CULTURES
Rappelons que les cultures, en Egypte, se divisent en trois groupes :
Les cultures d'hiver ou chetoiii : céréales, fèves, plantes fourragères, etc., qui se font dans toute l'Egypte et qui se développent d'octobre à mai;
Les cultures d'été ou sefi : colon dans la Basse et la Moyenne Egypte, canne à sucre dans la Moyenne et la Haute Egypte, riz au nord de la Basse Egypte, qui sont sur pied depuis le printemps jusqu'à l'automne;
Les cultures intercalaires : maïs et sorgho, qui poussent dans toute l'Egypte de juillet à octobre (cultures nabari ou ;hYî), pendant la crue, et aussi, dans les bassins d'inondation (culture qcdï)^ avant la crue, de mai à août.
Blé. — Le blé est une culture d'hiver; on le sème après la crue, soit vers la fin d'octobre ou dans le mois de novembre, suivant les régions, et la récolte se fait vers la fin de mars ou dans le mois d'avril.
Dans les bassins d'inondation, on le sème sur un terrain encore boueux, puis on roule le sol avec un tronc de palmier, simplement pour recouvrir le grain. Quelquefois, lorsqu'on a fait les semailles dans un sol plus consistant, on fait un labour après les semailles. On ne donne pas d'eau aux terres jusqu'à la récolte.
Dans les terres irriguées, on fait un premier labour avant les semailles et un second après. La terre a été arrosée et lavée avec l'eau de la crue avant le premier labour, on ne donne plus ensuite que deux arrosages, le premier soixante jours et le second quatre-vingt-dix jours après les semailles.
Dans les terres hautes qui ne reçoivent pas l'eau de la crue, il faut quelquefois quatre, cinq et même six arrosages.
Le blé cultivé en Egypte est une sorte de blé dur contenant beaucoup de fécule.
La quantité de semence employée est en moyenne de 1,70 hect. par hectare dans les bassins et de 2,10 hect. à 2,30 hect. dans la Basse Egypte.
Le produit de la récolte peut s'élever sur les meilleures terres jusqu a 26 hectolitres * par hectare ; sur des terres de qualité moyenne, il est de 19 hectolitres*.
Le prix moyen de l'hectolitre de blé étant de 11 francs', le produit brut de Theclare de qualité moyenne est de 209 francs, auxquels il faut ajouter le prix de la paille du blé qui est soigneusement recueillie pour la nourriture des bestiaux et même pour le chauffage des machines à vapeur d'irrigation. La quantité de paille est à peu près de 90 kilogrammes par hectolitre de blé, ce qui représente environ 1 700 kilogrammes par hectare à 2,80 fr. les 100 kilogrammes, soit 47,60 fr. par 'hectare. Le produit brut total de rhectare de blé est donc en moyenne de 235 francs *.
Le battage du blé et le hachage de la paille s'opèrent avec un instrument appelé îwreg, de la façon suivante : on étend le blé suivant une zone circulaire, sur une aire en terre durcie ; une paire de bœufs ou de buffles passe sur la piste ainsi tracée en traînant une sorte de chariot en bois, composé d'un siège sur lequel se tient le conducteur et porté par deux rouleaux en bois garnis de distance en distance de disques saillants en tôle; le passage de ces disques sur lesquels roule le noreg et le piétinement des animaux détachent le grain de son enveloppe et brisent en môme temps la paille.
Orffc. — L'orge est, comme le blé, une culture d'hiver qui est très répandue en Egypte.
Dans la partie la plus méridionale de la Haute Egypte, au sud de la région des bassins, on la sème à la fin de novembre, après avoir donné à la terre un premier labour, lavoir divisée en carreaux par de petites digues et l'avoir submergée au moyen de chadoufs et de sakiehs. On est obligé de l'arroser artificiellement tout le temps que la récolte reste sur pied, soit jusqu'à la fin de mars.
