LE COTON
Comme le maïs, le coton pendant la première et décisive période de sa végétation, ne peut se passer d'un certain degré de chaleur, assez élevé pour que la latitude détermine la limite de sa culture, et d'une certaine dose d'humidité. Que l'eau provienne du sol, se renouvelant à l'aide de fréquents binages, ou de l'atmosphère, sous forme de rosées abondantes et de pluies tombant en temps opportun , ou enfin , des arrosages artificiels, elle est une condition vitale de la production du cotonnier.
Quand le terrain est fertile, profond et convenablement ameubli sur une couche de 5o centimètres environ, avant l'hiver, le coton, peut se passer d'irrigation comme le maïs, mais à la condition que les pluies arrivent en même temps que la chaleur, afin d'activer la germination et mener la plante jusqu'à sa fioraison. Dans les terres arrosées, au contraire, le cultivateur est maître de l'irrigation pour favoriser la germination , au cas oti le terrain étant trop sec la pluie tarde trop, et aussi pour rendre la vigueur à la végétation quand la sécheresse se prolonge au détriment de la fleur, et plus tard de la production des capsules. Selon que l'on cultive le coton en
(i) A. Ronna, Bulletin de la Soc. d^ encouragement ^ 1871.
LES IRRIGATIONS. i55
planches, en billons ou en tranchées, la consommation d'eau est variable, mais on peut Tévaluer en moyenne, dans les années chaudes et sèches, à 2,000 mètres cubes par hectare, pour la durée de la culture (i).
Des deux grandes contrées qui approvisionnent de coton le monde entier, la première, les États-Unis d'Amérique, ne recourt pas aux irrigations, et l'autre, rinde, n'emploie les arrosages que pour une partie, la plus grande, il est vrai, de ses cotonniers. Les meilleurs cotons, ceux de la Nouvelle-Orléans, s'obtiennent sans Taide de canaux, mais dans des terres profondes, meubles, bien préparées et fumées, et soumises au régime des pluies de ces latitudes. En revanche, dans Tlnde, en Egypte, à plus forte raison en Algérie et en Italie, quand on y a tenté cette culture, Tirrigation permet seule d'obtenir un rendement économique.
Les botanistes ne paraissent pas s'être mis tout à fait d'accord sur les variétés nombreuses de coton cultivé dans les divers pays; les uns admettent un grand nombre d'espèces du genre gossypium; les autres les considèrent comme de^ variétés d'un petit nombre d'espèces. Le docteur Royle, après un examen approfondi des différentes classifications, a proposé d'admettre quatre espèces dis tinctes (2) :
1. Gossypium indicum ou herbaceum, qui se cultive dans rinde, dans la Chine, l'Arabie, la. Perse, l'Asie- Mineureet autres localités en Afrique.