‹ Les irrigationsChapitre 52 sur 145 · XIX II · texte numérisé non relu

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à tout jamais les belles plantations de la Zisa et de TO* livazza.

Dans la province de Catane, le territoire d'Acireale qui passe pour être le jardin de la Sicile, consiste en un sol profond, riche et assez humide, pour que les plantations adultes puissent se passer d'arrosages; mais d'une manière générale, le produit des vergers non arrosés est à celui des vergers arrosés dans le rapport de 2 à 3. Tandis qu'une citronnière de lo ans, arrosée régulièrement, rend pour loo pieds d'arbres i5,ooo citrons, une citronnière non irriguée n'en rend, dans les mêmes conditions d'âge et de nombre, que io,ooo.

D'autres territoires de la Sicile, à Furnari, à Patti, à Mistretta, les plaines de Barcellona, la :(aera de Messine, etc., peuvent également se passer d'irrigation pour leurs plantations, mais le sol y est naturellement humide, ou entretenu à l'.état de fraîcheur par des sources et des infiltrations souterraines (i). Ailleurs, notamment dans la province de Messine, les cultivateurs, pour se procurer l'eau nécessaire à l'arrosage des vergers, en sont réduits à creuser des tranchées obliques à plusieurs mètres de profondeur, dans le lit à sec des torrents. Ces tranchées drainant la couche souterraine suivant la pente, débouchent par des conduits à barbacanes épaisses jusqu'à la surface, et les eaux ainsi captées sont exemptes de la taxe (2\

La première condition pour l'établissement d'une citronnière en Sicile, est d'avoir de l'eau en abondance.

Chaque arbre, en effet , est disposé dans une fosse de 2 mètres environ de diamètre et de o™,3o de profondeur, dans lequel on met chaque année le fumier nécessaire;

(i) Alfonso Spagna, Sulla coltiva\ione degli agrumi in Sicilia ; Palermo, (2) Cuppari, Giornale agrario toscano, 1862.

après quoi, on rehausse les bords par une levée de terre qui forme la conca, Ceçt dans cette conca ou cuvette, qu'à partir du mois de mai, on amène l'eau deux fois au moins par semaine (i).

Après les premières pluies d'automne, on procède à un labour profond de o",2o à o",25 avec la grosse houe (^apporte) \ si le terrain est en pente, on ménage dans ce labour, des banquettes au pied de chaque arbre, à l'aide desquelles on établit la conca^ avec sa rigole d'écoulement. Au mois d'avril, ou au commencement de mai, le terrain est dressé en billons pour l'arrosage; les jardiniers désignent cette façon par tirare la terra. Les sillons écartés de 3",5o environ, sont relevés sur les bords et forment les corridori par lesquels les eaux d'arrosage arrivent du point le plus élevé, quand le terrain est relativement de niveau. Si le terrain est en pente, il faut recourir pour chaque arbre comme il a été dit , à une cuvette dont les bords soient assez forts pour résister à la vitesse de l'eau. En général, les cuvettes ont de o",8o à i mètre de diamètre et de profondeur, et les arbres sont distants de 5 mètres.

Dans l'ancienne méthode, on arrosait tous les 7 jours; aujourd'hui, on se borne à arroser tous les quinze jours; et encore, dans certaines localités, comme à Piazza Armerina où le terrain est frais, on n'irrigue que tous les niois. Le volume d'eau disponible modifie forcément le nombre d'arrosages. Dans la province de Girgenti où l'on manque d'eau, ils sont très réduits (2).

Un citronnier de taille moyenne est assez arrosé, d'après Cuppari, quand la conca reçoit de 170 à 180 litres d'eau par arrosage; mais si le terrain poreux réclame

(1) Voir t. Il, livre IX, p. 335, la description du moded'instailation d'une orangerie en terrain plat et en terrain incliné, à Palerme.

