Gossypium arboreum, indigène de l'Inde orientale
3. Gossypium barbadense, originaire du Mexique ou de l'Inde occidentale, dont les cotons longue soie
(i) Berti-Pichat, Manuale delta coltiva^ione del cotone, i863. (2) Solly, Exhibition i83i, Reports by thejuries, p. 94.
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Sea-Island, et ceux courte soie Nouvelle-Orléans et Apland Georgia sont des variétés; introduite dans File Bourbon, et de là dansTHindostan, Tespècc est devenue le coton Bourbon;
4. Gossypium peruvianutn ou acuminatum, qui fournit les cotons de Pernambouc, du Pérou, de Maranham et du Brésil; les graines sont noires et adhésives; cette espèce a été également introduite dans THindostan.
L'arrosage, qui est indispensable pour certaines espèces, serait inutile pour d'autres. Ainsi dans l'île de Malte, le coton blanc du Levant et celui de Siam à couleur rousse ont besoin d'être arrosés, tandis que le coton des Indes peut s'en passer. Dans les îles Baléares, l'irrigation est toujours pratiquée, comme en Egypte, dans l'Inde, etc., pour faciliter l'accroissement jusqu'à la floraison et la fructification. Il est évident que si, dans certaines conditions de climat et de sol, quelques espèces de coton peuvent se passer d'arrosage, la possibilité d'irriguer ne peut que favoriser la culture ; c'est ainsi que l'Inde a développé ses plantations et que la Californie, dans les comtés de Fresno, de Tulane, de los Angeles, qui comprennent plusieurs millions d'hectares de terres irrigables, parfaitement appropriées à la culture du coton, réclame une place parmi les Etats producteurs.
Quoique les arrosages susceptibles d'exercer unegrande influence sur la production du cotonnier ne soient pas pratiqués aux États-Unis, nous mentionnerons brièvement les conditions principales de sa culture dans cette région du Sud dont elle fait la merveille, aux côtés du tabac, de la canne à sucre et du riz.
États-Unis. — Ce sont les circonstances météorologiques qui jouent le rôle principal dans la culture cotonnière des contrées chaudes des États-Unis, compre-
nant le Mississipi, TAlabama, la Louisiane, la Géorgie et le Texas.
Dans le Mississipi, par exemple, on redoute la gelée blanche jusqu'au 10 avril, et pourtant Ton sème le coton fin mars, parce que Ton redoute encore davantage la sécheresse de la fin d*avril. Au mois d'octobre, les froids peuvent devenir funestes. Tandis que les années humides sont considérées comme mauvaises, parce que les plantes de coton deviennent trop luxuriantes, les années sèches qui ont préludé par de petites pluies, depuis la germination jusqu*à la floraison, passent pour être les plus favorables (i); tout dépend ainsi des pluies.
Quant aux terrains, les sols sablonneux et meubles où croissent les pins, les saules, les peupliers, sont ceux que 1 on recherche au Mississipi; les terres un peu argileuses ne se prêtent à la culture que si elles ont été labourées profondément et ameublies, pour leur permettre dans les années de sécheresse, de conserver leur fraîcheur jusqu*à 5o et 55 centimètres. Dans la Géorgie, les terres à cotonnier sont voisines de la mer, tandis que dans la Louisiane,' elles s'en éloignent et s'élèvent jusqu'à 400 mètres au-dessus de son niveau.
Comme engrais, les planteurs du Mississipi se bornent à fumer le maïs qui précède le coton ; mais dans les terres plus appauvries des autres États, on fume, soit à Taide des chaumes de coton et de froment, soit avec des engrais phosphatés et animalisés.
Pour la préparation du sol, les instruments aratoires les plus perfectionnés sont employés dans le but d'ameublir la couche arable. Chaque labour est suivi de hersages en tous sens. Dans la Caroline du Sud, sans
il) The cultivation of Orléans staple cotton; Manchester, July iSS;.
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doute en raison de rhtimidité des îles que baigne TOcéan, le terrain est dressé en billons et rensemencement a lieu par poquets. Ailleurs, le terrain est dressé en larges planches. Le drill (fig. 4) y ouvre des sillons, sur une profondeur de o°,09 , en aplanissant et comprimant le fond sur lequel la semence est jetée à la main, au-dedans et en dehors, en ayant soin de la tenir libre, pour que les graines ne se pelotonnent pas. Quand la saison est sèche, la graine germe; mais ensemencée plus profondément quand la saison est trop humide, la graine
Fig. 4. — Drill américain pour le coton.
pourrit; aussi celle semée superficiellement vient-elle à bien. Le drill est suivi de la herse (fig. 5) à dents courtes en bois qui recouvrent la semence de 6 à 7 centimètres de terre. Un rouleau de o'",32 de diamètre, attelé après la herse comprime et aplanit la surface.
