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l'indigotier

L'indigotier se cultive en Chine, au Japon, dans les Indes, en Egypte, au centre Amérique, dans les Antilles, etc. C'est dans Tîle Saint-Domingue et au Mexique que Christophe Colomb le trouva à Tétat sauvage.

Semé en mars dans un terrain approprié, sur des billons distants de o°,35 les uns des autres, que Ton recouvre après ensemencement, l'indigotier mûrit trois mois après, et atteint la hauteur de i mètre environ dans les bons sols. L'indigotier des Indes occidentales donne jusqu'à trois récoltes annuelles; celui des États- Unis n'en fournit que deux (i).

Aux Indes, la culture de Vindigofera ttnctoria.se fait par semis dans une terre argilo-siliceuse bien labourée. On sème soit au printemps, soit en automne, suivant l'espèce plus ou moins précoce. La nature du terrain et sa position par rapport aux rivières influent aussi sur l'époque de l'ensemencement. Dans les terres basses, sujettes aux inondations, l'indigo doit être prêt pour la récolte au moment des crues qui détruiraient sans cela le produit. Les terres plus élevées sont ensemencées quelques semaines plus tard (2).

Dans les Antilles, et particulièrement à Saint-Domingue , la culture de l'indigotier [Indigofera anil) se fait dans les terrains neufs, à proximité de cours d'eau, qui

(1) Klaproth et Wolff, Di\ion. dichimica; 1814, t. IV, p. 33i. f2) Schutzenberger, Dict» de chimie de Wûrtz.

servent autant pour Tarrosement de la plante que pour les besoins de l'indigoterie. Quels que soient les terrains, neufs ou anciennement cultivés , il est indispensable de les purger de toutes mauvaises herbes, après un labour profond. Les semis au poquet, exécutés de novembre à mai, réclament de petites pluies. La sécheresse étant funeste à la plante , il faut lui donner de fréquents arrosages, en même temps que de soigneux sarclages, mais sans laisser séjourner Teau. Les fleurs commencent à se montrer deux ou trois mois après les semailles ; on coupe alors les tiges qui sont le plus gorgées de sucs colorants.

Boussingault observe que dans la république de Venezuela oîi il a eu l'occasion d'examiner avec attention la culture des indigofères, on donne la préférence aux terres légères, susceptibles d'être irriguées (i). L'indigotier exige un climat chaud. A une élévation de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer, si la température moyenne n'est plus que de 22 à 23 degrés, la culture cesse déjà d'être productive.

Dans la vallée d^Aragua qui comprend les plus belles plantations, on sème en ligne; les trous pour semence ont environ 5 centimètres de profondeur et sont espacés de o",65. Les semailles se font dans un sol humide et bien égoutté, ou bien, dans les localités qui ne possèdent pas un système d'irrigation, à l'époque des premières pluies. Les graines mises en petite pincée dans chaque trou et recouvertes d'un peu de terre, lèvent dans la première semaine. On sarcle dans le cours du mois, dans l'intérêt de la végétation et de la qualité des produits. La première coupe a lieu vers l'époque où la plante va fleurir, ce que l'on reconnaît à l'ap-

(i) Boussingault, Économie rurale, t. I, p. 36g.

parence des feuilles d'un vert foncé, à reflet argenté que donne le duvet velouté.

Il s*écoule ordinairement de 5o à 60 jours entre les semailles et la première coupe; mais aux environs de Maracay où la température moyenne est de 22®, 5, la première coupe n'a lieu qu'au troisième mois. Une seconde coupe suit 45 à 5o jours plus tard, et ainsi de suite. Dans les bonnes terres, la sole d'indigo dure deux ans.

Une plantation de la vallée d'Aragua, faite en bon terrain, donne comme produit moyen par une fabrication bien dirigée, 127 kil. d'indigo par hectare et par an (i).

Dans la Caroline, où la culture dépend uniquement des pluies, comme sur la côtede Coromandel dont les sols sablonneux non irrigués ne comportent aucune végétation, sauf durant la saison des pluies, la récolte en produits, d'ailleurs moins estimés, n'atteint que la moitié ou le tiers de celle du Venezuela.

En Egypte, on cultive l'indigotier arbuste [glauca ou argentea)^ qui fournit trois et même quatre coupes par an; mais la culture doit être soignée, dans l'intervalle de chaque coupe, par un ou deux binages et des arrosages. Quoique vivace, on le conserve rarement en couches, et on le sème tous les ans ; les fellahs ne le replacent dans le terrain même où il a végété qu'après quelques années, à moins qu'il ne soit soumis aux inondations du Nil, la plante étant très épuisante (2).

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