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DIGUES DES BASSINS

Les digues qui forment les bassins d'inondation sont, les unes transversales, séparant les bassins les uns des autres; les autres longitudinales,

séparant des chaînes parallèles de bassins ou isolant les bassins de terrains

vî

affectés à Tirrigalion, ou du Nil, ou de cours d'eau tels que le canal Sohaghieh ou le Bahr Yousef.

Le tracé de ces digues, le plus souvent très anciennes, est généralement assez sinueux. Cela tient surtout, sans doute, à ce que, lorsqu'une digue se rompait, des affouillements se produisant à son emplacement, on reculait un peu Tassiette de la partie à reconstruire afin d'éviter des frais trop

considérables de remblai. Peu à peu, dans la suite des temps, les alignements primitifs ont eu ainsi une tendance à disparaître.

Étant établies sur un sol presque uniformément plat, la terre des digues est prise de chaque côté de leur emplacement, dans des fosses d'emprunt creusées au pied des talus; c'est aussi dans ces fosses d'emprunt qu'on prend la terre nécessaire aux rechargements. Le profil en travers des anciennes digues est généralement peu régulier; mais on le ramène peu à peu à un type uniforme indiqué par la figure 65.

C'est au moment du remplissage, et dans les cas de vidange subite et accidentelle du bassin aval, que ces digues ont à supporter la plus forte pression, ou encore lorsque le bassin est par accident rempli outre mesure.

Les digues peuvent avoir alors à supporter des pressions de 1,50 m. à 2 mètres d'eau, rarement plus.

Les digues longitudinales des bassins sont construites comme les digues trans-

„ , ,, ^ .... versales : mais lorsqu'elles sont destinées

à isoler un bassin d'un terrain d'irrigation, Fig. 68. la chambre d'emprunt extérieure au bassin

est souvent utilisée comme fossé de drainage arrêtant les infiltrations qui proviennent des eaux du bassin et qui pourraient compromettre les récoltes irriguées.

L'une des causes principales de destruction des digues réside dans les vagues que le vent du nord, vent régnant pendant la saison de la crue, produit à la surface des bassins. Ces vagues sont d'autant plus fortes que les bassins ont plus d*étendue et de profondeur; elles désagrègent les talus. On a cherché à y remédier par des plantations de roseaux ou d'autres plantes ; mais, dans cette terre desséchée pendant la plus grande partie de Tannée, les résultats ont été peu satisfaisants. Le procédé qui tend actuellement à se généraliser consiste à faire un revêtement en pierres sèches sur le talus nord des digues, comme l'indiquent les profils des figures 66 et 67. Les perrés sont faits avec des pierres pesant de 35 kilogrammes à 70 kilogrammes, les interstices étant remplis avec des pierres plus petites et des débris de carrières; ils ont 0,40 m. à 0,50 m. d'épaisseur.

Ces perrés coûtent en moyenne de 6,50 fr. à 8 francs par mètre linéaire de digue; mais lorsque les vents ont été violents et les vagues fortes, ils nécessitent des frais d'entretien assez élevés ; l'eau lancée contre le revêtement pénètre en effet à travers les joints jusqu'au corps même de la digue, qui est alors attaqué. Aussi a-t-on adopté pour certaines digues plus exposées un mur de défense disposé suivant le croquis ci-contre (fig. 68).

Ce mur coûte 13 francs le mètre courant ; il est en pierre, avec mortier

de chaux et de limon du Nil et rejointoiement en bon mortier hydraulique. C'est une très bonne protection.

Il existait, en 1901, 307 kilomètres de digues protégées par des revêtements et le travail se poursuit chaque année.

Parmi les anciennes digues, il en est une qui est spécialement intéressante, c*est celle qui limite en aval le grand bassin deKocheicha^ bassin qui a une superficie de 33 600 hectares. Pour empêcher les désastres qui arriveraient à se produire si Ténorme quantité d'eau qui remplit ce bassin venait, par suite d'une rupture de digue, à se précipiter à travers les terres situées en aval, on a voulu donner une force exceptionnelle à cette digue. Elle est formée d'un noyau de terre compris entre deux murs en maçonnerie parallèles espacés de 8 mètres environ lun de l'autre.

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