La quantité de semence employée est de 80 à 120 litres par hectare. Dès que les plants ont atteint 3o à 40 centimètres de hauteur, on sarcle autant de fois qu'il est nécessaire avec la houe à cheval pour rejeter la terre sur le pied des cotonniers. Surtout dans les années sèches, quand les terrains sont plutôt consistants, il convient de rechausser les plants à la charrue.
Avec la graine du coton Sea Island, la maturité commence 1 5o jours après l'ensemencement ; la récolte
tant pour le coton de Louisiane que pour celui de Géorgie, dure du mois de septembre au mois de janvier.
Le choix de la semence, en vue de la prochaine récolte, se fait sur le champ même, où se désignent d*avance les plantes et les capsules les mieux fournies; mais la graine préférée des planteurs est celle fournie par les cotonniers des collines du Mississipi, situées entre le golfe du Mexique et Vicksburg ; la plus petite variété, de couleur brune,
FiG. 3. — Herse accompagnée de rouleau pour le coton.
est la meilleure; la plus grosse, de couleur blanche, offre plus de difficulté pour l'égrenage.
D'après Marini (i), le cotonnier Louisiane courte soie ou uplandy dans les États de l'Atlantique, y compris la Louisiane, donne en moyenne par hectare, i,oo5 kilogrammes de coton brut représentant 535 kil. de coton net, et dans les États du golfe du Mexique, y compris la Nouvelle-Orléans, de i,35o à 2,000 kil. de coton brut. Cette espèce est la plus cultivée; elle fournit à elle seule la presque totalité des cotons exportés.
Dans la Caroline du Sud, le cotonnier Géorgie longuesoie rend de 2 5o à 3oo kil. de coton net, qui se classe en
(i) Délia coltiva\ione de cotont Lui\iana ei Georgia.
lôo LES IRRIGATIONS.
55 à 67 kil. de soie superfine, 67 à 78 kil. de soie fine et III à 167 kil. de soie ordinaire. Les cotons Sea Island ne figurent pas pour 2 millièmes dans le tableau des exportations. Leur production reste confinée aux États maritimes de TEst : les Carolines, la Géorgie etla Floride.
Quelle qu'ait été l'industrie déployée pendant laguerrc civile des États-Unis pour combler en partie le vide auquel on a donné le nom de famine du coton, de 1861 à i865, il a été facile de se convaincre que la culture du coton est des plus délicates, et qu'il y en a peu dont le rendement dépende au même degré de l'expérience du planteur, du climat, de Texposition et de la nature du sol (i). En 1861, quand éclata la guerre, les États-Unis fournissaient plus des cinqsixièmes du coton employé en Europe, 716 millions de kilogrammes sur 85o millions ; en 1866-67, la guerre étant terminée, tous les efforts réunis des anciens pays producteurs, les Indes, le Brésil, rÉgypte, et des contrées oti la culture était jusque-là accidentelle, n'avaient abouti qu'à fournir 3i pour 100 de la consommation normale de l'Europe; et sur cet appoint, les Indes anglaises avaient apporté à elles seules 20 pour cent. En 1882-83, la récolte des États-Unis avait atteint de nouveau le chiflFre le plus élevé de la période décennale (1872 à i883), à savoir : 6,957,000 balles ou 1,240,000 tonnes de coton (2).
Ce qu'il importe de retenir de cette reprise si rapide de la prédominance djes États-Unis sur le marché des cotons, c'est que les avantages naturels qui assurent sa suprématie ne sont pas de ceux qu'une crise puisse détruire. Le climat est le plus favorable à la culture du cotonnier, non seulement comme degré de chaleur et
(i) Engcl DoUfus, Production du coton. Rapports du jury, i8fi7» t- ^'' (2) Ncumann-Spallart, Uebersichten der'WeltwirtkschaJt, 1884,?. 280.
d'humidité, mais encore comme répartition entre les différentes saisons de Tannée, de la sécheresse et des pluies. Il suffirait, sur les terres en voie d'épuisement, de perfectionner les procédés agricoles, en faisant une plus large place aux fourrages et aux bestiaux, pour doubler les récoltes de coton ; d'ailleurs , le Texas offre de vastes étendues de terrains vierges qui se prêtent admirablement à ce genre de culture. Déjà, les terres défrichées et cultivées permettent d'obtenir à bon compte une production qui balance celle des anciens États d'Alabama et de Louisiane, et de faire une redoutable concurrence aux produits des États du Sud-Est.
