Cultures du Midi
Dans les pays du Midi, en Algérie, en Italie, en Espagne, etc. les pommes de terre, les panais et les carottes, etc., sont régulièrement arrosés, d'autant plus abondamment que parfois deux récoltes se succèdent dans Tannée, ou qu*on les force spécialement comme primeurs. L'irrigation des racines, comme des tubercules, se caractérise par la culture sur billons que bordent des rigoles pas tout à fait remplies, de façon à ce que Teau arrive aux racines par Pimbibition progressive du sol. L'arrosage à plein, c'est-à-dire, le pied des plantes plongeant dans Teau, les ferait périr.
France. — Dans les Bouches-du- Rhône, la culture des pommes de terre est de plus en plus soumise à Tarrosage. On comptait en 1882 dans ce département 8,5 17 hectares rendant en moyenne 90 quintaux à Thectare. La même remarque sur l'extension de Tarrosagedes pommes de terre s'applique au département de Vaucluse où 13,484 hectares cultivés en 1882 rendaient 82 quin-
(I) A. Ronna. Egouts et irrigations, tableau IV, p. 254.
taux en moyenne par hectare. Les pommes de terre y sont plantées à la charrue dans un terrain défoncé en hiver; on ouvre d'abord le sillon avec une charrue à deux bêtes, et on fait ensuite passer la défonceuse à huit bêtes; on plantes en raies distantes de o",75 les unes des autres, avec un écartement de o°,35 entre chaque plant dans la raie. L'arrosage se pratique à peu près tous les huit jours. A Lançon (Bouches-du-Rhône) les pommes de terre arrosées donnent un produit de i5 à 20 fois la semence. Sur le canal du Verdon, o litre 75 d'eau continue suffisent pour l'arrosage d'un hectare produisant de 10 à 12,000 kil. de pommes de terres.
Aux Crémades (commune d'Orange), dans Vauciuse, le rendement de l'hectare planté en pommes de terre Chardon et arrosé par les eaux de la Meyne, est de 24,000 kil.; moyennant l'emploi de 85 mètres cubes de fumier.
Aussi bien, pour les racines fourragères, les provinces du Midi sont au dernier rang; un climat chaud et sec et le manque d'eaux pluviales ou d'eaux courantes ne permettent guère de se livrer à cette culture. L'irrigation seule donnerait le moyen de le faire avec profit, mais quand on dispose d'eaux d'arrosage, on trouve plus avantageux de s'en servir pour les légumes, la vigne et les cultures industrielles (i).
Italie. — La culture des pommes de terre, en Italie, ne s'étend guère à plus de 0,2 pour cent de la surface territoriale; mais la production correspond au chiffre moyen relativement élevé, de 82 quintaux métriques par hectare. Cette production est d'ailleurs très variable. Si dans les bonnes terres de Lecco, on arrive à récolter 200 quintaux (2), on n'obtient dans les Calabres, sur
il) Statistique agricole de la France pour i S 82 ; p. 86.
(2) Brini. Inchiesta agraria, circondario di Lecco, vol. VI, fasc. I, p. 11.
les terres arrosées, moyennant une récolte à Tautomne, une au printemps et une ou plusieurs pendant le reste de Tannée, que 60 quintaux par hectare, à Reggio (i) et de 3 1 à 44 quintaux, à Monteleone (2).
Espagne. — Les carottes et les panais, semés à la volée du mois de juin jusqu'au mois d'août , dans la huerta de Valence, sont arrosés trois fois par quinzaine, puis trois fois de 10 en 10 jours; ce qui représente ensemble huit arrosages. L'irrigation a lieu en février, ou en mars.
Dans les provinces du centre, on commence à arroser les pommes de terre à la saint Jean, et Ton continue tous les 17 ou 20 jours, jusqu'aux pluies de septembre, de telle sorte que la culture comporte 4 arrosages en moyenne (3).
Egypte. — L'Egypte se fait remarquer par la culture, en dehors du topinambour {Helianthus tuberosus)^ d'un certain nombre de tubercules qui se rencontrent très fréquemment dans la basse et la moyenne Egypte, oïl ils réussissent comme culture d'été, alors que les pommes de terre ne prospèrent pas.
Le Caladium œsculentum est très répandu dans les sols bas et humides ; on fait une grande consommation de sa fécule pendant les mois d'automne. Le Nymphéa cœrulea [byarout des Arabes) fournit par ses rhizomes ou tiges souterraines, des tubercules comestibles; il abonde dans les lacs et les marais, à la base du Delta et du Fayoun; le Cyperus œsculentus et \q Melanorrhy\a sont également comestibles, farineux et huileux (4).
(Il De Marco, Inchiesta agraria; monografia. vol. IX, 11, p. 5 11.
(2) Morabito, Inchiesta agraria; loc. cit.
(3) Llauradè, loc, cit., t. I, p. 407.
U) Pépin, Légumes et fruits; Rapports du jury i86jj t. XI, p. 207.