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IV. LA RIZIÈRE

Quoique le riz ne semble pas mériter aux yeux des hygiénistes(2) tout Tintérét que son usage comporte comme l'aliment de plus des deux tiers de la population du globe , il constitue la plante par excellence de Tirrigation. L'eau est, en effet, l'agent fondamental et indispensable de la végétation du riz qui en tire sa principale nourriture : loin d'épuiser le sol, sa culture suivie pendant deux ou trois années, offre l'avantage de réparer les terres fatiguées par la production des céréales. Tous les terrains lui conviennent, quand ils sont aptes à retenir les eaux. Comme plante annuelle, il n'exige pour accomplir sa végétation dans une couche d'eau qui recouvre le sol sur une épaisseur moyenne de o",i5, que six mois de l'année, sous les climats tempérés.

Mûrissant avant les premiers froids de l'automne, il offre un moyen efficace de défrichement, car il n'est guère de terrain, si inculte qu'il soit, qui ne puisse produire avec un peu de soin, par le bénéfice des eaux, une récolte de riz, à la suite de laquelle le terrain pris à l'état de friche, dût-il être mis en pâturage, aura gagné plus de cent pour cent de sa valeur (3).

(1) A. Beith, Wiener Landw. Zeitung, avril 1887.

(2) A. Payexi, des Substances alimentaires, 1854, p. 134.

(3) Nadault de BufTon, Hydraulique agricole, t. Il, p. i3o.

Bien récolté, le riz en grains se conserve indéfiniment, sans altération; il souffre moins de Thumidité que les autres céréales. L'eau froide a peu d'action sur lui; il est peu falsifié et se consomme sans préparation préalable. On conçoit d'après ces nombreux avantages que le riz, quoique plus pauvre que les autres grains en substances azotées, en matières grasses et en sels minéraux, se soit répandu sur d'immenses surfaces, depuis les rives du Pô jusqu'à celles du Gange, depuis les plaines de Valence (Espagne) jusqu'à celles de la Caroline du Sud et de la Chine.

L'eau agit sur la végétation du riz, non seulement comme moyen d'humecter, de diviser et d'amender le sol, mais encore comme support de la plante qui naît trop tendre et trop frêle pour braver les intempéries atmosphériques. L'eau quoique limoneuse ne convient pas moins pour les rizières auxquelles elle procure presque toujours un excellent amendement; elle exhausse en outre, le sol des bassins de submersion, en les assainissant et les appropriant à d'autres cultures. Les sédiments abandonnés par l'eau dans les rizières stagnantes, finissent par donner au sol vierge un engrais précieux, en vue de sa mise ultérieure en culture.

Nous avons déjà décrit comment la submersion s'opère et en particulier comment s'installent les rizières qui dépendent de ce mode d'irrigation (i); nous exposerons maintenant les faits particuliers de la culture du riz dans les divers pays producteurs.

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