‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 114 sur 159 · MACHINES A VAPEUR · texte numérisé non relu

MACHINES A VAPEUR

La plupart des machines que nous venons de décrire sont remarquables par la rusticité de leur construction et la simplicité de leur emploi ; elles font partie de ce patrimoine d'instruments primitifs qui ont été légués aux générations actuelles par le génie inventif des premières races d'agriculteurs, et qui se sont transmis, à travers les siècles, avec ce caractère de tradition et d'invariabiltié que conservent les choses d'Orient. A ces appareils grossiers, dont les dispositions sont fondées sur l'utilisation des forces de l'homme et des animaux, sont venues s'ajouter, dans le courant du siècle dernier, la machine à vapeur et les pompes.

La machine à vapeur est en général une locomobile, et la pompe, une pompe centrifuge ; ce sont deux engins faciles à transporter et à mettre en place. Le plus souvent la locomobile est abritée par un petit hangar en planches ou par une hutte en terre recouverte d'une terrasse ; à quelques pas, la pompe centrifuge, reliée au moteur par une courroie, et fixée sur un châssis en charpente ou sur une petite plate-forme en maçonnerie^ plonge dans le canal son tuyau d'aspiration.

Il existe toutefois, un peu partout, des machines fixes actionnant également des pompes centrifuges. Les pompes ordinaires avec machines fixes ne se rencontrent guère que dans les établissements les plus importants, et surtout sur les bords du Nil, oii les hauteurs d'aspiration sont beaucoup plus fortes que sur les canaux et peuvent atteindre, dans la Haute Egypte, par exemple, jusqu'à 11 mètres.

Toutes ces machines et leurs installations ne diffèrent en rien de celles qu'on peut trouver dans tous les pays du monde ; il est donc inutile d'insister sur leur description.

Les machines à vapeur servant à Tirrigation sont alimentées en général avec du charbon ; mais, ce combustible étant cher en Egypte, Tagriculteur, toutes les fois qu'il le peut, brûle des tiges de fèves, de la paille provenant des récoltes ou des bois de cotonnier.

Avec des hauteurs d'élévation de 3 à 4 mètres, fréquentes dans la Basse Egypte, on calcule qu'une pompe centrifuge, ayant un tuyau d'aspiration du 0,10 m. de diamètre, arrose en vingt-quatre heures un hectare et demi et peut desservir de 22 à 26 hectares, suivant que l'on cultive 30 p. 100 ou 40 p. 100 de la superficie en coton. Elle équivaut à 4 sakiehs. Une pompe de 0,20 m. de diamètre, qui est le type le plus répandu, arrose en vingtquatre heures 8 hectares, et peut desservir de 118 à 140 hectares; elle équivaut à 22 sakiehs.

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