‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 134 sur 159 · PL.X · texte numérisé non relu

PL.X

Fig.l -Elévation amocn fonte du Barraje d'Assiout (Fif 6.7,8.) Echelle de o"^ 002 p. 1? EcbeUe de o'!'ioop.l^

■• jiip .^t

Fi^. 6 Section horizoatale

^5^ ^ jz5

Portes métalliques du Barç^

EcheUe de ^ Fi^. 3 Elévation

.-. ^\-. .z-n^i-^icr^^r

■■ii-:-lî::1^-if^:4M J

Fi^5 Plaa l^oiipe horizr,

5,00 5Ao

Fi|. 7 — Elévation A

et. Béraager, Editeur à Paris.

/TTi/ï. Monroc^. Paris Ed.Oberlin.,Gr.

profondeur. On employa pour les épuisements 8 pompes centrifuges de 0,30 m., 2 de 0,25 m. et 4 de 0,20 m. ; les pompes étaient actionnées par des machines verticales à action directe et étaient montées sur des massifs de maçonnerie, de 2 mètres de côté, foncés sur des puits dans le lit du fleuve jusqu'à la cote 38,50 m. On eut à se défendre contre de nombreuses sources se faisant jour sur remplacement du radier ; on les capta dans des tubes en fonte s'élevant jusqu'à 7 mètres au-dessus du radier; ces tubes étaient encastrés dans la maçonnerie ; une fois la campagne terminée et le chantier couvert d'eau, on les remplissait de ciment jusqu'au niveau du seuil du barrage et on coupait ce qui dépassait ce niveau.

Pour protéger contre les aflfouillements, pendant la crue, l'extrémité de la partie du radier qui venait d'être achevée, on enfonça les derniers pieux en fonte à 7 mètres de profondeur, et on recouvrit la maçonnerie et le sol voisin sur une certaine longueur avec des sacs de sable.

La seconde campagne commença le 23 novembre, les eaux du Nil étant à la cote 47,50 m. Les digues d'enceinte du chantier comprirent d'abord 110 mètres de longueur de barrage, depuis la partie construite Tannée précédente, et 100 mètres de longueur à partir de la rive droite ; puis, les fondations terminées sur ces deux sections, on fit, à la suite, une nouvelle enceinte de 150 mètres de longueur du côté rive gauche et de 140 mètres du côte rive droite. Toute la partie restante du Nil fut ainsi barrée successivement pendant la campagne ; la navigation fut reportée sur un point du radier terminé. Le 23 juillet, les digues se rompirent; on avait alors battu les deux files de pieux sur toute la longueur du barrage, mais la maçonnerie du radier restait inachevée sur 140 mètres et non encore commencée sur 20 mètres de longueur.

Dans la troisième campagne, on fit d'abord une enceinte de digues autour de la partie inachevée du radier; le travail était difficile, parce que le chenal principal du fleuve s'était reporté de ce côté-là pendant la crue. Après des essais infructueux d'épuisement, ne pouvant atteindre la cote du dessous du radier, on prolongea les digues amont et aval jusqu'à la rive droite, enfermant ainsi une surface totale de 54 000 mètres carrés. Les épuisements nécessitèrent l'emploi de 15 pompes centifuges de 0,30 m., une de 0,25 m., une de 0,20 et une de 0,15 m.

Pendant ces deux dernières campagnes, on eut encore à capter un grand nombre de sources; on procéda comme dans la première année; on en eut ainsi à aveugler 974 sur tout l'ensemble de l'ouvrage.

Pendant la dernière campagne, certains symptômes faisaient craindre que des poches ne se fussent produites, par suite des fouilles et des épuisements, sous les deux extrémités du radier entre lesquelles il restait à travailler; par précaution, on fit des forages distants de 3 à 4 mètres dans

la maçonnerie de Tannée précédente, jusqu'au sol de fondation, et on y coula du ciment au moyen de tubes en fonte s'élevant jusqu'à 5 mètres de hauteur au-dessus du radier. On procéda de même sur une assez grande partie du radier de rive droite où, en quelques points, on avait constaté de petits craquements résultant de Teffet des épuisements sur les sources souterraines.

Les portes de fermeture du barrage sont en tôle, d'un modèle presque identique à celles du barrage du Delta ; elles glissent verticalement dans des rainures en fonte fixées par de grands boulons aux avant-becs des piles; elles sont munies de galets de roulement, qui diminuent le frottement sur les rainures ; on les manœuvre du haut du pont au moyen de deux chaînes supportées par un treuil roulant qui se déplace le long du barrage ; ces treuils sont au nombre de quatre (pi. X, fig. 3, 4 et 5).

Dans les mois de mai et juin, le nombre des ouvriers travaillant sur les chantiers s'éleva en moyenne à 12 400 dont 375 européens et le reste indigènes. Les travaux de superstructure avançaient parallèlement à ceux des fondations et, en février 1902, tout était terminé.

Le barrage d'Assiout a coûté environ 19000000 francs, non compris achats de terrains et autres dépenses accessoires, soit 23 000 francs par mètre courant de barrage, y compris Técluse.

BARRAGE DE ZIFTA

Ce barrage est établi sur la branche de Damiette^ à 85 kilomètres en aval du barrage du Delta. Commencé en 1901, il fut terminé à la fin de 1902 (pi. X, fig. 9).

Le but de cet ouvrage est principalement de venir en aide au barrage du Delta au commencement de la crue, au mois de juillet, époque oii il y a dans toute TÉgypte une demande d'eau considérable pour Tarrosage des cultures d'été et les semailles du maïs et du dourah. Au moyen de prises faites sur le Nil en amont de cet ouvrage, les longs canaux d'irrigation qui prennent leur eau au barrage du Delta recevront un supplément d'alimentation, qui facilitera la distribution dans les biefs inférieurs de ces canaux, aujourd'hui entièrement tributaires des biefs supérieurs.

Ce barrage est construit pour retenir, en cas de besoin, une hauteur de 4 mètres au-dessus des plus basses eaux d'été. Ses dispositions sont presque identiques à celles du barrage d'Assiout. Il a 50 arches de 5 mètres d'ouverture avec piles de 2 mètres de largeur et, toutes les dix arches, une pile culée de 4 mètres de largeur. Le radier en maçonnerie a 30 mètres

* Voir page 145.

de largeur et 3 mètres d -épaisseur ; il est compris entre deux lignes de pieux en fonte, en amont et en aval, celle d'amont enfoncée à 4 mètres de profondeur, et celle d'aval à 3 mètres seulement au-dessous du sol de fondation du radier. Sur la rive gauche est une écluse de navigation de 12 mètres de largeur sur 65 mètres de longueur utile.

Sur les deux tiers de la surface de l'écluse et sur presque toute la longueur de Touvrage, le sol de fondation est de l'argile solide. Aussi les travaux, exécutés à sec d'après les méthodes que nous avons exposées pour le barrage d'Assiout, n'ont pas présenté de difficultés.

La construction du barrage est évaluée à 9 100 000 francs, représentant une dépense de 24 000 francs environ par mètre linéaire de Touvrage, y compris Técluse.

Page 1