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Arrosages par déversement

Quand l'arrosage se pratique par déversement, la

(I) Joum, agric. prat,^ 1879, t. I, p. 620.

durée et l'intervalle des opérations ne sauraient être déterminés, dans les circonstances si variables du climat, du pouvoir absorbant des sols, de leur perméabilité, de la nature des eaux, etc., que par le degré de saturation de la terre. Dès que les colatures se rapprochent sensiblement du volume débité, l'arrosage doit être suspendu, car en tenant compte de Tévaporation, on peut affirmer qu'à ce moment le pouvoir absorbant a cessé de fonctionner. Grâce à cette considération, dans le Nord, comme dans le Midi, quelles que soient les modifications climatériques , les irrigations des prairies d'hiver pratiquées pendant le repos de la végétation, contribuent à l'enrichissement du sol et développent la production.

Si les premières eaux d'automne, en novembre, sont les plus fertiles, à cause des détritus des champs labourés et fraîchement fumés, encore faut-il que les rigoles soient curées et que les vases n'y forment pas de bourrelets, afin que les eaux puissent être données aussi souvent et aussi longtemps que possible. Sans un jeu régulier des rigoles, il n'y a pas à songer aux arrosages continus d'hiver. C'est seulement lorsque la prairie est recouverte d'une mince nappe liquide, mais continue, que les grands froids peuvent arriver, sans que le collet des herbes soit atteint par les glaces superficielles.

En pays de montagne, les hautes prairies sont arrosées, dès le mois de novembre, par les eaux des sources , mais aussitôt qu'il y a menace de gelée ou de vents trop desséchants, les eaux sont, retirées; de telle sorte que les arrosages ne sont réellement favorables qu'en plein dégel, appliqués après les froids du matin, et avant ceux du soir, vers midi. Il est rare qu'à de grandes élévations , on puisse baigner d'eau tiède tout l'hiver, des prairies même bien orientées au midi. Quand cela est

possible, ces prairies fournissent au printemps plusieurs coupes successives qui mélangées au foin sec, sont précieuses pour le bétail que Thivernage a amaigri (i ).

Lorsque la végétation reprend, la durée des arrosages ne dépend plus que des efiFets de Teau en excès sur la qualité des fourrages, et de la profondeur à laquelle elle pénètre dans le sol pour baigner les racines, La fréquence est en même temps subordonnée à Tétat moyen d^humidité de la couche superficielle, eu égard à la température ambiante, le sol devant jouir d'un degré de température inférieur à celui de l'atmosphère pour que la végétation s'active, abstraction faite des engrais.

Si les eaux vives sont abondantes , on les donne au printemps pendant quelques Jours d'abord; on suspend alors leur arrivée, puis on les rend dans les rigoles, et ainsi de suite, jusqu'à ce que Therbe soit en état d'être fauchée. Après la première coupe, on procède de nouveau par arrosages intermittents jusqu'au moment de la récolte du regain.

Sous un climat chaud, l'arrosage avec les eaux vives se fait pendant deux mois, dès le printemps; on arrête avant la coupe; l'eau est rendue ensuite durant trois semaines afin de développer la seconde pousse. Après la dernière coupe, on irrigue encore jusqu'à ce que la prairie soit en herbe. Dès lors, on cesse l'irrigation, et quand le sol est assez rafiFermi , on le livre au pâturage (2. En règle générale, mieux vaut un arrosage complet qu'un demi-arrosage tous les deux ou trois jours.

Si l'on ne dispose pas d'un grand volume d'eau , l'irrigation se fait partiellement, les rigoles devant être ali-

(0 F. \idalin, Journ. agric. prat,, 1880.

• 3» Bouasingault, Économie rurale, 2* édit., i85i,t. II.

mentées à tour de rôle, mais la prairie prise dans son ensemble est arrosée d'une manière continue.

Au printemps, lorsque l'on redoute des gelées nocturnes, on se borne à irriguer pendant le jour. Dans la même saison, quand il souffle un vent violent et froid, il est prudent de suspendre les arrosages, de crainte d'un refroidissement trop grand.

En dehors de ces préceptes soumis au régime climatériquc de la contrée, il ne faut pas oublier la recommandation suivante de Boussingault, que toute irrigation pour être profitable, doit être intermittente; le séjour prolongé de Teau qu'anime une certaine vitesse détermine la croissance de plantes aquatiques qu'il importe d'empêcher; l'eau doit couler d'ailleurs avec lenteur afin qu'elle dépose son limon, sans que les herbes soient déchaussées et que la terre végétale soit entraînée.

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