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IV. VALEUR DES TERRES ARROSÉES

La valeur des terres arrosées est en relation directe avec la nature des terres et des récoltes qui sont soumises à l'irrigation. C'est un lieu commun de dire aujourd'hui que l'irrigation double, triple ou quintuple la rente de la terre et augmente en même temps la valeur foncière, ainsi que la population. Les conséquences de l'emploi de l'eau, suivant le mode adopté, sont très variables.

Il importe de rechercher dans quelles limites, pour des pays qui pratiquent de longue date les arrosages, et pour certains cas particuliers, la plus-value s'est réalisée. Si, dans les pays neufs, il est parfois facile de relever, après quelques années d'irrigation, les résultats obtenus comme augmentation des fermages; il n'est guère possible, eu égard aux nombreux systèmes de culture; extensif, intensif, pastoral, ou industriel, et à la variété des climats et des récoltes, de formuler d'une manière précise les avantages que procure aux terres arrosées le régime des irrigations.

(I) W. Willcoks, Egyptian irrigation, loc, cit. ; Introduction by lient,colonel Justin Ross, inspector gênerai, p. xix.

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France. — En France, si l'on consulte la dernière statistique (i), les valeurs les plus élevées des terres en cultures (non compris le département de la Seine) se rencontrent dans les départements du Nord, de la Normandie, de Seine-et-Oise , etc., où l'on n'irrigue pas; elles sont portées entre 2,5oo et 5, 600 francs par hectare; tandis que les valeurs les plus faibles, inférieures à 1,200 francs par hectare, se trouvent dans les départements du Centre, et exceptionnellement, dans la Haute- Vienne, les Bouches-du-Rhône, où les arrosages sont abondants et anciennement pratiqués. Il est vrai que dans quelques départements irrigués, tels que les Pyrénées-Orientales, le Vaucluse, les Bouches-du- Rhône, risère, le taux du fermage à Thectare des terres labourables est des plus élevés , étant compris entre 40 et 289 francs pour Tensemble des cinq catégories établies. Dans huit départements situés au sud-est, où les arrosages sont pratiqués, le prix du fermage des prés et des herbages dépasse 200 francs, à savoir :

£r. fr.

Haute-Loire 75 à 258

Vaucluse 95 à 240

Rhône 69 à 235

Isère 72 à 23 1

Alpes-Maritimes 58 à 226

Avcyron 61 à 225

Dordognc 64 à 2 14

Var. . . : 55 à 2o5

tandis que dans Seine-et-Marne, le montant du fermage d'un hectare de prés n'excède guère 100 francs; dans rOise, 81 francs; dans Seine-et-Oise, 80 francs, etc. Pendant une période de trente ans (i 85 2- 1882), la va-

(i) Statistique agricole de la France pour iSSa, Introduction^ p. 375.

leur vénale moyenne de Theciare a augmenté de 1,266 francs à 1,686 francs, c'est-à-dire de plus de 33 pour cent, et pour les prés et herbages spécialement, de 2,256 à 2,961 francs, soit de 3i,25 pour cent, sur le territoire entier; mais si Ton considère les augmentations par départements, on constate que parmi la catégorie moyenne, correspondant à une augmentation de 3oo à .700 francs, se trouvent certains départements arrosés du Centre ; et dans le Sud-Ouest, la Dordogne, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, THérault. Toutefois les augmentations inférieures à 3 00 francs se rencontrent précisément dans les départements de FEst : Côte-d'Or, Meuse, Haute-Saône, Jura, et dans ceux du Sud-Ouest : Isère, Basses- Alpes , Vaucluse, Var, Bouches-du-Rhône, Gard, etc., dont la richesse est due en partie aux irrigations (i).

Sauf dans certains départements à irrigation, tels que la Nièvre et l'Allier, le Tarn-et-Garonne, la Haute- Garonne et l'Aude, qui accusent une plus-value des terres, supérieure à 700 francs, pendant cette période trentenaire, le classement ne peut servir à établir la progression de la valeur foncière due aux arrosages.