(2) Damiani, Inchiesta agrariay etc, Rcla\ione, vol. XIII, p. 81.

deux arrosages, la consommation s*évalue à 200 litres. On arrose autant que possible, soir et matin, afin d'éviter Tévaporation et le crevassemcnt du terrain. Quand on dispose de peu d'eau, on réserve soigneusement l'excédent dans des bassins, et on arrose à Taide de canaux en briques. Si Teau vient de puits creusés dans les torrents ou sur leurs bords, une noria actionnée par un bœuf suffit à Tarrosage de deux hectares de citronniers.

Dans la province de Messine, les vergers occupent le territoire du Faro et le village des Giardini , où les terrains légers, perméables, avides d'eau , sont arrosés jusqu'à des altitudes assez élevées par les eaux du torrent.

A Palerme , les arrosages pendant la première année de la plantation, se renouvellent tous les 8 jours; jusqu'à la quatrième année tous les i5 jours; et à partir de la 8* année tous les 22 jours. Sur les terres maigres et peu profondes, Tintervalle entre les arrosages se réduit d'un quart jusqu'à un tiers.

Alfonso Spagna estime à 8 heures de :^appa (i), soit à 495 mètres cubes le volume d'eau minimum qui est distribué par hectare de citronniers, tandis que le baron Turrisi Colonna, évalue le débit nécessaire à 3 5o mètres cubes. Quoi qu'il en soit de cette divergence dans l'appréciation du débit qui se règle d'ailleurs d'après les terrains, il est avéré que les plantations exigent plus d'eau dans la première période, lorsque les racines ne sont pas encore profondément entrées dans le sol, et que le feuillage n'abrite pas encore assez le pied des arbres. . L'abondance, ou l'insuffisance des pluies d'automne et de printemps, et la prédominance des vents de mer, sont à considérer quant au nombre et au volume des arrosages. Les praticiens insistent, de toutes manières, sur les irri-

(i) La lappa correspond à un débit de i? litres 19 par seconde ; voir t. II< p. 3o3.

gâtions d'automne, jusqu'à la venue des pluies, pour le développement des fruits.

De même que dans le midi de la France, où les céréales sur les terres sèches et les plantes potagères sur les terres arrosables, sont associées aux cultures arbustives, en Sicile, il arrive le plus souvent que les orangers et les citronniers sont cultivés en communauté avec la vigne, avec le cotonnier, avec d'autres arbres à pépins, ou avec des légumes. D'après une très ancienne tradition, les propriétaires des provinces de Catane et de Syracuse afferment leurs vergers, avec tolérance de ces cultures in tercalaires, dans le but d'augmenter le loyer et le bénéfice des plantations.

Orangers et vignes, — Dans une des annexes du dodomaine Favara-Verdame, près de Mazzara, les orangers sont plantés en quinconce (fig. 8) à 4^,20 d'intervalle, et les pieds de vigne installés à 2", 10 d'écartement sur chaque côté du losange, en sus d'un pied au centre, de façon que dans un losange de 8"\4o de côté, 1 6 plants de vigne sont intercalés entre 9 pieds d'arbre.

Sur les rangées telles que A B, les vignes ne sont maintenues que jusqu'à la sixième année, et sur les rangées telles que C D, jusqu'à la dixième, à cause de l'ombrage des arbres qui empêche la poussée à fruit de la vigne.

Dans ce système, on donne trois labours à la bêche par année; c'eSt-à-dire avant l'automne, en hiver et au printemps, et l'on fume pour trois ans. Ainsi , entre les pieds d'orangers, la terre est remuée à la bêche, vers la fin d'octobre, de manière à rechausser les pieds de vigne en dos d*âne; en février, on déchausse les pieds de vigne pour rejeter la terre sur la banquette; enfin, en avril, on déplace les sillons en nivelant, afin de creuser les fossés nécessaires pour les irrigations périodiques de l'été.

Si la vigne, d'après ce système, au lieu d'être cultivée

pour faire du vin, est destinée à fournir du raisin de consommation, comme aux environs de Palerme, à Monreale, Altavilla, Boccadifalco , etc., le produit net augmente considérablement. Le raisin de table obtient sur

O Pieds d'orangers ou. de citronmers O Pieds de vignes

FiG. 6. — Vignes associées aux orangers en Sicile.

le marché cinq ou six fois le prix de celui converti en vin.

