VI. LE HAÏS
Le mais qui a une importance au moins égale à celle du blé pour certaines contrées, ne vient pas sans eau dans beaucoup de pays chauds. La quantité qu'il consomme par arrosage est un peu plus forte, en général, que celle utilisée pour les céréales. Il réclame deux ou trois arrosements et même davantage pendant sa croissance, mais seulement jusqu'à la formation des épis.
Comme les autres plantes intertropicales, le maïs résiste assez bien aux sécheresses ordinaires; il ne végète toutefois en plein que lorsque les étés sont chauds et humides. Cest pourquoi il est luxuriant en Italie, en Espagne , en Egypte, lorsqu'on le cultive à l'arrosage. Du reste, suivant la nature des terres et suivant les variétés, la température moyenne de certaines contrées telles que l'Amérique, depuis le Chili jusqu'à la Pensylvanie (2', est assez élevée pour que la végétation du maïs s'accomplisse rapidement, sans qu'il soit nécessaire d'arroser; tout dépend alors des pluies qui mettent fin aux sécheresses trop prolongées. Le maïs a pu passer autrefois pour le véritable blé des Américains, il est en effet cultivé aux États-Unis sans recourir à l'irrigation, comme aussi depuis Téquateur, jusque sur le haut plateau des Andes, à l'altitude de 2,800 mètres; c'est-à-dire qu'il végète sous l'influence d'une température constante variant entre 27**,5 et 14", ce qui explique comment le maïs a pu s'introduire aussi généralement en Europe.
(1) O'Meara, Bull. Min. Agric, i885.
(2) De Humboldt, loc. cU., U II, p. 408.
Il réussit aligné dans tous les terrains convenablement fumés , sablonneux et argileux ; mais il redoute une température trop froide. Ce n'est que dans les pays déjà très chauds que Talignement devient moins nécessaire. La maturité s'y produit en moins de trois mois, au lieu de six mois, comme en Alsace. Boussingault rappone, à ce sujet, qu'il pourrait citer des haciendas au Mexique, oti Ton fait quatre récoltes considérables de mais dans une année (i), mais les cultures y sont arrosées. « Au reste, ajoute-t-il, et je ne saurais trop insister sur ce point, l'agriculture des régions chaudes des tropiques, n'ofifre d'avantages assurés qu'autant qu'on peut arroser. » Bien plus, l'irrigation est susceptible de modifier la culture du maïs au point de le rendre mûrissant jusque sous la latitude de l'Angleterre.
Dans les expériences que M. Hopea suivies à Parsloes, sur l'arrosage du maïs à l'eau d'égout , il a constaté qu'à la condition de le semer dans un sol perméable et de le protéger contre les effets d'un été précoce, succédant à un printemps froid, le maïs mûrit sous le climat du comté d'Essex (2). En admettant que , malgré l'action énergique de l'eau d'égout sur la croissance du maïs, Pété n'étant pas assez chaud, l'épi ne mûrisse pas parfaitement, on peut récolter 5o tonnes par hectare de paille, tiges, spathes et panicules que les bestiaux et les chevaux mangent avec avidité. D'après ses essais, M. Hope estime le rendement de l'hectare de maïs à raison de trois pieds par mètre carré, arrivé à maturité par l'irrigation, à 45 hectolitres de grain pesant 67 kil. l'hectolitre.
France. — Sur toutes les terres où elle est possible
(i) Boussingault, Economie rurale, 1. 1, p. 472. \2) institution qf surveyors; Transactions, 1869. T. m.
i3o LES IRRIGATIONS-
dans le Midi, Tirrigation rend les tiges du maïs plus fortes et accroît notablement son produit en grain.
A moins que les terres ne soient très sèches ou trop perméables, on arrose deux ou trois fois par mois. Un excès d'eau aurait pour effet de faire languir la végétation et de ralentir la fructification; aussi le billonnagc se prête-t-il mieux à Tarrosement du maïs que le labour à plat qui n'assure pas à chaque arrosage une imbibition aussi complète de la couche arable.
Les arrosages se font surtout entre le coucher et le lever du soleil. Semé dans le Languedoc, le Béarn, etc.vers la fin d'avril, le maïs se récolte en octobre; la même variété mûrissant plus tôt dans une terre chaude que dans une terre froide. Dans le Tarn, par exemple, on n'opère souvent la récolte des épis qu'après les premiers froids.
