DÉVELOPPEMENT AGRICOLE DE L'EGYPTE
Les deux principaux éléments qui servent de base à l'établissement des projets d'irrigation sont ;
i"" Les besoins de chaque espèce de culture ;
2"" La superficie des terres cultivées à desservir.
Ces deux éléments sont variables avec les saisons; leur étude a trouvé sa place dans les pages relatives aux bassins d'inondation et aux canaux d'arrosage. Mais un travail sur Tirrigation de TEgypte ne saurait être complet s'il ne donnait au moins quelques indications sur les procédés de culture^ Faménagement des terres, le produit des récoltes et le rendement du sol, car tout cela est, à vrai dire, la conséquence absolue de l'irrigation même; tel sera l'objet de ce dernier chapitre.
Avant d'aborder ces questions, il convient toutefois de jeter un coup d'oeil rapide en arrière et de donner une idée du développement dont l'agriculture est redevable aux divers perfectionnements apportés dans la distribution des eaux et exposés dans le cours de cet ouvrage.
En 1890, la production annuelle du pays était, en moyenne, de 175000 tonnes de coton égrené; en 1900, elle est devenue égale à 275000 tonnes. De même, de 1890 à 1900, la quantité moyenne annuelle de canne à sucre travaillée dans les usines a passé de 420000 tonnes à 630000 tonnes.
Ces chiffres, qui s'appliquent aux deux récoltes les plus riches de l'Egypte, sont éloquents par eux-mêmes. L'accroissement de production qu'ils font ressortir est dû à trois causes principales :
L'extension des cultures sur des terres qui étaient autrefois stériles faute de moyens d'arrosage ou de drainage ;
La pratique d'assolements correspondant à des superficies plus grandes affectées au cotonnier et à la canne à sucre et rendus possibles par l'amélioration du débit et de la distribution de Teau dans les canaux pendant Tétiage;
Enfin, un meilleur rendement du sol en général sous rinduence d'une fourniture d'eau plus abondante et mieux assurée et d'un drainage plus efticace.
Par une suite naturelle, la valeur de la propriété foncière s'est accrue dans des proportions considérables. Sans tenir compte des terrains, incultes autrefois, qui sont aujourd'hui en pleine production, les bonnes terres du Delta ont au moins doublé de prix depuis dix ans; ce qui valait de 2500 à 3000 francs l'hectare en vaut de 5000 à 6000 aujourd'hui; et, à ce prix, le revenu net est encore de 5 à 6 p. 100.