Inde. — En 1881, la culture du coton dans les Indes britanniques occupait 4 millions et demi d'hectares, rendant en moyenne 67 kil. par hectare et représentant une production totale annuelle de 260,000 tonnes de coton (i).
A défaut de statistiques agricoles, même approximatives, il est difficile de mentionner quelles sont les surfaces irriguées, plantées en coton. Tandis que dans les provinces du centre, l'irrigation est peu pratiquée, et les sols naturellement riches, comme ceux de la vallée de Nerbudda, peuvent se passer de fumure, le Punjab, dans les provinces du nord-ouest, avec des terres moins bonnes, mais fumées et irriguées, se livre profitablement à la production du coton. Aussi bien, sur les versants des montagnes de TAmbalah , de Guzerat et de Peshawur, rirrigation permet de cultiver avec les graines indigènes, un coton blanc, plutôt faible, mais offrant une longueur moyenne de fibre. On le sème du mois de février au midi des vallées, jusqu'en juin dans le nord. La floraison, suivant les localités, a lieu du mois d'août au mois
(I) Neumann-SpaUart^ loccit.j p. 292.
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de décembre, et la récolte un mois plus tard, avec une durée de deux mois (i). C'est également dans le Punjab que se trouvent les sols à froment de première classe.
Dans la présidence de Bengale, le coton est arrosé à Chata-Uagpur, comme à Burdwan et à Patna. Les terres graveleuses ou légères sont ensemencées en graine indigène, tenue pendant trois ou quatre jours dans Teau, puis mélangée, après une journée d'exposition à Tair, avec des cendres et du fumier de vache. Le coton y atteint de i™,co à 2",i5 de hauteur. Ailleurs, comme à Patna, dans le Behar, où se rencontrent les meilleures terres, la graine pour semence reste seulement deux heures plongée dans une eau où Ton a fait dissoudre du salpêtre. Les cultures reçoivent quatre arrosages, précédés chacun d'une fumure. Dans la seule vallée de Purna (Behar) 35 pour cent des terres arables sont consacrées au coton.
A Bishenpur, district de Bancurah, les terrains sont sablonneux et le coton y atteint une hauteur moyenne de o™,90. Avant de semer la graine, on l'arrose d'eau mélangée de purin de vache, et on la tient couverte de terre pendant deux ou trois jours. On irrigue trois ou quatre fois jusqu'à l'apparition des capsules. La maturation commence en avril et finit en juin. Le coton égyptien cultivé dans le môme district, sur des sols argilo-sablonneux, humides, est soumis également à l'irrigation.
La province de Cuttak, dépendant encore de la présidence de Bengale, offre deux variétés de coton, Tune cultivée dans les plaines ( keda) et l'autre, dans les collines {daluna), toutes deux abondamment arrosées. La graine de semence est mise à tremper pendant une nuit dans l'eau additionnée d'engrais, puis séchée au soleil pendant
(i) Forbes Watson, Classijîed and descriptive catalogue qf India. 1862.
LES IRRIGATIONS. i63
Va journée suivante, et déposée sur un lit de paille en lieu
chaud. Elle n'est semée que lorsqu'elle a commencé à
germer, de novembre à décembre; sa maturation s'opère
d'avril à juin; à partir de ce mois on fait la récolte. Le
coton de Cuttak atteint de i",20 à i°,85 de hauteur; le
rapport delà fibre à la semence est de i à 3.
La présidence de Bombay consacre au cotonnier indigène un million et demi d'hectares , mais le rendement est très variable; il est compris entre 60 kil. dans le Dharwar et 33 kil. dans le Paona. Les provinces du centre avec i million d'hectares et la présidence de Madras avec 700,000 hectares, complètent la superficie plantée annuellement en coton.
Les nombreuses variétés de cotonniers indigènes que les planteurs cultivent, parce qu'elles s'accommodent mieux du pays et du climat, donnent à la production, comme quantité et comme qualité, une grande infériorité par rapport aux provenances très égales des Etats-Unis. Suivant les districts où on le produit, le coton indien se range en un certain nombre de variétés distinctes :