Dans les bassins, Torge est cultivée, comme le blé, sur les terres inondées, après que la terre s'est un peu séchée, avec un labour ou sans labour suivant les cas; mais quand on ne fait pas de labour, on est obligé d'augmenter la quantité de semence.
* 5 ardebs et demi par feddan.
' 4 ardebs par feddan.
' Ces prix sont basés sur ceux de 1902 de l'administration des Domaines de l'Etat.
* 4 L. E, 150 par feddan.
Dans le Delta, la culture de l'orge se fait aussi comme celle du blé et en même temps que cette dernière, après la crue et avec deux ou trois arrosages artificiels.
La quantité de semence» employée varie de 1,10 hect. à 2,20 hect. par hectare, suivant la nature des terres.
Le produit de la récolte est très variable ; il peut s'élever en certains points de la Basse Egypte jusqu'à 40 hectolitres par hectare *; mais le plus souvent il ne dépasse pas la moitié, soit 20 hectolitres par hectare.
Le prix de l'hectolitre d'orge est actuellement de 6,30 fr.
Un hectolitre d'orge correspond à peu près à une quantité de paille de 75 kilogrammes qui vaut en moyenne 2,40 fr. les 100 kilogrammes.
Le produit brut d'un hectare semé en orge est donc en moyenne de 163 francs*.
L'orge est surtout utilisée pour la nourriture des bestiaux.
Maïs et doiirah, — Le maïs et le dourah, sorte de sorgho [holctts sorghtim)y sont deux plantes qui jouent un rôle spécial dans l'agriculture de l'Egypte, en ce sens que ce sont elles qui fournissent au paysan la plus grande partie de son alimentation. Aussi ils sont cultivés dans toute l'étendue de la contrée et, comme ce sont des produits qui mûrissent vite, ils entrent dans le régime agricole du pays pour constituer une culture intercalaire entre les cultures d'été et les cultures d'hiver.
Le maïs ne reste en moyenne que trois mois sur pied.
Dans la région des bassins, on cultive le maïs soit sur les terres hautes des bords du Nil eu des bassins, soit dans certaines parties basses des bassins eux-mêmes, où Ton peut, en creusant peu profondément, rencontrer des eaux d'infiltration qu'on élève au moyen de chadoufs jusqu'à la surface du sol. Dans ce dernier cas, les semailles se font au mois de mai, de façon à ce que les récoltes puissent être enlevées vers le milieu d'août, lorsque les bassins se remplissent. Dans le premier cas, les semailles se font en juillet et août, au moment où les eaux du fleuve sont déjà assez hautes pour faciliter l'arrosage ; parfois la crue atteint un niveau assez élevé pour que le pied des récoltes soit naturellement baigné dans l'eau pendant quelques jours, ce qui diminue les frais d'irrigation, sans causer grand dommage aux récoltes.
Pour cette culture, on divise le terrain par de petites digues en carrés de 25 à 30 mètres de surface et on sème le grain dans des fosses de 10 centimètres de profondeur, on recouvre le grain, puis on commence les arrosages. On donne d'abord de l'eau pendant plusieurs jours de suite pour
* 8 ardebs 3 dixièmes par feddan.
• 2 L. E, 550 par feddan.
bien humecter la terre et activer la germination, puis on arrose régulièrement tous les huit ou dix jours. Ces cultures sont pénibles parce que, se faisant au moment de la grande chaleur, elles exigent beaucoup d'eau.
Dans la Basse Egypte et dans toutes les terres irriguées, le maïs se cultive aussi, soit comme culture de printemps semée en mai, soit comme culture d'automne semée en juillet et août. On s'arrange toujours pour que les semailles soient faites dans des endroits ou à une époque où l'arrosage puisse se faire par des chadoufs ou sans élévation d'eau et, autant que possible, sans sakieh et sans machines à vapeur, car ce sont des cultures qui doivent être économiques.