Le maïs est semé en lignes, dans les Hautes-Pyrénées, soit par des raies ouvertes à l'aide du rayonneur, et la semence est alors recouverte avec le pied ; soit en répandant les semences derrière la charrue, sans raies, mais par rayons à angle droit. Les semis se font pendant la seconde quinzaine d'avril, ou la première de mai. On éclaircit quand le maïs a o™,o6 environ de hauteur et on bine avec la ra:{ère; quand la hauteur a atteint de o'",i8 à o«*,25, on butte avec le ra:{ereau et Ton arrose quand les irrigations sont faciles (i).
Vers la fin d'août, on écime en coupant les panicules au-dessus du nœud qui domine le dernier épi; le bétail mange les têtes en vert. Un mois plus tard, on effeuille, pour récolter les épis en octobre, quand les grains sont déjà jaunes ou blancs. Le maïs qui donne en moyenne
(i) Heuzé, les Primes d'honneur en rfiOj; p. Sôg.
LES IRRIGATIONS. i3i
20 hectolitres par hectare, rend 40 hectolitres dans la
plaine admirablement irriguée de Tarbes.
Italie. — Dans la vallée du Pô, le maïs est arrosé sur
tous les sols où les irrigations sont praticables,
A moins que les terres soient très sèches, le nombre des arrosages ne dépasse guère deux ou trois par mois, ou 12 par saison; mais il est souvent réduit à moitié. L'excès d'eau peut causer les plus graves dommages à cette culture, car le développement de la plante n'est plus en rapport avec celui des épis, et la maladie si funeste du charbon {Uredo maydis) se développe rapidement (ij.
Dans la Lomelline où le sol irrigable est meuble et frais, il est recommandé d'épargner les arrosages, à moins d'un besoin absolu, afin d'obtenir un rendement abondant et une bonne qualité de grains jaunes-rouges.
Le mdAs^meligay melgone,formentone» granone, grano turcoy que Ton cultive dans la vallée du Pô, appartient à quatre variétés principales : le maggengo (tardif d'automne), jaune et blanc, que Ton sème en avril et que l'on récolte en septembre, ou au commencement d'octobre; Yagostano{d^éxé) qui se sème au printemps, mûrit à la fin d'août et se récolte fin septembre, quand on l'ensemence après un trèfle, ou une navette; Vagostanello I petit maïs d'été), plus petit que le précédent, semé après le lin, après le seigle, ou même après le blé hàtif, que l'on récolte au commencement d'octobre; et le qua-
rantino (quarantain) que l'on sème d'ordinaire après le
froment, pour le moissonner en octobre.
Un grand nombre d'autres variétés ont été introduites
ou formées par sélection, depuis celles de l'Amérique
(Pensylvanîe, Virginie, Caragua, etc.) qui exigent une
(0 Bellinzona, Inchiesta agraria, loc, cit.
i32 LES IRRIGATIONS.
température plus élevée et un sol très humide, jusqu'aujc variétés naines dont les épis se forment près de terre sans que la tige s'allonge inutilement (i).
Dans les variétés d'automne {maggengo ou pignolino), la. panicule est longue et cylindrique; les grains sont disposés très régulièrement, légèrement déprimés, oblongs, de couleur orangée, de consistance presque cornée et semi-transparente.
Dans les variétés estivales {agostano, agostanello), la panicule est moyenne, plutôt courte, souvent aplatie et élargie du haut; le grain est serré, jaune et de grosseur moyenne.
Quant aux variétés à végétation rapide {quarantino^ cinquantino, sessantino) qui dure quarante, cinquante, soixante jours, l'épi est plus court ; le grain est plus jaune, parfois orangé, arrondi, à écorce fine et unie. Ce sont ces variétés que Ton cultive presque uniquement dans les terrains arrosés, en continuation immédiate d'une autre sole ; mais elles sont moins productives. On les récolte également en Toscane, dans la plaine de Lucques qu'arrosent les dérivations du Serchio, et dans celle de Salerne, desservie par les irrigations du Sele. Le poids de Thectolitre du maïs précoce est souvent inférieur à celui des autres variétés d'automne et d'été; mais le développement de la paille est plus considérable (2).