Dans les plantations de jeunes orangers, sur le territoire de Catane, les banquettes sont plantées en vignes de luxe (;f/jf/fco), avec un écartementde i"\4o environ; c'est-à-dire, à raison de 4,700 pieds à l'hectare, qui four-

nissent pour Tusage domestique jusqu'à 12,000 kil. de raisins.

Orangers et cotonniers, — Pendant la première période de végétation, l'oranger et le citronnier tirent profit de leur association avec le cotonnier, qui, grâce à ses feuilles, vît aux dépens de Tatmosphère, constitue une culture améliorante et exige des arrosements moins abondants.

Les arbres plantés en janvier, on donne un labour profond à la bêche vers la mi-février; puis un second, suivi d'un hersage, à la fin de mars, et à la fin d'avril, on dresse le sol pour l'irrigation. Le coton se sème à son tour dans de petites fosses distantes entre elles de o",3o, en évitant l'approche du pied des arbres. Au bout de 20 jours, la germination s'étant opérée, on donne à la fin de mai un premier sarclage, puis un arrosage. Suivant la saison et la prédominance des vents chauds, ce premier arrosage coïncide parfois avec l'ensemencement du coton. Un deuxième sarclage se pratique en juillet avec élagage des feuilles; un troisième, en août; un quatrième, fin août; et quelquefois, un cinquième en septembre. Après chaque sarclage, on enlève les feuilles inutiles pour favoriser la circulation de Tair, l'arrivée de la lumière et la floraison du cotonnier.

Les arrosages se renouvellent tous les 20 jours, à partir du premier sarclage, dans les terrains riches et meubles. Leur nombre n'excède pas six.

Si le coton, après la cinquième année, donnedcs signes de dépérissement, il est indiqué] de cultiver des légumes, mais alors le produit net est sensiblement amoindri.

Orangers et arbres fruitiers à pépins. — La culture intercalaire des arbres fruitiers à pépins n'offre des avantages que si, à proximité d'un marché, on peut écouler les fruits frais; ou bien, les dessécher et les

vendre, sous un volume plus restreint, en recourant à des transports moins fréquents.

Orangers et légumes. — Il en est de môme pour les légumes, tels que les pommes de terre, les choux, les melons, quand on dispose d'un centre populeux pour les placer avec profit. De toutes manières, les fraises qui envahissent la surface par leurs racines , et les chouxfleurs, malgré les soins donnés à leur culture, doivent être exclus à cause de leur action nuisible aux jeunes arbres. Turrisi et Spagna insistent non seulement pour qu'ils soient bannis des vergers, mais pour que les propriétaires concédant tous les mois le droit de labourer, exigent le curage des fossés d'irrigation et le sarclage au pied des arbres. Les tomates, les haricots, le tabac, se recommandent pour la culture en plantation, quoique Ton puisse en attendre de meilleurs résultats dans des terres arrosables, non plantées.

Espagne. — Les vergers d'orangers et de citronniers prospèrent dans toutes les huertas du Midi et de la côte occidentale de l'Espagne; ils sont une source de richesse caractéristique de Tagriculture ibérique; mais c'est surtout dans la vallée du Jucar, sur les plateaux d'Alcira et de Carcagente, de la province de Valence, et dans la vega de Orihuela, voisine de celle de Murcic, que la culture des orangers a atteint son plus grand développement.

Pour que ces arbres réussissent dans les sols légers , siliceux-calcaires d'Alcira et de Carcagente, ils exigent des arrosages fréquents , répétés depuis le mois d'avril jusqu'en octobre, tous les 8 ou i5 jours. On les arrose même en hiver, quand le temps est très sec et très froid, parce que venant d'être arrosés, ils résistent mieux à la gelée. A Orihuela, les irrigations se succèdent de 20 en 20 jours, du mois de février au mois de novembre, et l'on

n'arrose l'hiver que si la sécheresse a été prolongée.