Il en est autrement de la comparaison du revenu net imposable, qui représente sensiblement le taux moyen du fermage pour les terres labourables et les prés. Ce revenu s'est accru dans l'ensemble des cultures, de 39,16 pour cent, et seulement de 33,25 dans les terres labourables et les prairies. Très variables d'un département à l'autre, les différences du revenu net apparaissent comme maximum dans cinq départements du Sud-Ouest : l'Aude, l'Hérault, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales, quoique les

(i) Statistique agricole^ loc. cit.^ p. 390.

pleins effets des améliorations dues aux arrosages n'y aient pas été ressentis depuis assez longtemps. Elles se révèlent comme minimum dans les départements déjà irrigués du Sud-Est : les Hautes-Alpes, l'Ardèche, la Drôme, les Bouches-du-Rhône , le Vaucluse , le Var, etc.; et aussi dans le Centre : Creuse, Corrèze, Cantal, qui irriguent les prairies.

C'est seulement par des faits indépendants du jeu des moyennes, que Ton arrivée préciser le rôle des arrosages sur la plus-value des terres. Ces faits sont tellement nombreux qu'il semble superflu de les mettre en lumière. Dans la région du Midi, ils abondent; aussi bien celui signalé par le comte de Gasparin, à Pierrelatte, où 14 hectares de terrains sablonneux, provenant d'un bois défriché et coûtant 18,000 francs, ont rapporté dès la première année, à l'aide de Tirrigation du canal de la Donzère, 35o.ooo kil. de luzerne valant 18,000 francs, c'est-à-dire le prix d'achat (i), que celui des terres de l'arrondissement d'Hyères, où la terre non arrosée s'affermait, il y a cinquante ans, au prix moyen de 100 francs l'hectare, et la terre à jardin, également non arrosée, au prix de 400 à 5oo francs; alors qu'aujourd'hui, ce dernier prix a triplé, de môme que l'étendue des jardins irrigués (2).

Haute- Garonne. — Il n'en reste pas moins une dernière question à examiner dont la solution ne ressort pas clairement de tous les exemplesque l'on peut citer, à savoir : quel est l'intérêt pécuniaire que peuvent avoir des agriculteurs à arroser leurs terrains, dans des pays où les irrigations ne sont pas installées, ou bien peu répandues. Comme le fait remarquer l'ingénieur en chef,

(1) De Gasparin, Cours d'agriculture, loc. cit., 1. 1, p. 458.

(2) H. Doniol, Journ, agric. prat., 1864, t. II.

M. Fontes (i), c'est pourtant la question la plus intéressante pour les arrosants; elle se décompose en deux points : à quelles dépenses de premier établissement par hectare entraîne l'appropriation des terrains, et quelle augmentation de revenu doit-on en attendre?

Avec un soin digne d'éloges, M. Fontes, pour répondre à ces deux points, a relevé les résultats pratiques d'irrigations de diverses catégories, dans des localités très variées du département de la Haute- Garonne, sur une superficie d'environ 1,200 hectares. Ce relevé s'applique, pour plus de la moitié, à des arrosages pratiqués au moyen du canal de Saint- Martory, et, pour le reste, à des arrosages effectués par des syndicats, à l'aide de systèmes très différents, sources, dérivations de rivières, etc., à des altitudes diverses, et dans des terrains de nature variée sous le rapport orographique et géologique.

Le travail qui est relatif aux arrosages du canal, indique, outre la contenance de chaque propriété, la nature du sol formé le plus souvent de gravier, et du soussol, formé de gravier, ou de grès; le genre de culture comprenant principalement des prés et des sainfoins; les modes d'arrosage par ados simples, ou par ados et déversement; les plus-values annuelles des propriétés ou parcelles, avec et sans amortissement. Ces derniers chiffres sont rapportés à l'hectare, en regard des frais de premier établissement que comportent les opérations d'aménagement et de nivellement du sol, les labours et piochages, les engrais et l'ensemencement, de telle sorte qu'à côté du revenu net annuel, avant l'arrosage, ressort celui obtenu après l'arrosage, déduction faite de

(0 Fontes, Considérations sur les avantages des canaux d'irrigation; Assoc. française pour V avancement des sciences, 1888, p. 904.

48o LES IRRIGATIONS.

lo pour cent du total des frais de premier établissement.

