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l'olivier

L'olivier végète parfaitement sans arrosage dans la plupart des terrains élevés, en plateau, ou en pente, au milieu même des rochers, ou des sols en terrasses, comme aussi dans les alluvions orientées au midi; mais il redoute l'humidité persistante. Cest sur les sols calcaires qu'il fournit les huiles les plus fines; encore faut-il que cultivé sur le littoral, ou sur les versants éloignés de là Méditerranée, pour donner sa pleine production, il ne souffre, ni de la faim, ni de la soif (2); c'est-à-dire, qu'il exige une fumure normale et un certain degré d'humidité qui le mette à l'abri des excès de sécheresse. Sans façons et sans eau pendant les chaleurs très intenses, de même que sans engrais, l'olivier ne donne que des récoltes peu abondantes et irrégulières.

(1) Voir tome II, p. 532.

(a) A. Riondct, rO/ivier, 1868, p. 19.

France. — En France, c'est Tolivier qui fournit la plus grande quantité de fruits destinés à être convertis en huile; vient ensuite le noyer; quant à l'amandier, il est plutôt utilisé directement pour son fruit. La culture de rolivicr, spéciale à la région méditerranéenne, s'y partage entre la Provence, le Roussillon, la Corse et le Gard; elle correspond à une production totale annuelle ^ d'après la statistique de 1882, de 128,000 quintaux d'huile; soit à un rendement moyen de 0,12 hectolitre d'huile par hectolitre de fruits. La surface totale plantée en oliviers, à raison de 1 3o pieds par hectare , a été évaluée pour les vergers, à 125,417 hectares, quoique cet arbre se cultive également en cordons et en avenues.

L'olivier supporte l'action de l'eau courante, mais à la condition que l'eau traverse rapidement et n'imbibe pas trop profondément le sol. Dans les Bouches-du- Rhône, on arrose deux fois par an, en juin et en août. Chaque arrosage consomme un débit de 60 litres par seconde, pendant deux heures et quart, soit une hauteur d'eau de o",0486. On emploie ainsi environ 1,000 mètres cubes d'eau par hectare d'oliviers arrosés (i). Les oliviers de la Crau, mis à fruit une année sur deux, reçoivent chaque été trois ou quatre arrosages.

Dans Vaucluse, une partie seulement des olivettes est soumise à l'irrigation; là où l'eau est employée, on évite les arrosements trop fréquents, parce qu'ils amènent la pourriture des souches. La coutume s'est généralisée de venir au secours des arbres, aux mois de juillet et d'août, par une forte irrigation; dans quelques localités, on effectue en outre un arrosage au printemps, pour donner immédiatement après, un bon labour.

(i; Barrai, loc. cit., p. 489*

D'après le comte A. de Gasparin (i), dans la grande culture des oliviers de Vaucluse, le nombre d'arbres par hectare est de 204; la production moyenne au bout de 26 ans est celle d'un litre d*huile par arbre; ces données correspondent à une production de 1 2 à 1 5 hectolitres d'olives par hectare, 750 litres d'olives étant nécessaires pour fabriquer 100 litres d*huile. Heuzé, de son côté, évalue la production annuelle d'un heaare d'oliviers dans Vaucluse, à 3o hectolitres d'olives, fournissant 480 kil. d'huile (2).

Dans les Alpes-Maritimes, l'arrosage de l'olivier est évité, parce que le terrain conserve naturellement assez d'humidité (3).

Le Var et les Alpes-Maritimes ont vu les récoltes des olivettes diminuer sensiblement, dans ces dernières années, par le dacus oleœ. En agissant, contrairement aux habitudes des autres départements de la Provence, où la cueillette se fait dès la maturité du fruit, c'est-à-dire en novembre, le Var et les Alpes-Maritimes dont l'olivier occupe surtout les terrains arides et impropres à toute autre végétation, ont favorisé l'essaimage de la mouche, en attendant la tombée du fruit pour la récolte, entre décembre et avril. Au lieu, en effet, que les larves soient détruites en portant au moulin les olives aussitôt mûres; elles demeurent sur le fruit, se transforment en insectes ailés qui propagent le mal à la ronde sous l'influence des vents dominants. La Société d'agriculture de Nice, sur l'initiative du regretté directeur de la station agronomique, Laugier, s'est empressée de solliciter des arrêtés communaux dans les départements infestés, et auprès du gouvernement italien, pour faire devancer

(!) Mémoire sur V olivier ^ pp. 408 et 434.