Il se peut que le mode différent de traitement, sous un même climat, dépende du volume d'eau employée par arrosage, et aussi de la nature du sous-sol. A Orihuela, l'eau dérivée directement du fleuve est abondante, tandis qu'à Alcira et à Carcagcnte, elle est élevée par des norias, ou des pompes à vapeur. Le sous-sol arénacé d'Orihuela est imperméable, tandis qu'il est meuble et poreux dans

les deux autres localités.

L'eau y est conduite au pied de chaque arbre par un canal maçonné, et les tirbres sont disposés avec un écartement de 3o pouces; ce qui donne de 240 à 25o arbres par hectare. Des abris de cyprès plantés serré, ou de grands roseaux {canas) les protègent, s'il y a lieu, contreles vents trop violents.

Enfin, ils reçoivent annuellement trois fumures abondantes.

A Carcagente, chaque arbre (fig. 7) est entouré d'une petite fosse quadrangulaire où se déverse l'eau des rigoles. Les orangers de la première file formant bordure sont moins espacés que ceux des files intérieures ; en dehors des fosses, on cultive souvent l'arachide. Llauradô évalue à 396 mètres cubes par hectare la consommation ainsi réduite par cette installation économique aux environs d'Alcira, tandis qu'en général, la consommation atteint 5oo mètres cubes pour cha-

Fig. 7. — Installation d'une plantation d'orangers a Carcagente (Espagne).

25o LES IRRIGATIONS.

que arrosage, à raison de 25o arbres par hectare.

La plupart des orangers de la huerta du Jucar sont greffés sur cédratier qui s'aligne bien. Au bout de cinq ans, on récolte les fruits. Les orangers communs fleurissent en mars ou en avril, et au mois de décembre suivant se forment les fruits, qui ne sont à point qu'à Pâques. Quelques arbres donnent deux récoltes par an. On évalue le produit moyen, cinq années après greffage, à II kil. et demi par arbre; après dix ans, à 1 15 kil., c'est-à-dire qu'à raison de i ,000 oranges pour un poids moyen de i5o kil., on obtient de 2,400 à 2,5oo kil. de fruits à rhectare.

Plus de 600 naranjales ou vergers, compris sur les territoires d'Alcira et de Carcagente fournissent annuellement 25o,ooo arrobas ou 3,i25 tonnes de fruits (i).

Le marquis d'Arcîcolar estime que sur 5, 800 hectares plantés d'orangers, dans toute l'Espagne, 3,5oo appartiennent aux trois provinces de Castellon, Valence et Alicante (2). Les meilleurs fruits sont ceux de Malaga; mais précisément parce qu'ils sont plus fins et plus juteux, ils supportent difficilement l'expédition. Le nombre d'oranges et de citrons produits dans la péninsule et les îles Baléares dépasserait annuellement 600 millions, sur lesquels iio millions seulement sont exportés; le reste est consommé à l'intérieur. L'Angleterre est le pays qui reçoit le plus d'oranges d'Espagne, plus de 5o millions annuellement.

Les citrons aigres et doux, les cédrats, les pamplemousses sont relativement peu cultivés, par rapport aux oranges.

France. — La région de l'oranger en France se distingue de celle plus continentale de l'olivier, par la

(1) Ch. Davillicr, Voyage en Espagne; loc. cil,

(2) Arcicolar; Rapports du jury ; loc. cit. y p. 248.

LES IRRIGATIONS. 25i

douceur du climat,, la fraîcheur de Tair et la sérénité du ciel. Elle comprend les territoires tout à fait maritimes de la Basse Provence, du comté de Nice et ^u Roussillon; son altitude ne dépasse guère loo mètres entre Cannes et Menton (i).

Dans le Var et les Alpes-Maritimes, l'oranger, après l'olivier, livre au commerce du littoral les produits les plus importants. L'oranger n'y fleurit qu'une fois par an et ne donne en conséquence qu'une seule récolte, pratiquée d'ordinaire en janvier et en février, pour les fruits d'exportation, c'est-à-dire, avant la parfaite maturité des fruits. Moins délicat que le citronnier, il peut supporter, sans en souffrir, quelques degrés au-dessous de zéro.