Dans les régions dlrrigation, comme le régime agricole y est plus intensif que dans les bassins d'inondation, on doit hâter le développement du maïs avec des engrais pour que les plants restent le moins possible en terre et fassent place à d autres récoltes. On emploie, à cet effet, des cendres et des terres provenant des ruines de vieilles villes et on en répand environ 7 à 8 tonnes par hectare. On laboure ensuite et on sème, soit dans des trous, soit dans des sillons, puis on divise les champs en carreaux, comme il a été dit plus haut, et on donne un arrosage tous les quinze jours pendant deux mois et demi à trois mois, soit six arrosages environ.
La quantité de semence employée est d'un peu moins d'un hectolitre par hectare.
Le produit de la récolte est très variable ; on peut obtenir jusqu'à 25 hectolitres ' par hectare dans les bonnes terres et, comme moyenne pour rÉgypte, la moitié, soit 12,50 hect. par hectare.
Le prix moyen est de 8 francs l'hectolitre.
La paille du maïs est employée principalement pour brûler dans les chaudières des machines à vapeur, elle se vend 1 franc les 100 kilogrammes et représente, pour une production de 12,50 hect. par hectare, un poids de 900 kilogrammes environ.
Le produit brut moyen d'un hectare de maïs est donc, y compris la paille, de 110 francs*.
Tout ce qui vient d'être dit du maïs se rapporte à peu de choses près au dourah qui donne cependant des rendements un peu plus forts ; il n'y a donc pas lieu de s'occuper spécialement de cette plante qui est tout à fait similaire à celle du maïs comme mode de culture et comme produit.
Riz. — La culture du riz se pratique surtout dans le nord de la Basse Egypte. Dans cette partie, les terres sont basses, on peut donc les arroser facilement. Pour élever l'eau, dans les cas où c'est nécessaire, on emploie
* 5 ardebs par feddan.
* L. E, 1,800 par feddan.
des tabou ts et, suivant la hauteur d'élévation, on met de une à trois de ces roues pour 4 hectares.
Le riz se cultive en été; on le sème au commencement d'avril ; la quantité de semence généralement employée est de 1,70 hect. par hectare. Il y a également une espèce de riz qu'on sème en juillet et qui pousse plus rapidement.
La terre, avant d'être ensemencée, est couverte d'eau pendant plusieurs jours ; on la laboure ensuite suivant deux directions rectangulaires, puis on fait un troisième labour, on submerge le sol, on le roule, on le nettoie, on le divise en bassins par de petites digues et enfin on jette la semence dans la boue qui s'est formée après ces diverses opérations; deux jours après Tensemencement, on recouvre la terre de 5 centimètres d'eau pendant deux ou trois jours, on laisse s'écouler l'eau, on en donne de nouveau et ainsi de suite jusqu'à la récolle. Souvent on donne de l'eau en quantité beaucoup plus grande. On sarcle les rizières de temps en temps.
La récolte a lieu vers le milieu de novembre et comme, à cette époque de l'année, il y a beaucoup d'eau sur les terres basses, elle se fait parfois sous 25 à 30 centimètres d'eau.
Le riz une fois récollé est battu et blanchi dans des moulins spéciaux ; on calcule que 5 heclolitrcs de riz brut donnent 4 hectolitres de riz blanchi.
La production moyenne est de 1 800 kilogrammes de riz brut par hectare ; elle est d'ailleurs très variable et peutalteindre le double de cette quantité.
C'est une culture qu'on fait surtout sur les terres basses et salées pour les améliorer avant de leur faire porter d'autres récoltes, et elle est alors peu rémunératrice; mais dans les bonnes terres et comme culture intercalaire, elle donne un revenu même supérieur à celui du maïs.
Canne à sucre. — La canne à sucre forme la culture d'été la plus importante de la Haute Egypte ; elle ne vient que dans des terres irriguées et elle ne prospère que dans un sol de bonne qualité. Ainsi, dans certaines parties de la région de Tlbrahimieh et du Fayoum oîi elle poussait bien autrefois, on avait dû renoncer à la cultiver parce que les terres, n'ayant pas d'égouUement suffisant, s'étaient appauvries et que le rendement en étai devenu trop faible.