L'ensemencement se fait en lignes, la terre ayant reçu depuis l'automne quatre ou cinq façons. Le tableau IX indique les données moyennes de l'époque de l'ensemencement et du rendement pour les quatre variétés principales.
(i) Cantoni, loc. cit., p. 20,
(2) Lltalia agraria e forestalCy p. 92.
Tableau IX. — Rendement des variétés de maïs dans la haute Italie.
TARiArÉa
Époqa* 40 matiirité.
KeDdenicnt enhectoUtr»
pM hectare.
Poldi de l'hectolttre.
Maggengo
Agostano
Agostanello
Quarantino
Avril
Fin avril
Fin iuin
kll.
Juillet
Dans certaines localités, on procède à Técimage du mais icimatura)^ quand la fécondation a eu lieu, dans le but d'enlever les fleurs mâles, avec une partie de la tige qui porte deux feuilles. Cette pratique qui se motive par Tarrêt du mouvement ascensionnel de la sève au profit de répi, de même que celle de refîeuillage, peu de temps avant que le grain mûrisse, qui assure une certaine quantité de fourrage vert et facilite la maturation des panîcules, n'ont d'autre effet, comme de nombreuses expériences l'ont démontré, que de réduire de 10 pour 100 le produit évalué au volume, et de i3 pour 100 le produit évalué en poids (\).
La culture du maïs d'hiver pratiquée dans le district de Crema (2), comporte, dès le commencement de l'hiver précédent, un premier labour profond, afin de laisser le sol exposé à l'action du gel et de l'atmosphère; puis, au mois de mars, un second labour, après lequel on répand le fumier; et de suite après, un troisième labour qui pré -
(I) Cantoni, loc, cit., p. 21.
(2» Sinscfcrino, loc. cit., p. 85.
i34 LES IRRIGATIONS.
cède la semaille. On ensemence à la volée, à raison de i lo litres par hectare. Quinze jours après que le maïs est levé, c'est-à-dire à la fin de mai, ou au commencement de juin, les plantes n'ayant que trois ou quatre feuilles, on donne un premier binage, afin que Pair, la chaleur et la rosée agissent sur les radicelles, en favorisant leur extension, et pour extirper les mauvaises herbes. On donne un deuxième binage dix jours plus tard; mais malgré son utilité, cette façon n'est pas toujours possible à cette époque de Tannée où les travaux sont multiples. Dans la deuxième quinzaine de juin, on enlève de nouveau les mauvaises herbes et on butte les pieds pour rechausser les plants. Au mois de septembre enfin, quand la maturation des panicules s'approche, on effeuille afin de donner du fourrage aux bœufs.
Aussi bien que pour le mais cinquantain qui se sème fin juin après blé, on ne doit jamais négliger de donner Teau au maïs d hiver, tous les huit ou dix jours, quand il ne pleut pas. Sanseverino estime le rendement àwformentone arrosé à 40 pour un (43 hectolitres par hectare), et celui du cinquantino récolté en octobre, à4o hectolitres. Le quarantino qui succède en Lomelline, à la récolte du lin, ou bien au froment et à l'avoine, peut se passer d'irrigation, mais il donne un produit inférieur, quoique suffisant (i),
A Monteleone (Calabre), le maïs se cultive indistinctement dans les terres sèches et dans les terres arrosées. Sur ces dernières, le sol est dressé en terrasses à faible pente et fumé à l'aide de composts mélangés avec le fumier des étables ou des bergeries. On laboure à la houe à o",3ode profondeur et on sème en ligne le plus souvent par poquets espacés de 3o centimètres. Les façons con-
(i) Pollini , Inchiesta agraria, loc, cit.
LES IRRIGATIONS. i33
Siistent en sarclages^ en buttages et en effeuillage après sélection des plantes les plus robustes. Les arrosages se xenouvellent dès que la surface commence à se crevasser; ils continuent jusqu'à la maturité du grain, les feuilles et la tige étant pour ainsi dire desséchées. Tandisque dans les collines, on arrose de la mi-mai jusqu'en octobre, dans la montagne les arrosages s'étendent de ia mi-juin jusqu'en septembre. Après l'enlèvement de la récolte d'automne, on procède à une irrigation hivernale qui consiste à laisser couler Teau d'une manière continue pendant lo ou 12 jours sur chaque terrasse successivement. Par cette irrigation qui développe l'herbe en vue de l'enfouissement pour la fumure du maïs, on utilise aussi bien les eaux de sources que celles des torrents et des réservoirs, plus ou moins limoneuses et fertilisantes en cette saison (i).