Puisées dans un ensemble de 578 hectares qui ont été répartis en quatre groupes de propriétés, les données donnent lieu aux moyennes suivantes, par hectare arrosé

ti.

Frais C Aménagement des terres 259

de premier 5 Engrais ^ 36

établissement. ( Ensemencement 43

Total par hectare 358

Revenu net annuel avant Tarrosage, par hectare T19

Frais moyens par an , tout compris 108 fr.

Revenu brui annuel , par hectare 873

Revenu net annuel après arrosage, par hectare 205

Plus-value annuelle sans amortissement, par hectare. . . 146 — avec — par hectare... iio

Ainsi le revenu net annuel, du fait de Tarrosage, a augmenté, sans tenir compte de l'amortissement du capital engagé, de 146 fr. en moyenne, par hectare, et en retranchant l'amortissement, de 1 10 francs; ce qui équivaut à peu près à doubler le revenu de la terre. Quelques propriétaires sont même arrivés, ajoute M. Fontes, à une plus-value nette supérieure à 200 francs.

Les conclusions à tirer des données fournies par les arrosants du canal se résument en ceci, qu'en consacrant 35o francs à l'aménagement du terrain et des rigoles, 100 francs à l'engrais, et 5o francs aux premiers semis; au total, 5oo francs comme premier établissement; et en dépensant par an i3o francs comme frais de culture, on peut, dans des circonstances normales, à l'aide d'ir-

rîgations soignées, s'assurer une plus-value nette d'au moins i5o francs, soit, plus de loo francs par hectare, si Ton comprend l'amortissement du capital engagé.

Les résultats relevés auprès des associations et des syndicats du département, organisés en vue des irrigations, à Labarthe-Inard, Soueich, Lestelie, Saint-Gaudens , Villeneuve, etc., où l'abondance des eaux dispense de créer des canaux à grande portée, confirment ceux des arrosages de la plaine au moyen du canal. La plus-value nette annuelle constatée sur 61 5 hectares s'élève, en effet, à 169^,63, au lieu de 146 francs; mais cette dernière, pour rendre la comparaison exacte, devrait être augmentée du prix de la redevance exigée par le canal, soit, 3o francs en moyenne, ce qui la porterait à 176 francs.

On peut en déduire encore que Tinfluence de la région sur les plus-values résultant des arrosages , et l'action des eaux, qu'elles soient fournies par les sources, les rivières ou les canaux, ne sont pas très sensibles, quoique les climats, la durée des saisons et la végétation diffèrent à peu près autant d'une localité à l'autre du département, que d'une région à l'autre de la France.

Belgique. — Dans un rapport adressé au ministère de l'Intérieur sur rétat des irrigations de la Campine, pendant Tannée 1876, Keelhoff relève les prix de vente des terres irriguées depuis quelques années seulement, à savoir (i) :

Prix

do par

vente hectare.

fr. ff.

1873. Vente Demulder : 28 hect. prairies 75.000 2.678

— — Van der Gracjit : 49 hect. prairies. 125.000 2.55i

1875. — Sampcrmans : 10 hect. prairies 21.000 2.100

— — Delbrouck : 47 hect. prairies 120.000 2.553

1876. — Clcrmont : 21 hect prairies 55.ooo 2.619

(I) Bulletin du Conseil super, de Tagriculture t Bruxelles, 1876, t. XXX. T. m. 3i

Si Ton considère, ajoute Keelhoff, que ces terrains valaient de loo à 1 5o francs par hectare, avant d'être transformés en prairies irriguées , les prix de vente peuvent paraître élevés; cependant les acquéreurs, en exploitant leurs prairies avec soin, retirent aisément 7 à 8 pour cent du capital engagé. Les acquisitions ont donc encore été faites à bon compte; en tous cas, elles font voir que grâce aux irrigations, des terrains invendables, il y a dix années, étaient déjà sérieusement appréciés.

Italie. — En Italie , bien plus qu'en France, l'écart de prix des fermages et de la valeur vénale des terres , est attribuable à l'irrigation de l'ensemble des cultures, plutôt qu'à celle des prairies. La Lombardie, par exemple, dans laquelle un tiers du territoire cultivable est soumis à Tirrigation, n'a de prairies naturelles, par rapport aux prairies en assolement, que dans la proportion de 9 à 1 1. En Vénétie, au contraire, les terres irriguées ne forment qu'un soixantième du territoire arable, et les prairies artificielles sont aux prairies permanentes, dans le rapport de 8 à i (i).

