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FRANCE

Le riz était cultivé avec succès au siècle dernier dans le Roussillon. 11 était non seulement recherché en plusieurs provinces pour sa qualité qui le faisait préférer au riz du Levant, mais aussi pour son bon marché. Les Catalans principalement venaient Tacheter à Perpignan, et donnaient en échange du sel fossile de Cardonne. Un arrêt du conseil souverain de la province prohiba la

(i; G. Cantoni, loc. cit., p. 19.

culture vers 1745; les exhalaisons des lieux marécageux oU Von sème le riz y causait des maladies et la mortalité. \ Dans son intéressant mémoire daté de 1745, Barrère

N indique que « pour détruire le préjugé qui pourrait en-

core subsister à cet égard », on n'aurait eu qu'à cultiver \e riz une année sur trois, et à exiger que les terrains semés en rizières fussent assurés d'un écoulement commode, à une certaine distance, et au-dessous du vent des villages voisins. « Il est d'ailleurs démontré, ajoute-til, par les registres mortuaires des paroisses qu'il n'y a pas eu moins de morts depuis la défense de cultiver le riz, dans ces cantons et dans le reste de la province (i;. »

Le Roussillon tfrait autrefois un double avantage de cette culture ; d'abord l'argent apporté dans le pays, et puis la conversion au bout de deux ans, des terres salées en friche, ou salsurras, en terres à blé excellentes. Après plusieurs essais successifs, remontant à i663, la culture du riz fut introduite de nouveau en 1844 dans les terrains salés du delta du Rhône. En 1847, on comptait un demi-millier d'hectares ensemencés; sur la terre de Paulet (compagnie anglaise de la Camargue) ; au château d'Avignon, Camargue; à Mandirac, aux environs de Narbonne (compagnie Lichtenstein; au grand Passou, sur la rive gauche du grand Rhône; à Beaucaire, sur les bords mêmes du canal; etc. Les résultats s'annoncèrent peu favorablement ; pour une dépense de culture et d'établissement, variant entre 5oo et 700 francs par hectare, le produit brut s'était seulement maintenu entre 5oo et 600 francs (i).

Les compagnies formées par les propriétaires dans le

(1) Barrère, Hist. de la Soc. Roy. des sciences de Montpellier, t. II, p. 3o}. (2; H. Peut. Du delta du Rhône, pièce justificative, n" 2; récolte du W; en 184^; Paris, i84«. p. 3;.

but d'étendre rexploitation des rizières de la Camargue ne tardèrent donc pas à liquider d'une manière désastreuse. Le riz exigeant au moins trois fois autant d'eau que la prairie naturelle arrosée, les dépenses de canalisation, ou les frais d'élévation, absorbaient la plus grande partie du bénéfice réalisable; les intérêts des capitaux considérables engagés dans l'opération absorbaient le reste et au delà.

D'autres tentatives mal conduites, aux environs de la Rochelle et dans le bassin d'Arcachon, furent marquées par de coûteuses écoles, comme elles l'avaient été au dernier dans la Drôme et dans la vallée de la Limagne , siècle sous le ministère Fieury (i).

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