CL. Béracager, Editeur à Paris
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canaux principaux et de certaines rigoles d'arrosage dont les niveaux élevés pourraient donner lieu à des infiltrations de nature à détériorer les terres le long de leur cours.
Des chemins sont établis sur le bord de chaque canal ou rigole d'arrosage, et, sur certains d'entre eux, circule un petit chemin de fer Decauville de 16 kilomètres de longueur comportant un matériel de 39 wagonnets, dont 26 petits, cubant trois quarts de mètre cube, et 13 grands, à boggie, pour le transport des récoltes.
Un directeur de culture réside en permanence sur la propriété avec les employés, comptables, mécaniciens, gardiens, etc. nécessaires, formant un personnel permanent de 40 personnes environ.
260 ouvriers agricoles en moyenne travaillent sur la propriélé.
Les bètes de somme comprennent :
25 paires de bœufs pour le dernier labour du sol ;
28 mulets pour la traction des wagons Decauville;
20 ânes et 14 chevaux pour les divers besoins du service.
Quant au matériel agricole, il se compose d'une charrue à vapeur pour le premier labour, de semoirs, d'une batteuse à vapeur, etc.
Les étables et écuries sont parfaitement aménagées, avec fosses à purin ; l'eau, pour l'usage du personnel, des animaux et des jardins qui entourent la maison d'habitation, est obtenue au moyen d un puits de 8 mètres de profondeur d'où Télève une pompe à vapeur de quatre chevaux jusqu'à des réservoirs placés à douze mètres au-dessus du sol.
L'engrais employé est le fumier de ferme mélangé à des matières de vidange provenant principalement de la ville de Zagarig, des centres d'habitation du personnel et des latrines des mosquées des villages voisins spécialement aménagées à cet effet. Le mélange se fait avec une certaine proportion de terre dans une grande fosse de 100 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur.
L'assolement pratiqué est l'assolement triennal ordinaire qui a été indiqué plus haut. On cultive donc le coton chaque année sur un tiers de la propriété.
L'engrais est donné à la terre avant la culture du maïs ; quand cette récolte approche de la maturité, on sème du trèfle {bersim) entre les pieds de maïs; on en fait deux coupes après que le maïs a été enlevé, et on enterre la troisième coupe qui forme ainsi un nouvel engrais pour la culture du coton qui doit suivre.
Le blé, l'orge, le maïs sont semés au semoir, en lignes, sur billons, contrairement à la pratique égyptienne, ce qui augmente beaucoup le rendement.
Cette propriélé, dont l'aspect est rendu plus attrayant par de nombreuses
plantations d arbres est un modèle que tout agriculteur égyptien devrait se proposer d'imiter. D'ailleurs, grâce à de pareils exemples, les grands propriétaires sont entrés peu à peu dans la voie du progrès, et la culture en général s'est beaucoup perfectionnée depuis une vingtaine d'années.