La nature des terrains est un point essentiel à considérer pour juger de la plus-value que donnent les arrosages. Ainsi, en présentant le projet du canal qui porte son nom, l'ingénieur Villoresi cherchait à démontrer que la production d'un terrain arrosé est à celle d'un terrain sec, comme 9 est à i pour les sols siliceux; comme 5 est à 3 pour les sols silicéo-argileux, et comme 3 est à 2 pour les sols argileux et compacts. Le collège des ingénieurs de Milan, chargé de revoir le projet, s'est prononcé pour l'augmentation de produit net, sur les divers terrains, dans les termes suivants (2) :

(1) Maestri, C Italie économique en /SOj.p. 52.

(2) Cantalupi, la Scien^a e la pratica délia stima; 1870. p. 80.

tt.

Terrains légers siliceux 69.46

— silicéo-argileux 64.90

— argilo-siliceux 61.25

— compacts 5 1 .98

Presque partout en Lombardie, le terrain, par luimême, n'a pas grande valeur; sur beaucoup de points, le sol n'est que du caillou, du galet, ou du gravier recouvert de 2 ou 3 centimètres de terre végétale (i ); les prés irrigués y viennent admirablement et donnent quatre coupes de foin, plus un regain à l'automne.

Les grèves des petits torrents de Monte Scuderi, près de Messine, sur lesquelles les cultivateurs arrosent le froment en hiver, comme ils feraient pour des marcites, rendent sans engrais, de 2 5 à 3o ex 40 hectolitres de grain par hectare (2).

Les terres arables de bonne qualité, dans la haute Italie, s'afferment entre 120 et i5o francs à l'hectare; mais si elles sont arrosables, le prix du fermage, net de la redevance de l'eau, atteint de 200 à 25o Francs. Pour les terres de moins bonne qualité, le loyer, du fait de l'irrigation, s'élève de 40 et 5o francs Jusqu'à 100 et 120 francs; ce qui laisse dans les deux cas, en sus des 40 à 5o francs qui représentent les frais d'appropriation des terrains, un produit net de 20 à 5o francs, correspondant à la rente naturelle due à l'eau d'arrosage (3).

D'ailleurs, certains terrains plantés en arbres fruitiers qui valent de 20,000 à 40,000 francs l'hectare en Ligurie (4), se louent pour la même culture, sur le territoire de Sorrente, jusqu'à 2,000 fr. par hectare ''5).

(i) Voir tome I, pp. 19 et i52.

(2) Ottavi, la Chiave dei campi, % 94.

(3) Bordiga, Economia rurale; loc, cit., p. 373.

(4) Bertani , Inchiesta agraria; loc, cit., p. 209.

(5) De Siervo, Inchiesta agraria; loc. cit,, p. 40.

Quelques hortolagçs se vendent aux environs d'Asti, entre 12,000 et 3o,ooo fr. ( i), et se louent en Sicile au prix de 2,5oo à 3, 000 fr. Thectare (2). On compte la valeur vénale d'un hectare de marcite, dans le Milanais, entre 10,000 et i 5, 000 francs (3). Il s'agit, il est vrai, de cultures spéciales, plus ou moins comparables, suivant les provinces de l'Italie, pour lesquelles l'arrosage est indispensable; mais on peut estimer d'une manière générale, dans la grande vallée du Pô, le prix moyen des terres irriguées entre 5ooo et 6,000 francs par hectare, et celui des terres non arrosées, à cultures variées, de l'Italie ce ntrale, de 1,000 à 3, 000 francs (4).

Lombardie, — Les recherches que Jacini a entreprises pour déterminer, sur base du revenu net, la valeur des terres irriguées de la Lombardie, établissent que ce revenu, considéré comme redevance de fermage annuel ou canon, doit être diminué des frais d'entretien courant, des dépenses d'administration et des impôts, avant d'être capitalisé.