En terrain sablonneux, on arrose toutes les semaines, et en terre forte, tous les quinze jours, mais Teau doit être à une température assez élevée; c'est pourquoi l'on n'emploie les eaux des torrents alpins qu'après les avoir laissé se réchauffer dans les réservoirs. La quantité d'engrais est proportionnelle au produit que fournissent les arbres.

Le bigaradier est cultivé principalement sur la côte.

Les bosquets d'orangers de la villa Clary, à Nice, située sur le revers oriental de la colline de Cimiès, ne le cèdent qu'à ceux de la villa Bermond. Lorsque Bermond père obtint en i865 la prime d'honneur régionale des Alpes-Maritimes, il cultivait sur une vingtaine d'hectares une dizaine de mille pieds d'orangers, et des pépinières pouvant fournir de 2 à 3oo,ooo arbres. Le rendement net du domaine, en y comprenant le prix de location de quatre villas et des travaux d'installation des réservoirs et canaux d'arrosage de la plantation,

(i) G. Hcuzé, les Régions agricoles; Journ.agric. prat,; i883, 1. 1, p. 529.

était de 80,000 francs. La canalisation, complétée par les fils Eermond, a permis d'arroser à tous les niveaux, sur la montagne qui les abrite, les terrasses portant 12,000 pieds d'orangers , sous Tombrage salutaire desquels des champs de violettes fournissent une cueillette journalière. En même temps que des vergers d'orangers, la villa Bermond a reçu quelques milliers de citronniers et des pépinières pour l'approvisionnement de toute la côte.

Plus loin que Nice, vers Villefranche , et surtout à Menton, la température moyenne étant plus élevée, le citronnier croît avec plus de vigueur et mûrit plus tôt ses fruits. A Menton, cet arbre est dans toute sa production (i). Tandis qu'en Sicile, il n'a qu'une saison, de septembreen mars, ici, grâce à l'égalitéd'un climat doux, le même arbre porte en toutes saisons des fleurs et des fruits à divers états de maturité. Quoique la production varie dans le courant de Tannée, il y a des fruits bons à cueillir tous les mois. Les verdatni, ou citrons d'été, sont les seuls qui puissent supporter les longues traversées en Amérique. Le triage, d'après l'état de maturité des fruits, s'opère d'ailleurs avec le plus grand soin, suivant les lieux d'expédition ; des emballages différents correspondent aux diverses destinations qu'alimente une production annuelle de 40 millions de citrons (2).

Orangers et citronniers ont leurs maladies et leurs ennemis. Tous deux réclament des soins minutieux et surtout une fumure substantielle, sous forme de chiftons, de cornes, d'engrais humain. Une sorte de moisissure extérieure, qui a été l'objet d'un examen spécial de Lau-

(i) Pendant plus d'un siècle, jusqu'à la première réunion du comtat de Nice avec la France, en 1793, Menton a possédé un magistrat des citrons pour la récolte et la vente de ce fruit qui atteignait alors le chiffre de 3o millions. (Bibliographie agronomique^ loc. cit.y p. 416.)

(2) A. Ronna, loc. cit.; Semaine agricole ^ avril 1882.

gier, affecte les orangers. Sans nuire à la qualité des fruits, elle dépare leur beauté et exige qu'on Tcnlève avec précaution, avant de les expédier; c'est un surcroît de main-d'œuvre. Les bois d'orangers faisaient jadis la gloired'Hyères; mais depuis 1840, les ravages d'unoîdium particulier ont fait disparaître les plantations, et les magnifiques vergers des villas Farnous et de Beauregard ne sont plus qu'à l'état de souvenir.

Algérie. — La culture algérienne de l'oranger et du citronnier, d'après la dernière statistique de 1882 , correspond à une production de 3 1 5, 000 hectolitres de fruits, représentant une valeur d'environ 2,3oo,ooo fr. Aucune indication n'est donnée des surfaces plantées.