(2) G. Heuzé, Primes S honneur de 1866; 1873.

(3) PuTÎs, Journ. agric. prat., t. IX, p. 253.

la. cueillette et enrayer le mal qui détruit le principal revenu des propriétaires (i).

Pour l'olivier non moins que pour la vigne, les fléaux des insectes se développent et exercent leurs plus grands ravages principalement dans les terres sèches, loin des irrigations; c'est là un fait digne de remarque.

Espagne. — L'olivier ^ en Espagne, est arrosé comme la vigne, quand l'inclinaison du terrain le permet. Dans les grandes huertas de Lorca, d'Alicante, de Elche, d'Almansa, etc., on donne aux olivettes jusqu'à cinq arrosages par an, en octobre, décembre, février, avril et juin. Dans les cultures plus septentrionales, le nombre des arrosages se réduit à deux, en recourant aux réserves d'eaux hivernales. C'est seulement dans la grande vallée de TÊbre, oti l'olivier est exposé aux gelées, et dans la vallée du Fluvià, que Tirrigation n'est pas pratiquée.

La statistique indique que 5o,ooo hectares sur 810.000, sont cultivés en oliviers dans les terres arrosables ou de regadio (2).

Italie. — La culture de Tolivier, spécialisée en Sicile, en Sardaigne, dans les provinces méridionales de la Méditerranée et de l'Adriatique, et en Ligurie, n'est que secondaire dans certaines provinces de la Lombardie et de la Vénétie. C'est seulement sur la côte ligurienne, dans la Pouille, les Calabres et les îles, que les bois d'oliviers sont cultivés d'une manière intensive. On compte de trois à quatre cents pieds par hectare, rendant une pleine récolte tous les deux ans. Cette intermittence bisannuelle dans la production de Tolivier, dépend en grande partie d'une taille imparfaite ou défectueuse, et

(I) A. Ronna, r Agriculture dans le Var et les Alpes-Maritimes; Semaine agricole, août 1883.

(jj Catalogo de la Seccion Espafkola, 1878, p. 41.

d'une fumure insuffisante (i); on ne l'arrose pas.

Sauf pendant les deux premières années, les plantations d'oliviers du midi de l'Italie, ne sont pas régulièrement arrosées; dans la plaine de Messine, sur les terres irriguées, l'olivier fait place peu à peu aux orangers qui sont d'un meilleur rapport (2).

Sur quelques points de la rivière de Gènes, on se sert des eaux noires des moulins à huiles et des ressences, additionnées d'eau pure, pour arroser les oliviers, au profit desquels l'engrais est employé.

A Reggio de Calabre , Tarrosage des oliviers de la plaine est facilité, en plaçant au fond des trous où l'on repique les plants après 4 ans de pépinière, une dalle qui empêche les eaux de séjourner au contact des racines (3). Cette pratique est également observée, en Toscane, mais non pas dans le but d'arroser; le drainage de chaque pied d'olivier s'effectue à l'aide d'un petit aqueduc déversant dans le fossé voisin (4). Il en est de même en Ligurie, sur certains points de la côte. L'agronome del Bene recommande, afin de maintenir la fraîcheur du sol autour des racines, de ménager à chaque pied d'arbre une cuvette de i mètre de diamètre, qui concentre la pluie et favorise l'infiltration (5).

Tunis. — L'olivier est , après le dattier, le plus utile des arbres de la régence. Il peuple les coteaux , les hautes vallées du littoral, depuis Bizerte jusqu'à la petite Syrte. Labouré en hiver, il est arrosé au printemps et

(i) Bertagnoli, CEconomia delCagricollura, p. 191. (3) Damiani, Inchiesta agraria^ Rela\ion€^ t. XIII.

(3) de Marco, Inchiesta agraria, etc., ▼ol. IX, fasc. 2.

(4) Simonde, loc. cit,^ p. 11 3.

(3) Benedctto del Bene, Memorie delVAccaiemia d'agricoitura di Verxma.

en été. L'olivier que Ton n'arrose pas, est languissant et peu productif (i).

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