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penses de culture; et finalement, du revenu net par hectare (i).
Le vaste périmètre de terres irrigables, comprenant 63,876 hectares annuellement arrosés, produit 726,000 , hectolitres de riz dépouillé; 96,700 hectolitres de petit riz; 1,173,300 hectolitres de froment, seigle, avoine, maïs, haricots, graines de lin et de navette; ensemble 1,996,000 hectolitres, sur lesquels la consommation locale prélève environ 853, 000; ce qui laisse 1,143,000 hectolitres pour la vente ou l'exportation . Il y a lieu d'ajouter à cette production : 676,000 quintaux de foin provenant des marcites; 3,280,000 quintaux de foin des prairies irriguées, permanentes et temporaires, et les légumes divers fournis par 2,717 hectares de potagers.
La culture dominante du riz améliore les terres plutôt sablonneuses du district. Dans les bons sols, bien cultivés, la rizière rend couramment yS quintaux de riz brut; les marcites 225 quintaux de foin; les prés arrosés 145 quintaux de foin, et les terres arables donnent en céréales : 20 hectol. de froment; 24 hectol. de seigle; 54 hectol. d'avoine, ou de maïs. En y comprenant les rizières permanentes d'un rendement médiocre , le produit brut moyen des terres arrosées est de 5I5^5o par hectare; tandis que celui des terres sèches (10,875 hectares) atteint à peine 190 fr.
Dans cette période de six années, sur les terres arrosées et bien cultivées, le prix des fermages a doublé ; il est en moyenne de 180 francs, mais il atteint jusques 220 francs par hectare.
Il semble qu'il n'y ait rien à ajouter à un pareil tableau pour démontrer la puissance de l'irrigation sur des terrains d'alluvion, légers, siliceux et de niveau, entre-
(i) p. Farina, Cenni intorno aU'inJuitria agricoU delta Lom*llina ; loc. cit.
mêlés de véritables sables [sabbioni], qui rendaient, avant 1871, un produit net de 10 à i5 francs par hectare.
Sur 10,307 hectares delà Lomelline rendus arrosables, de 1872 à 1877, par des travaux qui ont coûté ensemble 7,i5o,ooo francs, soit 694 francs environ par hectare, on a élevé le produit de 90 à 270 francs, par hectare, et le produit total de 928,600 fr. à 2,782,900 francs. La différence de i,854,3oo francs, par rapport au montant dépensé en travaux, représente un intérêt annuel de 25,90 pour cent.
Reggio, — Dans la province de Reggio (Emilie), la valeur vénale et le prix de fermage à l'hectare, des terres en prairies irriguées et en prairies sèches, tout en n'accusant pas des écarts aussi prononcés qu'en Lomelline, méritent d'être rapportés ( i ) :
Taleur Prix
vénale, de fonoAgo.
fr. fr.
Prairies irriguées 2.228 144
— non irriguées 1.273 96
— — avec vignes et ar-
bres de rapport. 1.446 129
Prairies artificielles 1 .446 1 1 3
Rizières i.3o8 ii3
Alpes, — Pour les prairies en montagne, la plusvalue que donne l'irrigation, sur le versant des Alpes italiennes, aux terres rocheuses, presque inaccessibles, n'est pas négligeable.
Dans les Alpes lombardes et piémontaîses, l'irrigation des prés se pratique en effet, jusqu'à la limite des glaces. L'eau de la fonte des neiges, malgré sa température peu
(i) Chizzolini, Sut poderi concorrenti al premio d'onorc; loc. cit.
élevée est conduite après un certain parcours, directement sur les prairies. Les montagnards italiens, comme ceux des Pyrénées françaises, du Valais, du Tyrol autrichien, ont montré une grande intelligence pour détourner les obstacles superficiels et adapter les canaux et rigoles aux ondulations des pâturages alpestres. Marsh fait remarquer qu'ils parviennent par Tirrigation à obtenir de bonnes récoltes sur des terrains tellement inclinés que les paysans, principalement les femmes, ne peuvent s'y maintenir sans se faire accrocher, ou bien sans être pourvus de chaussures à crampons (i). La coupe de l'herbe à de pareilles hauteurs leur fait courir les plus grands dangers; mais les terres de prairie sont chères; une bonne prairie arrosable se vend couramment de looo à 2 5oo francs l'hectare.