Au nord et à l'est de Blidah, les orangeries couvrent plus de 400 hectares; elles y sont très divisées, car on en trouve peu qui couvrent cinq hectares d'un seul tenant. Les fruits ont une supériorité marquée, dit-on, sur les espèces les plus renommées de l'Andalousie et de Malte, quoique la localité se trouve à une altitude de 2 5o m. au-dessus du niveau de la mer. La moyenne hivernale y est de 10*^5 centigrades, et la moyenne estivale de 26^*6 (i). On évalue à 40,000 caisses par an l'exportation des oranges de Blidah; c'est là une fraction minime du produit des vastes cultures qui s'étendent à travers la plaine de Metidja jusqu'à Kolea et Cherchel.

A Blidah même, un hectare d'orangers donne en moyenne 120,000 fruits (2}. L'irrigation est fournie par les eaux de l'Oued-el-Kebir, dont le canal principal traverse la ville avant de desservir les plantations. Le débit d'eau par hectare d'orangers et par semaine est calculé à raison de 480 m. cubes, et les frais d'irrigation s'élèvent à 40 francs. Les arrosages se répartissent en un tour

(1) De Tchihatchcff, Espagne^ Algérie et Tunisie, p. 10 1.

(2) Ch. Joly, Société nat. d'horticulture, 1887.

de jour et un tour de nuit. La saison commençant vers la fin de mars, finit en octobre, si les pluies arrivent à cette époque.

D'autres belles orangeries sont situées à la Chiffa, à Dalmatin, à Beni-Mered, à Soumak, et principalement à Boufarik où Ton plante tous les ans. Il y a là déjà 3oo hectares environ, en plein rapport. Les plantations sont plus vastes qu'à Blidah; il y en a qui couvrent jusqu'à 40 hectares. L'irrigation se pratique en partie, à Taide des eaux de l'Harrach et du Bou-Chemla, et en partie au moyen de norias. Le produit des orangeries de Boufarik est évalué à 1,200 fr. environ par hectare.

A Bougie, les plantations d'orangers sont remarquables; elles occupent sur les hauteurs qui surmontent le village de la Réunion, le versant méridional du mont Toudja, à l'abri des vents du nord et à proximité de sources dont plusieurs ont des températures assez élevées pour contribuer à réchauffement du sol. Quoique jouissant de la même température moyenne que Blidah (17 degrés\ Bougie est à 27 mètres d'altitude et la quantité de pluie annuelle y atteint i",3io, tandis qu'à Oran, elle n'est que de o",48o. Dès les temps les plus reculés, les Kabyles ont cultivé, sur le massif de Toudja, l'oranger dont les fruits rivalisent avec ceux de Blidah.

Californie. — Dans le comté de los Angeles qui passe pour le jardin de la Californie, les orangers et les citronniers peuplent, avec les autres arbres à fruits, des vergers d'une très grande étendue. Le verger de Wolfshill par exemple, renferme 2,000 orangers, 100 citronniers, 1,000 limoniers, 100 figuiers, etc., et 55,ooo pieds de vigne; il couvre i5 hectares et produit annuellement environ 260,000 francs. Un autre verger irrigué, du colonel Kerven, contient 75,000 vignes, 5oo orangers, 3oo citronniers, des oliviers et des noyers, et rap-

porte pour les oranges seulement, 63,ooo francs. L'estimation faite de Tinstallation d'un verger de 4 hectares s'élève à 6,370 francs, c'est-à-dire par hectare, â 1,592 francs.

Fnnca.

Terrain et rigoles d'arrosages i .56o

Arbres 660

Clôture 1 . 56o

Culture et irrigation i . 5ôo

Frais imprévus 1 .040

Total G.38o

Après i5 années de plantation, les orangers donnent de 1,000 à 2,000 oranges, soit de 100 à i25 francs par arbre, ou de 1 25 à 25o,ooo francs par hectare (i).

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