Les frais d'entretien sont le plus souvent élevés, en raison des ouvrages d'art que comportent les canaux; on peut les évaluer, dansla plupart desexploitations, ài4fr. par hectare. Les frais d'administration diffèrent suivant les propriétaires. Quant aux impôts, ils excèdent comme principal tout ce que l'on trouve ailleurs en Europe, et par surcroît, les impôts des provinces et des communes qui vont toujours en augmentant, ne font qu'aggraver la charge de l'impôt foncier. Ainsi, dans certaines fermes crémonaises où se révèle la disproportion la plus forte entre le revenu et l'impôt de la terre, la

(i) Meardi, Inchiesta agraria; loc, cit., p. 5 i3. (3) Daimîan'u Inchiesta agraria ; loc, cit,, p. 33.

(3) Jacini, Rela\ione générale ; loc, cit., p. 104.

(4) Bertagnoli, loc, cit. , p. 34.

totalité des impositions représente 5o pour cent, non pas du revenu net, variable suivant l'année agricole, mais bien du loyer des terres, pendant neuf ou douze années, tels que Tont fixé les enchères publiques.

D'après cela, le revenu net des exploitations, en Lombardie, se capitalise entre 4 et 5 pour cent , mais plutôt à 4 pour cent.

Si Ton envisage, avec Jacini, les diverses zones de cultures dominantes, on constate que, pour la basse plaine occidentale, dans la zone des marcites, avec des baux comportant de 3oo jusqu'à 700 francs de loyer par hectare, la valeur vénale, déduction faite des frais indiqués et des impôts, est comprise entre 5,ooo et i5,ooo francs par hectare. Dans la zone des prairies artificielles, le prix du loyer à bail variant entre 200 et 25 o francs, la valeur vénale ressort, par hectare, de 3, 000 à 3, 5od francs. Dans la zone des rizières, le prix du fermage des exploitations moyennes (Pavesan) étant compris entre 180 et 200 francs, la valeur vénale, toutes déductions faites, est de 2,5oo à 3,5oo fr. par hectare. Enfin, dans la zone du lin, le prix du fermage variant de i3o à 200 francs par hectare, la valeur vénale, à cause de l'importance exceptionnelle des impositions, est comprise entre i,5oo et 3, 000 francs.

Pour la basse plaine orientale où les irrigations sont moins développées, le loyer variable correspond, à partir de 800 fr. jusqu'à 2, 5 00 fr. montant de la valeur vénale des terres, aux exploitations bien ou mal gérées, et plus ou moins étendues. Les fermes irriguées de cette région, que le propriétaire exploita directement , ne comportent en déduction du produit brut que les impôts et les frais de culture, pour le calcul du revenu net. Le travail du propriétaire, l'intérêt et Ta-

mortissemcnt du capital engagé, n'entrent pas en ligne de compte.

Dans le Pavesan, au contraire, pour évaluer la rente d'un domaine rural, abstraction faite de Timpôt, on compte les six dixièmes et au delà du produit brut, comme frais de culture, de loyer et autres, à sa voir (i) :

i"* Frais de culture : semences, façons du sol, engrais, irrigations, entretien des bâtiments, conservation, préparation et transport des produits , salaires fixes et gages journaliers, outils, animaux en réserve, accidents, gestion, etc.;

2° Prix du loyer, quand le propriétaire n'exploite pas personnellement;

3" Intérêt du fond de roulement, représenté par les bétes de rente et de travail, le matériel et l'argent en caisse.

Cest dans ces mêmes conditions que se calcule, en Lomelline, la rente des exploitations d'une étendue comprise entre 20 et i oo hectares, et au-dessus. Cet arrondissement dont nous avons fait connaître les caractèies topographiques, géologiques et climatériques (2), permet, en se bornant aux résultats de six années (1872 à 1877), d'apprécier par un seul exemple le régime économique des irrigations, dans une des zones les mieux cultivées de la Lombardic.

Le travail statistique publié par la chambre de commerce de Pavie, dont le tableau XLII est extrait, facilite la comparaison des cultures sur une étendue de 97,5 10 hectares irrigables , sous le rapport des récoltes, comme quantité et comme valeur; du produit brut et des dé-

(i) Saglio. Inchiesta agrariûf loc. cit. .'2) Voir lomc I, p. 220.

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