LES MALADIES DU RIZ
Le riz, en Italie, est soumis à un certain nombre de maladies ou d'altérations pendant sa croissance, dont quelques-unes ont fait l'objet de recherches spéciales,
(I) F. De Luca, Bolletino consolare SItaiia, 1866.
12) Vegetable substances^ loc. cit.^ p. 94..
13) Report ofthe commissioner of agriculture for the year 1877, p. lyb, {4i Boussingault, loc. cit.^ p. 478.
dans le but de prévenir les dommages qu'elles causent aux récoltes.
Une première affection, connue sous le nom de caducité, offre les caractères suivants; le grain mal nourri, roux, de mauvais goût, tombe à la moindre secousse du vent et se perd pendant la coupe. Le remède consiste à laisser reposer la terre par une autre culture, et à ne reprendre qu'avec d'autre grain comme semence.
Le selone ou grappo constitue une seconde maladie qui empêche la maturation des épis. La cause en est dans la saison froide et pluvieuse, parfois dans l'emploi d'eaux trop froides, ou bien, dans l'ensemencement trop tardif. On remédie partiellement à cette altération en évacuant pendant quelques jours l'eau de la rizière, pour que le soleil puisse agir quand le grain est en formation; mais le plus souvent, il vaut mieux semer plus tôt, et n'employer que des eaux moins froides.
La troisième affection qui donne lieu aux plus fortes avaries dans les rizières, est la rouille, désignée suivant ses différentes formes, sous les divers noms de carolo, tarlo, ou brusone. Elle est le résultat d*un excès de végétation. La plante qui a crû vite et luxuriante jusqu'en juillet, tirant au vert foncé, au lieu du vert jaunâtre se couvre tôt ou tard de taches rougeàtrcs ou noirâtres, qui la font promptement dépérir. C'est surtout dans les rizières nouvellement installées et à forte production que sévit la rouille. On n'a trouvé d'autres remèdes jusqu'ici contre la brusone que dans le choix et la bonne préparation du grain de semence et dans les sarclages répétés qui débarrassent le sol des parasites animaux et végétaux.
Sanseverino indique (i) un remède contre le brusone,
(1) F. Sanseverino, loc . cit,, p. 109.
LES IRRIGATIONS. ii5
quand il apparaît en juillet, qui consiste à retirer l'eau
et à couper les tiges à mi-hauteur. On laisse la rizière
à sec pendant 8 ou lo jours jusqu'à ce que la tige se
raffermisse; puis on donne Teau de nouveau, et si la
plante a pris la teinte jaunâtre une semaine après, on
peut espérer avoir sauvé la récolte.
Le carolo ou tarlo s'annonce par des taches noires sur la tige, lorsque le grain commence à mûrir; la tige ne pouvant plus soutenir le poids de Tépi, s'affaisse et pourrit dans l'eau. Dès qu'on voit poindre les taches, on augmente le plus souvent le débit des eaux d'irrigation, mais Sanseverino se fondant sur sa propre expérience, n'a réussi à entraver le mal qu'en retirant l'eau et en laissant la rizière à sec pendant deux ou trois jours, puis en redonnant l'eau pendant le même laps de temps. Cette manoeuvre qui serait dommageable dans les conditions de culture ordinaire, n'a d'autre but que de hâter le durcissement du riz, et dès lors il ne souffre plus du tarlo.
D'après les recherches du professeur Garovaglio, suivies dans le laboratoire de Pavie, le brusone et les autres maladies qui s'y rattachent, sont causés par un cryptogame parasitaire qui vit intérieurement dans la tige, la stérilise et consume la plante dont il ne reste que l'enveloppe pailleuse.
Une autre maladie plus rare, désignée sous le nom de marino, non moins funeste que la rouille, se révèle par une coloration blanchâtre de la tige; celle-ci se noircit au nœud supérieur et les épis se forment à vide, quoique les feuilles, le stèle, les racines soient très sains. Garovaglio attribue cette affection à une anomalie pendant la fécondation (i\
ii6 LES IRRIGATIONS.
En 1876, une affection spéciale, sclero:[io, causée apparemment par un parasite végétal, s'est caractérisée par des taches noires couvrant la partie de la tige plongée dans l'eau. L'épiderme se déchire et le haut de la plante dépérit. Contre cette maladie, on a recommandé de couper et d'incinérer le chaume du riz infecté.