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XII. — LES CULTURES POTAGÈRES ET FLORALES

La culture potagère et maraîchère fournit à la population d'un pays, aux campagnes comme aux villes, rimmense variété de légumes verts de toute espèce et de toute saison, et de légumes secs, qui se consomment en racines, en graines, en tiges, en feuilles, et donnent à la table un supplément de nourriture aussi saine qu'agréable (i). Les fleurs des jardins offrent à leur tour un délassement et un charme que l'aisance de la population tend à accroître chaque jour et à répandre davantage ; elles font l'objet dans certaines localités, pour leurs essences, leurs principes colorants, etc., d'un commerce très actif. Cette double culture qui s'exerce partout sur de grandes étendues, surtout au voisinage des centres populeux, et occupe un grand nombre de bras, exige avant tout de l'eau, au Nord, comme au Centre et au Midi. L'arrosage, obtenu au moyen des machines ou des rigoles, est la condition essentielle de production du plus grand nombre de légumes et de cultures florales. Dans le Midi, les pommes de terre, les haricots, les pois, les céleris, les oignons, etc., exigent à peu près autant d'eau que les prairies naturelles, du moins par arrosage, et les arrosages doivent être répétés à peu près toutes les semaines, mais pendant une plus courte durée.

La culture des légumes frais a reçu spécialement des circonstances économiques, un grand essor, et le commerce des primeurs a pris de nos jours une extension croissante, grâce à Tachèvement et au perfectionnement des voies ferrées. Sans les irrigations, la production légu mîère et florale du Midi n'existerait certainement pas,

(i) Puvis, Journal d'agate, prat.^ 1843-44., t. VU

La plupart des plantes fourragères de pleine terre appartiennent à l'agriculture du Nord et du Centra. Sur ses terres sèches, le Midi ne peut guère cultiver que quelques racines d'hiver; quant aux racines d'été et aux tubercules, ils y réussissent fort mal. C'est seulement dans les terres arrosables que ces cultures deviennent faciles et peuvent fournir de grands produits. La pomme de terre y donne des récoltes de tubercules peut-être plus grossiers que dans le Nord, mais plus abondants; la patate également, qui par ses feuilles fournit une grande quantité de nourriture verte; la betterave repiquée, ou semée plus tôt que dans le Nord, végétant plus rapidement sous Faction du soleil et de Teau, et plus longtemps, à cause du climat plus doux de l'automne, rend Jusqu'à loo et 120,000 kilogrammes de racines, sans doute moins sucrées, mais d'un grand prix pour l'alimentation du bétail. En dehors des racines alimentaires ou des céréales, les terres arrosables qui ne doivent jamais se reposer portent des récoltes dérobées, telles que les haricots ou les choux, dont les produits peuvent être consommés la même année; ou bien deux récoltes de pommes de terre de variétés hâtives se succédant, ou encore des carottes, des raves et des navets, semés sans attendre les pluies d'automne, comme on le fait dans les terres sèches, et venant quelques mois plus tôt à maturité.

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