‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 139 sur 159 · P? EGYPTE · texte numérisé non relu

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Ouvrages régulateurs des bassins d* inondation. — La planche XIII reproduit un type de régulateur établi dans une digue transversale d'un bassin. Ce qui caractérise les ouvrages de cette nature, c'est qu'ils travaillent ordinairement avec des profondeurs d'eau de 4 à 5 mètres en amont, sous une chute normale de 1 mètre environ, et avec un débit moyen de 8 mètres cubes par seconde et par mètre linéaire de débouché. Toutefois ils peuvent accidentellement être soumis à de fortes pressions et à des courants violents, dans le cas où le bassin inférieur, par suite d'une rupture de digue ou d'une fausse manœuvre, se vide brusquement.

Ces ouvrages ont généralement des arches de 3 mètres d'ouverture avec piles de 2 mètres de largeur et de 11 à 12 mètres de longueur. Ils sont construits sur radier maçonné de 2 mètres d'épaisseur et de 40 mètres de largeur, en béton hydraulique, recouvert de briques avec chaînes de pierres de taille. Des parafouilles sont établis en amont et en aval, et un arrière radier en enrochements, en aval.

La superstructure de ces ouvrages est en briques avec arêtes, rainures et parapets en pierre de taille. Le mortier employé est un mélange de sable, de chaux grasse et de brique pilée formant pouzzolane artificielle.

La fermeture des arches est obtenue le plus souvent au moyen d aiguilles verticales appuyées sur des poutres transversales, qui sont espacées de 1 mètre à 1,50 m. et qui sont maintenues par un cadre en charpente fixé dans des rainures ménagées aux avant-becs des piles. Ces aiguilles sont manœuvrées du pont supérieur au moyen de chèvres et de palans ou au moyen de forts leviers qui prennent leur point d'appui sur le parapet (pi. XIII, fig. 1).

Dans les ouvrages établis récemment, on emploie plutôt des poutrelles horizontales, mises en place et relevées au moyen de treuils roulants en charpente analogues à celui qui est représenté figures 79 et 80.

La difficulté, dans ces sortes d'ouvrages, est de préserver le talus aval de la digue des affouillements produits par les remous latéraux de l'eau pénétrant dans le bassin. Autrefois, on perreyait ce talus sur 50 mètres au moins de longueur; mais, néanmoins, il est arrivé souvent que les culées ont été contournées par les eaux et que les ouvrages ont été ruinés.

Pour éviter de semblables inconvénients, le major Ross, inspecteur général des irrigations, lorsqu'il s'est occupé d'améliorer les bassins, en 1888, a conseillé l'adoption des règles générales suivantes :

La largeur du radier, depuis les rainures des poutrelles de fermeture jusqu'à l'extrémité aval de l'arrière-bec des piles, est déterminée par la largeur de la digue au travers de laquelle est construit l'ouvrage; cette largeur est d'environ 9 mètres en moyenne. En aval de ce point, le radier aura une largeur de 17 à 20 mètres avec une inclinaison de surface d'un dixième.

L'arête latérale du radier sera à 1 mètre en arrière de la fondation du mur en aile. Sur le côté du radier, on établira un épi perpendiculaire à la direction de Touvrage ayant une hauteur égale à la moitié de la profondeur normale de Teau dans le bassin aval, et ayant une pente superficielle d'un dixième. Cet épi peut être fait de différentes manières. 11 sera, par exemple, un mur en maçonnerie de 1,50 mètres à 2 m. de hauteur, fondé sur le bord du radier, ou un massif d enrochements perreyé, ou un noyau en terre recouvert d'un perré maçonné à la base. A Textrémité du radier, ainsi défendu latéralement et protégé à son extrémité par de forts enrochements nivelés avec une pente superficielle d'au moins un dixième, les affouillements qui peuvent se produire accidentellement sont sans danger pour l'ouvrage et pour les digues.