Acluellcment il n'y a pas de culture de canne à sucre un peu étendue au nord de la province de Benisouef.
Voici comment on organise ces cultures :
La terre est défoncée, autant que possible à la charrue à vapeur, après quoi, elle reçoit trois labours croisés, quelquefois deux seulement; ces façons sont données du mois de mars au mois de février de l'année suivante, en espaçant suffisamment les labours.
En février^ on trace les sillons pour la plantation à la pioche ou à la charrue ; ces sillons ont environ 15 centimètres de profondeur. La plantation se fait en lignes, en couchant dans les sillons des boutures de 40 à 50 centimètres de longueur, sur deux rangs en quinconce; ces boutures sont ensuite enterrées à la pioche. On plante ainsi la canne à raison de 7,500 kilogrammes de tige par hectare. Cette opération a lieu en mars et en avril.
Après la mise en sillon des boutures, on donne immédiatement un arrosage. Ensuite les arrosages se succèdent de dix jours en dix jours jusqu'à la fin d'août ; à partir de cette époque, jusqu'à la fin d'octobre, on n'arrose plus que tous les quinze ou vingt jours, suivant les apparences de la végétation. Après octobre, on n'arrose plus jusqu'à la récolte qui se fait depuis la fin de décembre jusque vers le 15 mars.
La canne peut, après une coupe, donner encore de bonnes tiges l'année suivante. On évite ainsi les frais de plantation. La seule façon à donner à la terre dans ce cas consiste à labourer, puis à butter la plante à la charrue, quand les pousses atteignent 15 à 20 centimètres de hauteur.
La canne, une fois mûre, est coupée et enlevée à dos de chameau jusqu'à un chemin de fer agricole, puis chargée sur les wagons et transportée jusqu'à l'usine où elle subit les préparations ordinaires.
Le rendement de l'hectare est très variable suivant la qualité de la terre et l'abondance des arrosages. On obtient facilement 68 tonnes par hectare \ en cannes de prmière année et 38 tonnes^ en cannes de seconde année.
La moyenne des rendements en sucre obtenus en 1901 dans les usines de la Daïra Sanieh * a été :
M" jet 9,80 p. 100 du poids de la canne.
Pour le sucre. < 2*jet 0,43 — —
( 3« jet 0,i6 — —
ToUl 10,39
Mélasse 2,23
Total 12,62 p. 100 da poids de la canne.
La canne est achetée par les usines à 15,75 fr. la tonne *. Si l'on admet un rendement moyen de 50 tonnes par hectare *, le revenu brut d'un hectare sera de 787,50 fr., plus environ 15,50 fr, de feuilles, soit en tout 803 francs^.
* 640 cantars par feddan.
* 360 cantars par feddan.
' Grande administration gouvernementale qui possédait autrefois presque toutes les sucreries de la Haute et de la Moyenne Egypte. Ces usines viennent d'être cédées a la Société générale des sucreries et de la raffinerie d'Egypte qui possédait déjà trois autres grandes sucreries.
* L. E., 0,0275 le cantar.
" 500 cantars par feddan.
* Environ L. E., 13 par feddan.
Barois. — Los irrigations en Egypte. 24
Trkfley fenu greCy gesse, pois des champs. — Le trèfle est un fourrage très répandu dans toute TÉgypte [trifoliiun Alexandriniim) , Il se cultive pendant Thiver et aussi pendant Tautomne.
Dans ce dernier cas, on le sème sous le maïs, dans le courant de novembre, un mois environ avant la maturité de celte dernière récolte, on profite ainsi de l'arrosage du maïs et, une fois cette plante enlevée, il suffit de donner un arrosage au trèfle avant la coupe qui se fait cinquante à soixante jours après les semailles. On emploie environ 90 litres de semence par hectare.
