EMMA6ASINEMENT DES EAUX DE LÀ CRUE DU NIL
construit dans le Nil même, avec des ouvertures pourvues de vannes et capables de laisser passer les plus fortes crues ; elle condamna toute construction d'un barrage plein avec déversoir latéral, considérant que cette dernière solution était de nature à amener un prompt envasement du réservoir.
L'emplacement de Silsileh fut rejeté, parce que la roche de grès qui se trouve en cet endroit, traversée par des couches d*argile, ne paraissait pas assez solide pour résister aux pressions des retenues proposées.
Il en fut de même pour Kalabcheh, parce que la trop grande profondeur du lit du fleuve (22 mètres en basses eaux) rendait la construction difficile et que le peu de largeur du chenal ne permettait pas de donner au barrage assez de développement pour Técoulement des crues.
Le granit à Philœ fut trouvé trop fissuré.
Enfin, remplacement préconisé par M. VVillcocks, au sud de la cataracte d'Âssouan, fut reconnu par la commission comme satisfaisant aux principales conditions jugées nécessaires, qui sont : un rocher de fondation solide et compacte, un lit assez large pour qu'on puisse ménager dans le barrage les pertuis nécessaires à Técoulement des crues sans vitesse exagérée, des chenaux peu profonds pour diminuer les difficultés de Texéculion.
La commission recommandait, en principe, que la hauteur maxima d'un barrage percé d'ouvertures ne dépassât pas 35 mètres avec une retenue maxima de 25 mètres.
Il semblait résulter des conclusions de la commission que le projet qui allait être réalisé serait un barrage, établi sur la crête de la cataracte d'Âssouan, avec une retenue de 23 mètres, donnant pour le réservoir une cote d'altitude de 115 mètres au-dessus du niveau de la mer et une capacité utile de 2 700 000 000 mètres cubes. Mais cette retenue noyait presque entièrement les superbes monuments qui couvrent l'île de Philœ. Une grande agitation se produisit, dans le monde des savants et des artistes, contre le manque de respect des ingénieurs pour les vestiges du passé, et finalement, cédant à celte pression, on adopta pour le niveau maximum du réservoir la cote 106 mètres, soit une retenue de 20 mètres sur le barrage avec une capacité totale de 1 065 000 000 mètres cubes. C'est ce projet qui vient d'être exécuté.
Même avec ce niveau réduit, Teau baigne tous les monuments de l'île de Philœ pendant trois ou quatre mois par an, sur une hauteur de deux ou trois mètres, sauf le grand temple d'isis qui reste toujours à sec. Une somme de 580000 francs a été affectée à des travaux de consolidation de ces antiques constructions, qui ont été reprises en sous-œuvre dans toutes les parties qui ne reposaient pas directement sur le roc.
Le barrage comporte un canal de navigation avec écluses sur la rive gauche.
Barois. — Les irrigations eu Egypte, 15
226 LES IRRlGATIOiNS EN EGYPTE
Tout l'ouvrage fut achevé en décembre 1902 et a commencé à fonctionner pendant Téliage de 1903. Mais il ne rend pas encore tous les services pour lesquels il a été projeté, l'ensemble des travaux nécessaires pour Tutilisation de leau emmagasinée n*élant pas encore terminé.