Lacédémoniens qui l'occupa sous la conduite de Phalante.
(3) Diodore,X et XXII.
(4) Licoph. in Cassand,
i)8o LES IRRIGATIONS.
canaux et rigoles qui traversent les terres ; l'eau n'étant dérivée que pour l'irrigation, tous les soins devront être apportés pour ne pas la gaspiller, ni l'arrêter. Le fermier devra curer les canaux et les rigoles sur les terres, toutes les fois qu'il sera nécessaire... Quiconque transgressera ces prescriptions sera condamné par les préfets urbains en fonction, à l'amende et au rétablissement de l'ancien état de choses (i). »