Ouvrages régulateurs de canaux d'inondation. — La planche XIV donne deux types de ces régulateurs, sur lesquels il y a peu de choses à dire. Ces ouvrages fonctionnent normalement, comme ceux des bassins, avec de grandes profondeurs d'eau et une chute maxima de 1 mètre.

L'ouvrage représenté, figures 1 à5, adeux arches de Smètres d'ouverture ; les piles ont 1 mètre d'épaisseur, 9,50 m. de longueur à la base et 7,50 m. au sommet; elles supportent des voûtes en arcs surbaissés, construits en briques. Le radier a 17,50 m. do largeur; il est formé d'une couche de béton hydraulique de 0,50 m. surmontée d'un lit de 0,50 m. de maçonnerie de moellons, le tout construit avec mortier de chaux grasse et de pouzzolane artificielle. Des enrochements sur 10 mètres en aval et 5 mètres en amont protègent les abords du radier.

Cet ouvrage fonctionne avec 4 mètres de profondeur d'eau en amont. La fermeture est obtenue au moyen de poutrelles glissant dans des rainures en fonte ménagées dans les avant-becs des piles.

La section en travers donnée par la figure 6 se rapporte à un ouvrage plus important fonctionnant avec 6 mètres de hauteur d'eau. Le radier a 26,80 m. de largeur et 2 mètres d'épaisseur; il est revêtu par un dallage en pierres de taille; il est protégé, en aval, par quatre lignes de blocs artificiels de béton de 2,25 m. X 1 mètre X 1 mètre et par de forts enrochements. On le ferme au moyen de vannes métalliques superposées, du type adopté pour les barrages du Nil, glissant dans des rainures en fonte.

Appareils de fermeture des ouvrages régulateurs. — Le système le plus fréquemment employé en Egypte est celui des aiguilles verticales appuyées sur des traverses horizontales espacées de 1 mètre à 1,50 m. Dans les anciennes installations, les poutres horizontales ont des dimensions énormes : 0,30 m. X 0,30 m. et sont maintenues en place par des pièces

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verticales encastrées dans des rainures en pierre de taille de même section; les aiguilles qu'on appuie sur ces traverses ont jusqu'à 7 mètres de longueur, avec une section de 0,23 m. sur 0,30 m. Ce sont des poids très lourds ; il faut beaucoup d'hommes pour les manœuvrer. En outre, ces longues pièces de bois se courbent et se tordent et ne peuvent guère donner des fermetures bien étanches. Parfois les traverses horizontales et les pièces verticales encastrées dans la rainure sont reliées ensemble, de façon à former un châssis qu'on peut sortir tout entier, à un moment donné, pour augmenter le débouché de l'ouvrage. Beaucoup de régulateurs importants sont encore fermés au moyen d'aiguilles. Dans ces derniers temps, on a amélioré ce système en diminuant la section des aiguilles, en remplaçant les traverses en bois par des traverses en fer à I qui diminuent moins la section des arches, en établissant des treuils roulants pour les manœuvres. Néanmoins, dans tous les ouvrages neufs ou à réparer, on remplace aujourd'hui les aiguilles par des poutrelles horizontales. A cet effet, on garnit les rainures des piles d'un revêtement en fonte, qui empêche la dégradation des maçonneries sous l'action du glissement ou du choc des pièces de bois. Ce procédé donne une fermeture plus étanche, et les poutrelles, étant moins longues et moins lourdes que les aiguilles, se mettent en place ou s'enlèvent plus facilement au moyen des treuils roulants. Enfin, dans les ouvrages neufs importants comportant un grand nombre d'arches, les appareils de fermeture sont toujours les vannes métalliques dont le système a été employé pour la première fois au barrage du Delta; elles sont plus rapides et plus faciles à manœuvrer, présentent beaucoup plus de sécurité et de précision pour la réglementation des eaux et n'exigent pas autant de personnel.

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