‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 152 sur 159 · AMÉNAGEMENT DES TERRES · texte numérisé non relu

AMÉNAGEMENT DES TERRES

Les assolements en usage dans les bassins d'inondation sont des plus simples. Les terres n'y portent qu'une culture par an ; on fait alterner le plus souvent une récolte de blé avec une récolte de fèves et de lentilles ou avec du trèfle ; parfois, on fait deux récoltes de blé de suite et on ne sème que la troisième année l'orge et les plantes fourragères, telles que lentilles, fèves, gesse, trèfle, etc. ; enfin en d'autres points, on alterne le blé, l'orge et les plantes fourragères. Dans l'intérieur des bassins, sur les terres basses faciles à arroser au moyen des eaux du sous-sol, on intercale des cultures de sorgho et de maïs au printemps, mais ordinairement on ne fait pas deux années de suite cette culture sur la même terre; ces récoltes disparaissent avant la crue, et les cultures d'hiver leur succèdent. On fait aussi du dourah d'été* alternativement avec des cultures d'hiver sur les terres hautes, bordant le Nil, qui ne reçoivent pas ordinairement de bonnes submersions par suite de leur niveau élevé, et qu'on peut arroser au moyen de chadoufs ou de sakiehs puisant dans le fleuve.

Dans les régionsd'irrigation,rassolementàpeuprèsrégulièrementadopté est un assolement triennal comprenant, la première année, une culture d'été; la seconde année, une culture d'hiver; la troisième année, une culture d'hiver à laquelle succède une culture d'automne. Ainsi, pour les bonnes terres de la Basse Egypte, on applique souvent la rotation de cultures suivante :

Première année : coton ;

Deuxième année : moitié fèves, un quart trèfle, et le dernier quart en cultures diverses d'hiver ;

* Maïs ou sorgho.

Troisième année : blé pendant Thiver, puis, au moment de la crue, dourah avec une coupe de trèfle après le dourah.

Toutefois, un certain nombre de propriétaires en arrivent à se rapprocher d'un assolement biennal, en consacrant 40 et même SO p. 100 de leurs terres au coton, le reste étant cultivé en nili et chétoui (cultures d'automme et d*été); mais cet assolement nécessite Temploi de beaucoup d'engrais.

Dans les terres de la Haute Egypte ou de la Moyenne Egypte où Ton fait ^e la canne à sucre, l'assolement le plus ordinairement suivi repose sur une rotation quinquennale ainsi organisée :

Première année : préparation de la terre ;

Deuxième année : canne à sucre ;

Troisième année : deuxième pousse de cannes ;

Quatrième et cinquième années : cultures d'hiver, soit blé, fèves et trèfle, pour la plus forte proportion.

Dans la Moyenne Egypte, qui est également propre à recevoir la canne et le coton, on mélange, suivant les cas, les assolements relatifs à ces deux récoltes, en laissant au moins une année de repos ou de culture chétoui entre la canne et le colon. D ailleurs, on fait aussi des assolements de trois ans pour la canne, en supprimant la canne de deuxième année.

Dans ces mêmes endroits, sur les terres irriguées où Ion ne cultive pas la canne à sucre ou le coton, la rotation est biennale ; le blé et les fèves alternent pour la plus forte proportion ; dans certains points de la Haute Egypte, les lentilles et les pois chiches remplacent en partie les fèves. Dans tous les cas, on réserve chaque année la surface nécessaire pour la culture du trèfle destiné à la nourriture du bétail.

Dans les parties septentrionales du Delta, où Ton cultive du riz, les assolements varient suivant la qualité des terres.

Sur les terrains mauvais et imprégnés de sels, on cultive le riz tous les ans, cette culture étant considérée comme améliorante et l'abondance de l'eau qui lui est nécessaire produisant en même temps un lavage efficace du sol.

Quand les terres sont médiocres, on cultive, une année, du riz et, l'année suivante, une plante d'hiver, blé, orge ou trèfle.

Enfin, quand les terres sont de meilleure qualité, on fait, la première année, du riz et, les deux années suivantes, une culture d'été, c'est-à-dire du coton, et une culture d'hiver avec culture intercalaire de dourah en automne, soit un assolement en trois années analogue à celui qui a été indiqué comme généralement employé dans la Basse Egypte. La quatrième année, on revient à la culture du riz ; la culture d'été se fait soit la deuxième, soit la troisième année.

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