Sur le littoral de la Sicile, le mais ne fructifie que s'il est arrosé pendant les mois de juin et de juillet; aussi la nécessité de l'arroser à cette époque de Tannée le fait-il souvent exclure de Tassolement. Dans les terres irriguées l'arrosage s'effectue par compartiments, ou caselle (2).
XSspagne. — Plus exigeant que le froment comme arrosage, pendant la courte période où il végète, le mais se sème sur billons, de manière que chaque plant bien rechaussé reçoive par les racines l'humidité voulue. Au bout de 20 jours, le buttage ayant été pratiqué, on arrose toutes les semaines, ou une fois par quinzaine, selon le terrain et le climat. On compte ordinairement sur 4 à 8 arrosages (2).
Datts la huerta de Valence, on sème le maïs du i5 au 24 juin, après le froment; mais dans les terres lais-
I) G. Morabito, Inchiesta a^raria, vol. IX, fasc. 2. (2) A. Damiant, Inchiesta agraria, loc. cit. (3; Llaurad6, loc. cit.. t. K pp. 53 et 404.
i36 LES IRRIGATIONS.
sées en jachère, on sème en mai, et jusqu'à la fin de septembre, on distribue huit arrosages.
Young observe que dans la vallée de Pons (Catalogne^ le maïs arrosé a de 7 à 9 pieds de hauteur en juillet; semé dru, il est déjà en épi à cette époque de l'année (i).
Egypte. — Le maïs joue un rôle spécial dans l'alimentation du fellah et, par conséquent, dans Tagriculture égyptienne; aussi, le cultive-t-on dans toute la contrée du Nil, comme récolte intercalaire. Il ne reste en moyenne que trois mois sur pied, dans Tintervalle entre les récoltes d'été et celles d'hiver.
Dans la région des bassins de la haute Egypte, on fait venir le maïs partout où en creusant peu profondément, on rencontre des eaux d'infiltration que l'on remonte à la surface à Taide des chadoufs. Les semailles se faisant en mai, les récoltes s^enlèvent au mois d'août aussitôt que les bassins se remplissent et que la première montée de la crue peut être mise à profit. Si les semailles se font fin août, l'arrosage est facilité par les eaux en crue qui submergent le pied des récoltes.
Le terrain est divisé par de petites banquettes, en carrés de 25 à 3o m. de surface, et on sème le grain dans des tranchées de 0°, 10 de profondeur où on Tenterre, puis on arrose pour bien humecter et activer la germination. Dès lors, les arrosages se succèdent régulièrement tous les 8 ou 10 jours.
Dans la basse Egypte, comme ailleurs dans toutes les terres irriguées, le maïs se cultive comme récolte de printemps, semé en mai, ou comme récolte d'automne, semé en août. En vue d'une culture économique, on arrose autant que possible à l'aide des chadoufs, ou par
(1) A. Young, loc. cit., p. 401
des rigoles^ sans recourir aux sakiés, ni aux machines à vapeur. Pour hâter son développement, dans Tassolement intensif des terres irriguées, on fume le maïs avec des cendres et des terres plâtrées ou nitratées. L'ensemencement se fait dans les sillons, et Tarrosage a lieu tous les quinze jours pendant deux mois et demi environ; soit six arrosages en tout (i).
VIL LES MILLETS ET SORGHOS.
Le millet réclame une humidité soutenue, à partir du moment oti il développe sa panicule; mais Tirrigation cesse avant la formation du grain. La vigueur de la plante est indiquée par son feuillage qui doit rester d'un vert sombre. Comme pour les céréales, l'arrosage est moins fréquent dans les terres argileuses que dans les terres calcaires ou siliceuses.
Comme plantes alimentaires, les sorghos cultivés appartiennent plutôt à l'agriculture des contrées équatoria- ' les. Aussi, sauf le sorgho commun qui mûrit au midi de
"^^ la France, en Italie, etc., les autres variétés se localisent
en Egypte, dans l'Inde, au Sénégal, etc.; telles sont le sorgho élevé et le sorgho noir ou des Cafres, les sorghos d'Alep, le dourah des Arabes, etc.
