‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 61 sur 159 · BESOINS DES CULTURES · texte numérisé non relu

BESOINS DES CULTURES

Dans tous les points de TÉgypte oîi Ton fait de Tirrigalion permanente, les besoins auxquels il faut satisfaire varient naturellement suivant la saison ; ils sont caractérisés par quatre phases distinctes.

En hiver, les cultures qui sont sur pied sont des céréales, des fèves, du fourrage. La température n'est pas très élevée, l'atmosphère présente une certaine humidité; des brouillards et même de la pluie, surtout dans le nord de la Basse Egypte, rafraîchissent les plantes ; les besoins d'eau sont presque nuls. C'est la période des eaux moyennes du Nil.

Au printemps, ces cultures disparaissent, mais alors commence la préparation des terres pour l'ensemencement du coton dans le Delta et dans la partie nord de la Moyenne Egypte, pour la plantation de la canne à sucre dans la Haute Egypte et dans la partie sud de la Moyenne Egypte. La demande d'eau devient alors plus pressante ; la chaleur commence d'ailleurs à se faire sentir ; l'alimentation des canaux doit être réglée avec d'autant plus de soin que le niveau du Nil s'abaisse de plus en plus ; c'est la période d'étiage. Au même moment, dans le nord de la Basse Egypte, se sème le riz qui a besoin d'arrosages fréquents et abondants.

Puis, brusquement, aussitôt que la crue du Nil arrive, la dépense d'eau d'irrigation augmente dans des proportions considérables. A cette époque de l'année, en effet, la chaleur devient intense et les cultures de coton, de

' Voir page 52 et suivante l'échelonnement des diverses cultures. Les cultures d'été (coton, canne à sucre, etc.) sont dites se fi; les cultures d'hiver (céréales, fourrages, etc.) chetoui et les cultures de maïs ou de sorgho (dourah) qui se font pendant la crue, nili.

canne à sucre et de riz réclament plus d'arrosages que jamais. En outre, vers la lin de juillet, commence Tensemencement du maïs et du dourah qui couvrent une grande surface, et il faut beaucoup d'eau pour ameublir et mouiller la terre destinée à recevoir ces plantes, et ensuite pour les arroser fréquemment de façon à hâter leur maturité. Lorsque la crue est en retard, c'est une période critique pour les irrigations.

Enfin, pendant le maximum et la décroissance de la crue, c'est-à-dire en septembre et en octobre, les besoins du coton et de la canne à sucre diminuent, mais il faut envoyer de l'eau sur toutes les terres destinées à porter les récoltes de céréales et de fourrages qui se développent pendant l'hiver. A ce moment-là, le Nil est haut et, sauf dans les très mauvaises crues, l'irrigation ne présente pas de grandes difficultés.

Ce rapide aperçu montre que, d'une façon générale, le niveau de la crue intéresse relativement peu le Delta, tandis que son importance est prédominante pour la Haute Egypte ; au contraire, le régime de Tétiage a une inQuence énorme sur la prospérité de la Basse Egypte, car c'est pendant l'étiage que sont sur pied les cultures les plus riches.

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