Quant au trèfle d'hiver, dans les bassins, on le sème sans labour sur les terrains inondés, dans le mois de novembre, à raison de 100 à 110 litres de graine par hectare, on roule le sol avec un tronc de palmier et on fait une première coupe au bout de quarante à quarante-cinq jours et une seconde trente jours après. Dans les parties où Ton veut récolter la graine, on ne fait qu'une seule coupe.
Dans la Basse Egypte, le trèfle d'hiver se sème vers la même époque, soit en novembre, après un labour et un roulage et sur un terrain divisé en carrés par de petites digues ; on donne 110 litres de semence par hectare. On fait généralement trois coupes, la première soixante jours après les semailles, la seconde trente jours après. La récolte reste donc sur pied environ quatre mois et demi. Parfois on ne fait que deux coupes. Enfin, souvent les difl^érentes coupes sont mangées sur pied, dans les champs mêmes, par les bestiaux.
Ce n'est guère que pendant les deux mois à deux mois et demi d'hiver qu'on donne en Egypte des fourrages verts aux animaux, et l'on compte que dix bœufs consomment à peu près en vert un hectare de trèfle. Ces bestiaux contribuent en même temps à fumer la terre sur laquelle ils paissent ; mais la plus grande partie de la fiente est recueillie pour être séchée et transformée en mottes à brûler. On a actuellement une tendance à laisser plus longtemps sur pied le trèfle pour améliorer le régime des bestiaux.
Une récolte de trèfle réclame en moyenne huit arrosages, soit à peu près un tous les quinze jours.
Dans la région des rizières, le trèfle se sème aussitôt après la récolte du riz, soit vers la fin de novembre, sans autre préparation du sol que de le recouvrir de quelques centimètres d'eau pendant deux ou trois jours.
La gesse et les pois se cultivent surtout dans la Haute Egypte; on arrache ces fourrages au bout de soixante jours pour être mangés en vert.
Le fenu grec ou helbé est une plante fourragère dont la graine est comestible ; il est, comme espèce, voisin des mélilots. On le cultive comme le trèfle et on l'arrache soixante ou soixante-dix jours après les semailles.
Fèves. — La fève est une des plantes qui prospère le plus en Egypte ; elle y est d ailleurs très répandue. C'est une culture d*hiver.
Dans les bassins, on la sème sur les terres inondées, au commencement de novembre, sans labour. La récolte se fait en février et mars. La quantité de semence employée est de 3 à 4 hectolitres par hectare.
Dans la Basse Egypte, les fèves se sèment aussi en novembre, après la crue, à raison de 3 hectolitres de graines environ par hectare ; on donne un labour à la terre avant de semer ; les semailles se font le plus souvent en sillons ; puis on égalise la terre et on la divise en carrés par de petites digues. Il suffit de deux à trois arrosages en tout pour une récolte de fèves.
La fève est cultivée pour la nourriture des hommes et des animaux.
Le produit d'un hectare de fèves est très variable; il peut s'élever jusqu'à 20 hectolitres de graines dans les bonnes terres^; sur des terres de qualité moyenne, il est de 16 hectolitres*.
Au prix de 9,50 fr. Thectolitre, et en comptant environ 80 kilogrammes de paille par hectolitre de graine, à 1 franc les 100 hilogrammes, le produit brut d'un hectare de fèves est de 165 francs.
Lentilles^ pois chkheSy lupins. — Les lentilles, les pois chiches et les lupins se cultivent pendant l'hiver, les lentilles en plus grande abondance que les deux autres plantes.
Les époques et les procédés de culture diffèrent peu de ceux qui ont été indiqués pour les fèves.
Les lentilles restent en terre environ quatre mois, les lupins cinq mois et les pois chiches sept mois.
On emploie de 100 à 200 litres de semence par hectare suivant la nature des terres.
Le produit de l'hectare est analogue à celui qui a été indiqué par les fèves.