Italie. — Le millet {Pâmicum miliaceum) est plus cultivé en Lombardie où il suit le froment et le lin, que dans le Piémont et la Vénétie. L'extension de la culture du maïs s'est faite aux dépens de celle du millet, qui exige les mêmes soins comme arrosage et comme sarclage, et n'arrive à maturité qu'en octobre. Le panis {Panicum italicum) est surtout semé pour
1 {i) Barois , loc. ci7., p. io5.
i38 LES IRRIGATIONS.
fourrage. Comme le millet, il se fauche le plus souvent en septembre, en vue de la nourriture à fournir aux bêtes de travail.
La production moyenne du millet comme grain, est de 28hectol. par hectare; Thectolitre pèse 70 kil. quand le grain n'est pas nettoyé de sa balle, ou 45 kil. nei. On révalue comme fourrage en vert à 2,5oo kil. par hectare; tandis que le panis rend seulement i,5oo kil. (i).
Les millets à épis sont cultivés à Tarrosage dans la plaine de Lucques où ils acquièrent des tiges élevées et fortes, et des épis bien garnis. Les terres sont le plus souvent légères, mais propres et de bonne qualité, dressées en planches étroites, ou en petits billons (2).
Le sorgho ou meliga dont la culture est beaucoup plus développée dans la vallée du Pô que celle du panis. appartient à Vt^^bcQ Sorghum vulgare-, une variété offre un épi très délié, très long et pendant, quand il est mûr; et l'autre, au contraire, a un épi droit, conique et serré, avec une tige beaucoup moins élevée.
Espagne. — A Lorca, le millet {pani:(o) reçoit trois ou quatre arrosages pendant sa végétation ; dans la Manche, il en reçoit davantage, quoique la plante plus délicate se ressente immédiatement de Texcès de Teau.
Egypte. — Le dourah qui n'est qu'une variété de sorgho, joue à peu près le même rôle que le mais dans la culture intercalaire et la nourriture du fellah égyp tien. Du reste, comme mode de culture, comme arrosage et comme produit, le dourah est tout à fait le similaire du maïs; il n'y a pas lieu de répéter ce qui a été déjà décrit.
Dans la basse Egypte, on demande au sorgho deux récoltes par an, en le semant au i5 mai, et ensuite au
(1) SanseTerino, loc. cit., p. 84.
(2) G. Heuzé , Agriculture de l'Italie septentrionale^ p. 23o.
LES IRRIGATIONS. iSg
1 5 août. Les semis faits en lignes sont arrosés à côté
de chaque ligne, par une rigole que dessert une roue
ou une noria.
Inde. — Les cultures de millets dans Tlnde sont
arrosées tous les huit jours ; celles des sorghos également, jusqu'à maturation des panicules.
Les millets {kodo et murwa) forment Taliment principal des districts de Gaya et Chéta Nagpur, dans le Bengale; on les sème après les pluies et on les récolte en mars. Dans le Mysore, le ragi, millet à grain très petit et foncé {eleusine corocana)^ occupe 66 pour cent des terres cultivées, et le riz 24 pour cent seulement; tandis que dans la présidence de Bombay, c'est le gros millet [jojêfarî) qui occupe la plus grande surface, puis le petit millet {bajri)y et le riz vient au troisième rang. Les millets bajri exjowari sont les principales céréales cultivées dans le Sind (i).
Le gros millet {Sorghum vulgaré) a les mêmes usages que le maïs en Amérique. Le grain beaucoup plus petit est plus tendre et plus sujet à l'attaque du charançon. Les tiges, fanes et panicules servent, après avoir été hachées, à nourrir le bétail. Les petits millets de diverses variétés, à grain fin et dur, fournissent une farine non moins nourrissante que le jowari. Le grain lui-même est susceptible d'exportation; il est en tous cas d'une culture plus étendue dans les sols pauvres; ce qui permet de réserver les céréales pour Talimentation des Hindous (2).
Vin. LES RACINES ET TUBERCULES.
L'irrigation appliquée aux racines et aux tubercules
(0 East India ; progress and condition during 1872-73 , p. 34. (2) D' Royle, toc. cit., p. 191.
dans les pays du Nord, permet à leur croissance de ne point s'arrêter pendant la périoe de sécheresse, et sous ce rappon, leur produit ne peut qu'augmenter; mais les faits manquent pour justifier absolument cette pratique dans la culture des pays du Midi.