Le tableau XLIII reproduit les données relatives à la valeur vénale des terres sèches, des terres irriguées, et des terres marécageuses, soumises à la culture dans la Haute Italie, telles que Pareto les a mentionnées dans son rapport sur les bonifications et irrigations ' -).
Espagne. — Des trois zones de grande production que comprend la péninsule Ibérique, celle plus septentrionale, consacrée aux prairies et au bétail, qui occupe la Galice et les Asturies, pratique les irrigations, à portée de Teau des sources et des ruisseaux des monts cantabriques, jusque sur les versants les plus déclives. Les prairies arrosées (de regadio) forment deux groupes; dans Tun de ces groupes, l'herbe est pâturée en vert; dans Tautre, elle est fauchée et fournie au bétail dans les étables. La production essentiellement fourragère des
(1) G. p. Marsli,/rr/^j/iort; its evils and compensations; loc. cit., p. 370. 2) Fareto, Sulle bonifica\ioni ed irrigayioni ; Rela^ione, i865.
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provinces basques n'admet que la culture alterne du blé et du maïs.
Dans la zone centrale, dite des céréales, qui s'étend sur les provinces d'Avila, de Valladolid, de Salamanca, sur la vallée à climat humide et tempéré du Douro, rirrigation ne joue aucun rôle.
C'est seulement le long de la côte orientale de la Méditerranée, où domine Tirrigation, que Ton rencontre les productions les plus variées des huertas, et des plus célèbres vegas de Valence, d'Alicante, de Murcie, de Grenade, etc. Cette zone se caractérise par Teau uniquement. Sur tous les points où l'eau est disponible, Tagriculture se développe et acquiert une intensité remarquable de production, qui la place au premier rang.
On comprend (^[li'avec trois zones aussi distinctes, la recherche de la plus-value des terres arrosées soit difficile. Au nord, l'irrigation, grâce au climat humide et au sol profond, est facultative; au centre, elle est nulle; à Test et au midi, elle devient la condition impérieuse de toute végétation. Aussi, le dicton applicable à cette dernière zone, qu'en Espagne Teau vaut plus que la terre, ne manque-t-il pas de justesse. Une évaluation populaire, fondée sur une pratique de bien des siècles, assigne le rapport de 5 à 20 entre le sol et Teau.
Aux environs de Valence, la terre arrosée se paye de 3700 à 4700 francs Thectare, et dans un rayon plus éloigné, de 2000 à 2600 francs, tandis que la terre non arrosée {di secano) vaut à peine 5 00 francs (i). Dans la vallée du Gcnil, à Palma del Rio, le prix moyen de l'hectare planté en orangers, etc., est de 10,000 francs, pouvant atteindre i5,ooo francs (2). Dans une autre vallée
(i) Report on irrigation ofthc valleys ofCalifornia; Washington, 1875, (2) Aymard , Irrigations du miii de l'Espagne, loc, cit.
celle du Tage, la terre arrosée rend douze fois plus que celle non arrosée. Dans la province de Madrid, on compte sur une plus-value quadruple et même décuple des terres, par la possibilité de les arroser.
En Catalogne, \aihuerta très étendue de Lerida, qui possède des eaux abondantes et un système d^arrosage remontant au temps des Maures, se trouve dans des conditions exceptionnelles, permettant d'affermerles terres au prix de 3oo à 400 francs l'hectare (i). De même, la valeur vénale moyenne des terres de la huerta de Manresa qu'arrose le Llobregat, est comprise entre 4000 et 3ooo francs; sur la rive droite du Llobregat, la terre vaut jusqu'à 10,000 francs Thectare. Enfin, dans la vega du Besos, le prix moyen de 10,000 francs des terres arrosées représente le triple de la valeur des terres sèches (2).