Coton, — Le coton est la plus importante des cultures d'été ; elle se fait dans la Basse Egypte, auFayoum, et, dans la Moyenne Egypte, sur les terres irriguées par le canal Ibrahimieh ainsi que sur quelques points des rives du Nil et du Bahr Yousef. C'est une culture coûteuse, car le moment où elle réclame le plus d'arrosage est précisément celui où Teau est la plus basse dans les canaux et où la sécheresse est la plus grande.
Le colon se sème vers le mois d'avril et se récolte vers le mois de novembre ; les espèces cultivées en Egypte sont en général à fil court et fin.
* 4 ardebs et demi par feddan.
' Environ 3 ardebs et demi par feddan.
La terre est préparée par trois ou quatre labours, puis les moites sont écrasées ; on trace ensuite des sillons dans lesquels on dépose la graine à raison de 75 litres par hectare, puis on divise le terrain en carrés par de petites digues et on trace des rigoles pour Tarrosage.
Le coton réclame huit ou dix arrosages, soit un tous les quinze jours ; on a de très bonnes récoltes avec un arrosage tous les vingt jours.
Quelques jours après que les jeunes plantes ont levé, on les éclaircit par un binage, puis, quatre fois au moins, on procède & un sarclage soigné des mauvaises herbes.
La cueillette se fait au fur et à mesure que les graines mûrissent ; le coton brut ainsi obtenu est mis dans des sacs et porté dans les usines à égrener. Là, les filaments sont séparés des graines ; il suffit pour cela de présenter le coton devant deux cylindres parallèles tournant en sens inverse Tun de l'autre et assez rapprochés pour entraîner les fibres sans laisser passer la graine.
Le coton ainsi nettoyé est alors mis en balles et dirigé vers des usines de pressage, où il est comprimé avant d'être exporté.
Quant à la graine de coton, on la réserve pour les semailles de Tannée suivante, ou bien on la vend pour faire de Thuile.
Enfin le bois du cotonnier est utilisé pour le chauffage des machines à vapeur. ,
Dans les meilleures terres, on peut récolter 650 à 750 kilogrammes* de colon par hectare et dans les terres de bonne qualité moyenne 500 kilogrammes *.
Cette plante a deux ennemis qui causent de grands ravages en Egypte, ce sont d'abord les brouillards qui s'élèvent souvent le matin pendant les mois de septembre et d'octobre et qui pourrissent les coques, et ensuite une chenille spéciale qui détruit des récoltes entières et contre laquelle on se défend par l'échenillage.
Le prix de vente moyen, dans les dernières années, a élé de 166 francs^ les 100 kilogrammes non égrenés ; en outre, on recueille 300 kilogrammes de bois de cotonnier pour 100 kilogrammes de coton ; ce bois vaut 60 centimes les 100 kilogrammes.
Ainsi le produit brut d'un hectare semé en colon est de :
^0 kilogrammes de coton à 166 francs les 100 kilogrammes . 830 francs^. 4500 kilogrammes de bois à 0,60 fr. les 100 kilogrammes. . . 9 —
Total 839 francs.
* 6 à 7 cantars par feddan.
.' Un peu plufl de 4 cantars et demi par feddan.
* L. E. 2,900 par cantar.
* L. E. 14 par feddan.
Cultures diverses. — Les plantes dont il vient d'être parlé sont celles dont la culture est la plus répandue en Egypte ; mais il en existe encore beaucoup d'autres dont la production n'a pris que peu d'importance jusqu'à présent. Ce sont principalement :
Comme textiles, le lin qui se sème en décembre et se récolte en avril et le chanvre qui est une culture d'été ;
Comme plantes oléagineuses, le colza, la laitue, la sésame ;
Comme plantes tinctoriales, l'indigo et le carthame, dont la fleur est employée pour la teinture et la graine pour fabriquer de l'huile ;
Enfin la culture des oignons qui a pris une grande extension dans ces derniers temps ; on en exporte environ 60 000 tonnes par an en Angleterre ; c'est une culture d'hiver qui se fait dans la Haute et la Moyenne Egypte.