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CHAPITRE XIII

Organisation administrative; budget. — Considérations générales sur la législation. — Conseils provinciaux. — Attributions des moudirs et des inspecteurs d'irrigation. — Digues et canaux ; décret du 22 février 1894 ; arrêté du 16 juillet 1898. — Restrictions apportées aux arrosages à certaines époques. — Gardiennage et protection des digues pendant la crue du Nil; décret du 29 juin 1899. — Remise des impôts en cas de nonarrosage des terres. — Régime des propriétés qui bordent le Nil. — Expropriation pour cause d'utilité publique.

Le service des irrigations relève du Ministère des Travaux Publies. Il est dirigé par deux inspecteurs généraux anglais, l'un pour la Basse Egypte, l'autre pour la Haute Egypte. Sous leurs ordres sont six inspecteurs de cercles et trois directeurs des barrages du Nil, ces derniers chargés respectivement des trois barrages du Delta, d'Assiout et d'Assouan.

Les six cercles entre lesquels TEgypte est partagée pour ce qui concerne les irrigations sont les suivants :

1" Cercle, — Provinces du Delta à Test de la branche de Damiette : Galioubieh, Charkieh et Dakhalieh.

2® Cercle. — Provinces du Delta entre les deux branches du Nil : Menoufieh et Garbieh.

3® Cercle. — Province située à l'ouest de la branche de Rosette : Béhéra.

4* Cercle. — Provinces de la Moyenne Egypte : Benisouef, Minieh, Fayoum et section nord de la province d'Assiout.

5* Cercle. — Provinces du sud : Nubie, Keneh.

6® Cercle — Provinces du nord de la Haute Egypte : Guirgueh et section sud de la province d'Assiout.

Bahois. — Les irrigations en Égyplc. 22

La province de Ghizeh est rattachée à la direction des barrages du Delta.

Les inspecteurs des quatre premiers cercles et les directeurs^des barrages sont anglais. Presque tout le reste du personnel est composé d'indigènes, saut un certain nombre d'ingénieurs plus particulièrement chargés de la surveillance de l'exécution des contrats d'entreprises ou d'autres services spéciaux.

La plus grande partie du personnel technique indigène se recrute parmi les élèves de l'école polytechnique du Caire. Cette école avait été fondée par Mehemet-Ali, sur le modèle de l'école polytechnique de France, avec le concours de professeurs français ; les études y sont actuellement d'un niveau moins relevé et d'un caractère surtout pratique. Plusieurs des ingénieurs indigènes actuellement en service ont complété leur instruction technique en France ou en Angleterre.

Dans chaque inspection d'irrigation, il y a, comme règle générale, un ingénieur ea chef par province et, sous ses ordres, un ingénieur adjoint par district. Les provinces sont des circonscriptions administratives à la tète desquelles est un agent du Ministère de l'Intérieur, nommé moudir^ dont les fonctions sont à peu près celles d'un préfet de département en France, et les districts {merkez)^ analogues aux cantons de France, sont sous l'autorité d'un agent du service administratif opérant sous la direction du moudir et nommé mamour.

Des circulaires et des décrets règlent le rôle des moudirs, des mamours et des chefs de village en ce qui concerne les irrigations, mais le personnel technique relève directement et entièrement des inspecteurs d'irrigation.

Le personnel affecté aux irrigations comprend, comme fonctionnaires permanents inscrits dans les cadres :

2 inspecteurs généraux ; 6 inspecteurs de cercles ;

3 directeurs des barrages du Nil ; 12 directeurs de travaux ;

21 ingénieurs en chef; 144 ingénieurs adjoints; 19 surveillants de travaux; 80 commis aux écritures ; 36 magasiniers; 6 agents divers.

Il coûte annuellement 1 540 000. francs, somme à laquelle il y a lieu d'ajouter 730 000 francs pour le personnel sub alterne non cadré.

Le budget annuel du service des irrigations se répartit comme il suit*.

' D'après le budget de 1903.

Personnel 2 270000 francs.

Dépenses générales 460000 —

Travaux neufs 730000 —

Entretien des digues et canaux 10400000 —

Travaux de défense contre l'inondation 870000 —

Entretien et réparation des ouvrages d'art 810000 —

Pompes d'irrigation et de drainage 260000 —

Total 15 800000 francs.

A celte somme, il convient d'ajouter, dans les années de crue ou très forte ou très faible, des dépenses supplémentaires pouvant atteindre 300000 à 800000 francs. Ce budget correspond en moyenne à 6,70 fr. par hectare de terre cultivée.

Ce n'est pas d'ailleurs sur les ressources du budget ordinaire qu'ont été exécutés les grands travaux qui ont transformé depuis 1885 Tirrigalion égyptienne, tels que la réparation du barrage du Delta, les améliorations générales du système des bassins de la Haute Egypte, la construction des barrages d'Assouan, d'Assiout et de Zifta, le développement du drainage et le i^emaniement du réseau des canaux de la Basse Egypte. Un budget extraordinaire dont la Caisse de la Dette Publique a fourni la plus grande partie, a permis de faire face à ces travaux pour l'ensemble desquels il a été dépensé, depuis 1885, 240000000 francs, somme qui représente un peu plus de 100 francs par hectare de terre cultivée.

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